Passot, Jean-Marie

Biographie


Né le 2 juin 1783 à Charnay (Saône-et-Loire). Ancien sous-lieutenant au 64e de ligne. Il adressa à la Commission des récompenses nationales (pièces qui ne nous sont pas parvenue) « trois certificats constatant la part que j’ai prise dans les trois journées, l’un de Paris, un des décorés et médaillistes d’Issy et un de Vaugirard. A ces certificats est joint un rapport circonstancié adressé à M. le général Fabvier (président de la Commission, N.D.A) constatant ce que j’ai fait dans les trois journées ». Labillois, Charme, Jean-Baptiste (voir ce nom), qui avait dirigé la colonne dite de Vaugirard qui s’était dirigé sur Paris pour venir en aide aux Parisiens, donnait son nom quand il adressa à la Commission des récompenses nationales « l’état des habitants des communes de Vaugirard, Issy et Vanves, qui d’après les renseignements que j’ai pris n’ont rien sollicité de la Commission des récompenses. Tous ont fait partie de la colonne dite de Vaugirard sous mes ordres. Tous aussi sont établis et considérés dans leurs communes. A ces motifs, joints à leur conduite dans les mémorables journées m’engagent à mettre leurs noms sous les yeux de la Commission, ainsi que vous avez bien voulu m’y inviter. […] M. Passot est l’officier demandant du service actif, que vous avez vu dernièrement […]. » Labillois ajoutait l’observation suivante : « S’est montré avec courage à la prise de Babylone, au Louvre et aux Tuileries. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Passot fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux (quoiquil soit inscrit pour la médaille sur Etat supplémentaire aux réclamations des hommes ayant droit aux récompenses nationales et qui ont fait partie de la colonne dite de Vaugirard les 28 et 29 juillet dernier, présenté par Labillois). Il signa, le 12 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Neuilly, Louis, François, Victor : « Nous, soussignés, habitants des communes d’Issy, Vanves, Vaugirard et de la ville de Paris, certifions comme témoins oculaires que le sieur Neuilly, garde champêtre de la commune d’Issy et débitant de tabac de celle de Vanves, a, le 29 juillet, fait partie des bons citoyens qui se sont portés à la défense de la ville de Paris, qu’à la tête d’un peloton de vingt-cinq hommes et sous les ordres de M. Vincent (voir Vincent, Pierre, Chéri), commandant, il a déployé la plus grande bravoure partout où il s’est trouvé, encourageant par son exemple les braves qui étaient sous ses ordres, les conduisant où les dangers étaient les plus grands. Enfin, nous attestons, pour l’honneur de la vérité, qu’il est impossible de montrer plus de zèle et de patriotisme pour le soutien de notre indépendance et que le sieur Neuilly a bien mérité de la patrie, d’autant plus qu’il a abandonné son commerce et sa place pour voler au secours de nos libertés. » Le 24 juin 1831, sous-lieutenant au 59e de ligne depuis le 24 décembre 1830, caserné à Strasbourg, il faisait parvenir la lettre suivante au sous-préfet de Sceaux afin que lui fût envoyée sa croix : « […] Ayant reçu une lettre qui m’informait que les hommes désignés pour la médaille menaçaient entre ouvriers ceux qui étaient décorés de la croix, il serait pénible que des hommes de même nuance d’opinion foulent aux pieds le respect dû et prononcé par la loi. Pour mon compte, je suivrai les ordres donnés par le gouvernement. Je le dois en ma qualité de militaire et de citoyen. Veuillez avoir la bonté, monsieur le préfet, d’envoyer la croix que vous devez recevoir pour moi à mon colonel, à Strasbourg, entre les mains duquel je dois prêter serment. Le maître d’une fabrique peut avoir la médaille et rendre les honneurs militaires à son ouvrier, le gouvernement n’entre pas dans les détails minutieux de la position de chacun ; le dégoût du travail des uns, la tiédeur des autres excite un malaise, qu’on pourrait faire cesser. Une partie des ouvriers décorés de Juillet comptaient obtenir des emplois mais il est impossible d’en donner à tous, l’incapacité de quelques-uns l’empêcherait. Cependant les récompenses n’ont pas été proportionnées. Ceux qui sont entrés comme officier dans les régiments de ligne ont obtenu une gratification de trois cents francs de la Commission et de cinq cent cinquante francs de gratification de première mise, en tout huit cent cinquante francs, sans compter les sommes partielles reçues antérieurement, et les officiers qui, comme moi, avaient été désignés sur la liste adressée au ministre de la Guerre, comme ancien officier, n’ont rien eu et ont été obligés de faire les frais de leur mise. Les plus mal partagés sont ceux qui n’ont eu ni emploi ni gratification, quoique dans la même catégorie. Les décorés qui comptaient sur des emplois, qu’ils n’ont pas eu, ou qui seraient en état de faire un service militaire actif pourraient faire deux pétitions, l’une adressée au président du conseil des ministre et l’autre au ministre de la Guerre, pour demander à former un bataillon spécial, sous la dénomination de garde active de Juillet ou bataillon actif de la Seine. Ce bataillon serait exercé à la manœuvre et aux évolutions de ligne dans une école militaire désignée par le gouvernement. Il serait à la disposition du ministre de la Guerre, qui pourrait le faire porter dans les départements de l’Intérieur, tel que la Vendée, pour comprimer les séditions, ou contre l’ennemi, en cas de guerre. Les engagements libres ne se feraient jusqu’à nouvel ordre qu’en faveur des décorés de la croix ou de la médaille ; on se conformerait aux règlements et discipline militaire. L’uniforme, à peu près semblable à celui de l’ancienne garde impériale, à l’exception du coq qui remplacerait l’aigle ; les traiter de même pour la solde, le rang des officiers, sous-officiers et soldats avec les mêmes attributions et honneurs flatterait beaucoup. Le respect et l’honneur que l’on doit rendre à la Croix de Juillet seraient religieusement observés sur l’habit de l’homme. Je ne doute pas que le gouvernement ferait choix de ses officiers parmi les décorés qui sont déjà en activité. Je demanderai à entrer dans ce bataillon si on en faisait la demande et que les ministres l’approuveraient. Cette idée, qui peut avoir déjà été conçue du gouvernement, étant exécutée recevrait la reconnaissance publique, et les décorés de Juillet ne seraient plus inculpés comme sujets de troubles. Je suis, etc. » Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 16 juillet 1831 devant le préfet du Bas-Rhin ; ce serment était ainsi conçu : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il demeurait 132, grand-rue à Vaugirard en 1830. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, état, en date du 28 août 1831, des citoyens de l’arrondissement de Sceaux, décorés non blessés et appartenant aux différents corps de l’armée, qui n’ont pas encore touché les vingt-cinq francs accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet ; Archives de Paris VK3 13, département de la Seine, sous-préfecture de Sceaux, récompenses nationales arrondissement de Sceaux, Etat nominatif des citoyens auxquels la Commission des récompenses nationales a décerné la Croix de Juillet et qui, appartenant maintenant à des corps, ont été inscrits sur l’état envoyé au sous-préfet de Sceaux ; Archives de Paris VK3 13, lettre en date du 19 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 37, Récompenses nationales, arrondissement de Sceaux, état nominatif des citoyens auxquels la Commission des récompenses nationales a décerné la Croix de Juillet et qui, appartenant maintenant à des corps, ont été inscrits sur l’état envoyé au sous-préfet de Sceaux, arrêté à la date du 15 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Labillois, Charme, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VK3 49 in dossier Neuilly, Louis, François, Victor ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux.

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