Payen, Anselme
Biographie
Né le 6 janvier 1795 à Paris. Chimiste et manufacturier. Il sollicita dès 1824 la décoration de la Légion d’honneur. Le 10 octobre 1827, le préfet de la Seine, Chabrol, demanda pour lui la décoration de la Légion d’honneur, comme « chimiste habile et propriétaire de fabriques importantes ». Il le recommandait aussi pour un important travail de présentation de statistiques qu’il préparait avec lui : « […] Depuis trois ans, M. Payen s’occupe avec un zèle sans égal du soin de recueillir sur soixante-dix ou quatre-vingt branches différentes de l’industrie manufacturière du département des renseignements statistiques extrêmement difficiles à obtenir. Déjà, il a fourni sur plus de quarante parties différentes un travail complet et vraiment considérable, dont j’ai fait usage dans les derniers volumes que j’ai publiés sur la statistique du département […]. L’ensemble de ses titres était ainsi repris dans une note : « Manufacturier, propriétaire et seul directeur pour la partie chimique d’une fabrique de charbon animal, sel ammoniac, borax, noirs divers, couleurs, produits chimiques, etc. (la plus considérable du département après celle de M. Chaptal, elle emploie une machine à vapeur, quinze chevaux pour les transports, quarante ouvriers ; elle couvre cinq arpents). Fabricant de chlorure de chaux, il a obtenu le rappel d’une médaille d’argent à l’Exposition des produits de l’industrie en 1823. Membre du Comité des arts chimiques de la Société d’encouragement, de la Société de pharmacie de Paris, commissaire de cette société près de l’Institut pour rendre compte des séances de la Société d’émulation de Cambrai ; de la société de médecine, de chirurgie et de pharmacie du département de l’Eure, de la Société royale académique des sciences, du conseil d’administration pour la partie chimique, de la Compagnie sanitaire contre le rouissage actuel u chanvre, breveté pour la fabrication du noir et pour des procédés nouveaux de filtration et de raffinage du sucre. L’un des auteurs (arts chimiques) du Dictionnaire technologique, dont le VIe volume est sous presse ; du Traité des réactifs, dont la 2 édition va paraître ; d’un mémoire couronné par la Société royale d’agriculture sur la culture et l’analyse comparées de diverses variétés de pommes de terre ; d’un mémoire sur les houblons, leur analyse comparée, leur principe actif et d’un mémoire sur le degré de sensibilité de plusieurs teintures végétales pour les acides et les alcalis, etc. Auteur d’un mémoire couronné par la Société de pharmacie de Paris sur la théorie et les applications des charbons relativement à leur pourvoir décolorant ; d’un mémoire approuvé par les trois comités réunis des arts chimiques, économiques et d’agriculture de la Société d’encouragement sur l’extraction et les emplois divers du bitume minéral, du décolorimètre, instrument propre à faire apprécier la vertu décolorante du charbon animal et utile aux raffineurs de sucre, etc. des mémoires suivants approuvés par l’Académie des sciences (Institut) section de chimie. Sur l’analyse des tubercules des dahlias, leur principe nutritif, sa conversion en sucre par les acides et autres propriétés. Analyse des topinambours (tubercules de l’hélianthus tubérosus), leur conversion en alcool et autres applications économiques. Sur la composition chimique des pyrites trouvées à Grenelle et la cause de l’altération du pouvoir décolorant des charbons minéraux par le sulfate de fer. Auteur de plusieurs mémoires approuvées par la Société philomatique de Paris. Analyse de la partie corticale de l’aylanthus glandulosa bitumineux de menat, son pouvoir calorifique comparé à celui de plusieurs autres combustibles. Auteur de diverses notes sur l’application des pommes de terre ou de leur fécule à un cirage économique ; sur la matière cristalline de l’huile essentielle des dahlias ; importation d’Angleterre du moyen de prévenir les incrustations dans les chaudières à vapeur. Collaborateur pour les arts chimiques du Bulletin universel des sciences et de l’industrie ; des Annales de l’industrie nationale et étrangère ; de divers autres travaux, traductions, extrait etc. pour les divers recueils périodiques de chimie, de pharmacie et d’économie industrielle. Il vient d’être chargé par M. le vicomte Chaptal par la chambre de commerce de Paris de donner les renseignements nécessaires à la statistique du département de la Seine, partie relative aux diverses branches de la chimie. » Il était de plus membre du conseil municipal et adjoint du maire de Grenelle, inventeur d’un procédé de blanchiment des chapeaux de paille et directeur d’une fabrique de sucre de betteraves et distillerie à Vaugirard. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en novembre 1828 et, à cette occasion, remercia le ministre de l’Intérieur, l’assurant « d’être agréable à Sa Majesté comme au ministre dont toutes les paroles et tous les actes contribuent de plus en plus à faire chérir le gouvernement de Sa Majesté Charles X ». Il participa aux combats de Juillet et dirigea la construction de la construction de la barricade du pont de Grenelle. Dans l’exposé qu’il fit de sa propre participation aux combats, Bonnard, Louis, Guillaume nous laisse les indications suivantes sur la participation de Payen : « Le 29 juillet, il partit à la pointe du jour du Bas-Meudon, après avoir engagé tous les habitants du pays connus de lui pour la cause de la liberté à se rendre isolément sur Paris. […] S’est trouvé à la barrière de la route de Sèvres (Bonhomme) au moment où l’on empêcha le convoi de pain de passer. Ce convoi était escorté par des dragons et des gardes du corps. M. Payen et ses ouvriers lui barrèrent le passage sur le pont de Grenelle et décidèrent sa retraite par une décharge de mousqueterie. » Desgranges, colonel de la IIIe légion de la garde nationale de banlieue, lui fit parvenir, le 14 janvier 1831, la lettre suivante, qui donne aussi quelques indications sur l’activité de Payen à la Commission des récompenses nationales : « Mon cher capitaine, J’ai causé, hier, avec mon collègue Benoist, de Saint-Denis, qui m’a fait part de la mesure adoptée par Truelle, membre de la Commission, pour arriver à la rédaction de la liste des récompenses. Il paraît qu’il a créé un jury de vingt membres devant lesquels tous les prétendants sont admis à faire valoir leurs droits. Il paraît aussi qu’il y a récompense en argent pour les nécessiteux, récompense par une médaille pour la seconde classe et une autre décoration pour tous ceux qui, sans avoir fait le coup de fusil, ont pris une part active au mouvement. Si vous pensez que je puisse être classé dans cette dernière catégorie, je vous serai très obligé de penser à moi et de me dire le jour où je pourrai me présenter ou écrire au jury. Vous savez mieux que qui que ce soit si je puis figurer dans les rangs de ceux qui ont attaqué le dernier gouvernement. Je pense que vous ferez bien d’adopter la même marche que Truelle, afin que les deux arrondissements soient uniformes. J’ai quelques gardes nationaux du 1er bataillon (Gentilly, Arcueil) qui désirent aussi faire quelque demande. Veuillez me faire savoir s’il est encore temps. Mille amitiés. P.S. : La sédition de votre compagnie est-elle calmée ? le service se fait-il bien ? Pouvez-vous me signaler les provocateurs ? » Nous empruntons à Biographie des hommes du jour, par Germain Sarrut et B. Saint-Edme, le texte suivant qui reprend sa biographie avant la révolution de Juillet : « En 1830, la position de M. Payen au milieu d’une population qu’il n’avait pas quittée depuis son enfance, qui connaissait par les plus fréquentes relations tous les faits relatifs à sa famille, à ses travaux, à ses propriétés foncières, une telle position le plaçait tellement en vue, que dès l’origine des événements politiques, il fut naturellement appelé à diriger les mouvements des hommes armés sur ce point ; puis, désigné plus tard pour représenter, discuter et soutenir les droits de tout l’arrondissement, dans la distribution des secours, récompenses, indemnités et pensions aux combattants et aux blessés, ainsi qu’aux veuves, orphelins et ascendants des hommes tués dans les trois jours. Nous citerons quelques épisodes curieux, relatifs à ces occupations d’un nouveau genre qui, saisissant à l’improviste tant d’individus, ont mis en relief le caractère et les dispositions personnelles de chacun d’eux. Le 29 juillet, à 5 heures du matin, un équipage fuyant Paris renfermait trois personnes vêtues en ecclésiastiques, emportant avec elles des armes et une lourde caisse remplie d’argenterie et de bijoux. Arrêtée sur la place du village de Grenelle, par les habitants armés, cette voiture fut conduite à la mairie de Vaugirard : des menaces avaient été proférées contre les trois ecclésiastiques, que l’on accusait de trahir les intérêts de la nation en passant avec des valeurs importantes à l’ennemi ; on croyait même que parmi eux se trouvait un des ministres déguisé. A la faveur de quelques instants d’hésitation et sous la protection du maire, ces personnes revêtirent à la hâte des habillements séculiers et se dirigèrent par une porte dérobée vers la route et le pont de Grenelle. A leur arrivée près de ce pont, l’un de ces messieurs, dont les élégantes manières contrastaient beaucoup avec son bizarre accoutrement, se présentant à M. Payen, lui dit avec quelque émotion : “ Nous venons d’apprendre, monsieur, que vous commandez ici, et, sans vous connaître, nous présumons assez de votre générosité pour nous livrer à vous. On nous a pris sans doute pour des hommes politiques, nous avons été attaqués, et nous serions perdus si vous ne consentiez à nous cacher ici. Ces deux personnes m’accompagnaient, et je réclame pour elles aussi toute votre bienveillance ; je suis le cardinal de Rohan. Vous n’avez rien à craindre, répondit M. Payen, vous pouvez choisir chez moi un appartement sans cacher qui vous êtes.” Le cardinal insista beaucoup pour garder le plus strict incognito ; mais bientôt, aux prévenances de son secrétaire et de l’autre ecclésiastique, aux épithètes de monseigneur plusieurs fois échappées à son domestique, le mystère fut dévoilé dans toute la maison et au dehors ; cependant les ouvriers eux-mêmes, armés autour de lui, respectèrent son secret. M. le cardinal passa, avec une sécurité que ses craintes seules pouvaient troubler, sept jours dans l’asile dont il avait fait choix (En note : Au bout de ce temps M. de Rohan crut devoir se procurer les moyens de passer chez les Belges sous des habits de domestique. La révolution opérée dans le pays le détermina à se rendre en Suisse, où il ne resta pas longtemps à l’abri des influences qu’il redoutait, et qui le décidèrent à se fixer pendant quelque temps en Italie). Le 29 quelques heures après que M. de Rohan eut quitté la mairie, des hommes en armes, trompés par les apparences, se réunirent en grand nombre et vinrent demander avec instances qu’on leur représentât les traîtres arrêtés et les pièces saisies en leur pouvoir. M. Payen, averti de cet événement, se hâta de monter à cheval, d’aller déclarer à la multitude que les personnes arrêtées étaient inoffensives ; qu’au surplus les objets saisis étaient à la disposition du gouvernement provisoire, séant à l’Hôtel de Ville ; les faits étaient exacts, on crut à la parole donnée, et le tumulte fut apaisé aussitôt. L’élan spontané de la population avait investi M. Payen du commandement en 1830 ; les premières élections et toutes les élections subséquentes confirmèrent ce choix en l’appelant et le maintenant depuis capitaine en premier de la compagnie de la garde nationale de Grenelle. Nommé successivement membre des commissions des secours provisoires, des récompenses nationales et de la souscription nationale et étrangère, M. Payen suivit avec activité les nombreux et fatigants travaux de ces trois assemblées, dans lesquelles il fut principalement chargé des intérêts des victimes que les journées de juillet avaient faites dans l’étendue de la sous-préfecture de Sceaux. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Payen fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il signa deux certificats en faveur de Simon, Pierre, César. Le premier, en date du 2 novembre 1830, et ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions véritable que le nommé Simon, Pierre, César a quitté ses travaux le mardi 27 juillet pour la défense de la liberté et, le 28, est venu prêter la main à barricader le pont de Grenelle, sous les ordres de M. Salmon. Le 29, il est allé avec une cinquantaine d’hommes faire partie d’un rassemblement à Vaugirard, où ils se sont réunis au nombre de cinq cents, se sont ensuite dirigés à la place de l’Odéon et à Babylone, où il a montré une intrépidité sans égale, étant un des premiers pour enfoncer les portes de cette caserne, à coups de haches et y mettre le feu ; il a en outre procédé à la prise de l’Ecole militaire ainsi qu’au Louvre et aux Tuileries et, le 30 au matin, est parti avec une quantité de braves pour Saint-Cloud et le lendemain prêter la main à enterrer près le pont de Grenelle une cinquantaine de braves qui avaient succombé dans les mémorables journées et qu’il est resté l’espace de trois jours et trois nuits consécutifs à les garder. » Le second, en date du 7 juin 1831, et ainsi rédigé : « Je, soussigné, chimiste manufacturier, capitaine commandant la garde nationale de Grenelle, commissaire de la Commission des récompenses nationales pour le canton de Sceaux, certifie que le nommé Simon, Pierre, César a travaillé dans ma fabrique en qualité de compagnon maçon, depuis le mois de février 1828 jusqu’à la fin de mars dernier ; qu’il s’y est toujours bien comporté et que le manque de travail est le seul motif de son renvoi. J’affirme en outre qu’il s’est distingué dans les journées de Juillet, particulièrement à l’attaque de la caserne de Babylone, où il a été blessé ; qu’il s’est occupé les 30 et 32 dudit à enterrer les morts déposés à la tête du pont de Grenelle ; enfin que la Commission des récompenses nationales l’a placé sur ses états parmi ceux qui ont bien mérité. » Il signa le certificat suivant en faveur de Couillard, Pierre, Thomas : « Je déclare qu’il est à ma connaissance que le nommé Couillard est un des braves qui ont pris les armes dans les journées de Juillet, pour la défense de la liberté. » Il apostilla la demande présentée auprès de la Commission des Réclamants par Martinet, Ange, Marie, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Il signa, le 5 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Petit, Jean-François quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions véritable que le nommé Petitjean-François (sic) a quitté ses travaux le mardi 27 juillet pour la défense de la liberté et le 28 est venu prêter la main à barricader le pont de Grenelle, sous les ordres de M. Salmon ; le 29 au matin, il est allé avec une cinquantaine d’hommes faire partie d’un rassemblement à Vaugirard, où ils se sont réunis au nombre de cinq à six cents, se sont ensuite dirigés à la place de l’Odéon et à Babylone, où il a montré une intrépidité sans égale, étant un des premiers pour enfoncer les portes de cette caserne à coups de crosse de fusil et y mettre le feu ; il a en outre procédé à la prise de l’Ecole militaire, ainsi qu’au Louvre et aux Tuileries ; et le 30 au matin est parti avec une quantité de braves pour Saint-Cloud et de là à Rambouillet, d’où il n’est revenu que le lendemain. » Il prêta son serment le 25 mai 1831 et reçut sa croix le 5 juillet 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il était commandant de la garde nationale de Grenelle en 1831, et commissaire de la Commission des récompenses nationales de Sceaux. Il signa un certificat en faveur de Bazin, Jean, Mathieu, de Bernard Panès et de Jean-Michel Dieudonné, pour attester leur conduite courageuse pendant les trois jours. Il signa, le 5 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Dreveaux, Jean, Henry, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Jean, Henry Dreveaux, domicilié à Javelle chez M. Salmon, était avec nous à la Grève le 28 juillet 1830, où il s’est comporté avec zèle et intrépidité pour la défense sacrée de la liberté, qu’il nous a suivis à la prise de Babylone et de l’Ecole militaire, où il fut un des premiers à s’emparer de la pièce de canon et à la conduire à Vaugirard, en conservant le même courage et n’a cessé de faire preuve des sentiments d’un bon patriote. » Ajoutant l’apostille suivante : « Il est à ma connaissance que le sieur Henry Devreaux a fait partie des braves qui se sont portés de Grenelle sur Paris dans les journées de Juillet. » Il apostilla, en 1831, la lettre de Hemard, Louis, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants. Il signa, le 27 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Hubert, Martin, Pierre, Claude et de Jean-François, Michel, Marie Lebouc, quand ces derniers tentèrent de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les sieurs Hubert et Lebouc ont présenté trop tard leur demande à la Commission pour qu’elle pût examiner leurs droits aux récompenses nationales. Ils ont trouvé leurs blessures trop légères pour se faire inscrire dès l’origine comme blessés. Les attestations ci-contre des combattants qui me sont bien connus ne paraissent pas laisser de doute sur la part active que lesdits sieurs Hubert et Lebouc ont prise aux affaires de Juillet. » Il signa, le 1er août 1831, le certificat suivant en faveur de Monnier, Jacques, François, Antoine, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les soussignés, combattants et décorés de Juillet, certifient que le sieur Monnier, Jacques, François, Antoine, ouvrier chez M. Payen, manufacturier, et demeurant rue de Sèvres n° 57 à Vaugirard, a fait partie des braves qui, le 29 juillet 1830, ont concouru, les armes à la main, à la prise de la caserne de Babylone ; que s’il n’a pas été décoré, comme nous l’avons été, il ne peut l’attribuer qu’à ce qu’il a négligé de faire valider ses droits en temps utile. Ils attestent en outre qu’après cette glorieuse journée il a donné de nombreuses preuves de son dévouement à la cause nationale, notamment le 30 juillet où il a contribué à couper le passage à vingt-sept hommes de cavalerie de la garde royale, qui ont déposé les armes entre les mains du chef de poste du pont de Grenelle et que de là ont été conduits à Vaugirard, puis à l’Ecole militaire. Le sieur Monnier a d’ailleurs fait preuve dans les grandes journées de patriotisme le plus pur et d’un courage distingué. » Il signa, le 1er octobre 1831, le certificat suivant en faveur de Moine, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, décorés de Juillet, déclarons, dans le but de rendre hommage à la vérité, que le nommé Moine, François, ouvrier à Grenelle, âgé de vingt-deux ans, employé chez M. Paulet, manufacturer, a pris avec nous les armes pour voler à la défense de la liberté, qu’il s’est comporté dans diverses actions, surtout à la prise de Babylone, avec le plus grand courage et que s’il n’a pas obtenu la récompense qu’il méritait comme nous c’est que ses réclamations ont été tardives. » Il signa, le 5 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Ratel, Jean-Baptiste et que cette dernière présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions véritable que le nommé Ratel, Jean-Baptiste a quitté ses travaux les mardi 27 juillet pour la défense de la liberté et le 28 est venu prêter la main à la barricade sur le pont de Grenelle, sous les ordres de M. Salmon (voir Salmon, Louis). Le 29 au matin, il est allé avec une cinquantaine d’hommes faire partie d’un rassemblement à Vaugirard, où ils se sont réunis au nombre d’environ cinq à six cents, sous les ordres de M. Constant (voir Constant, Georges, Jean, Louis), et se sont ensuite dirigés sur la place de l’Odéon et à Babylone, où il a montré une intrépidité sans égale, étant un des premiers pour enfoncer les portes de cette caserne à coups de crosse de fusil et y mettre le feu Il a en outre procédé à la prise de l’Ecole militaire ainsi qu’au Louvre et aux Tuileries, et le 30 au matin est parti avec une quantité de braves pour Saint-Cloud et de là à Rambouillet, d’où il n’est revenu que le lendemain. » Il apostilla, le 4 août 1848, la demande présentée par Dumas, Jean-Louis, Antoine de faire admettre son fils à l’Ecole de cavalerie de Saumur, en récompense de la participation de ce dernier aux journées de Février. Le 28 mars 1848, il apostilla un certificat délivré par le même Dumas, Jean-Louis, Antoine en faveur de Meunier, Alfred dit Champagne pour faire valoir les droits de ce dernier comme combattant de Février. Il demeurait à Sceaux en 1831 ; à Grenelle en 1848. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 37, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux, liste supplémentaire des décorés de Juillet, idem état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Bazin, Panès et Dieudonné, idem in dossier Bonnard, Louis, Guillaume ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Desgranges ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale arrondissement de Sceaux et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Mathié ; Archives nationales F/1dIII/76 in dossier Simon, Pierre, César ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives nationales F/1dIV/P/3 Récompenses honorifiques ; Archives nationales F/15/3782 secours à divers titres in dossier Bazin, Mathieu pour qui il apostille une demande de secours) ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Candide, André (dans lequel il apostille un certificat présenté par Candide) ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Couillard, Pierre, Thomas ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Dreveaux, Jean, Henry ; Archives de la préfecture de police AA 387 in dossier Dumas, Jean-Louis, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Hemard, Louis, François ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Hubert, Martin, Pierre, Claude ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Martinet, Ange, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Meunier, Alfred dit Champagne ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Monnier, Jacques, François, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Moine, François ; Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Petit, Jean-François ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Ratel, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Siès, François (pour lequel il signe un certificat) ; Biographie des hommes du jour, par Germain Sarrut et B. Saint-Edme, tome IV 2e partie, Paris, 1838, p. 124-125.