Pelletier
Biographie
Il fit parvenir la lettre (presque illisible) suivante à la Commission des récompenses nationales : « Le 26 juillet, étant à Houdard, j’ai appris par une voiture de M. Laffitte que le monde murmurait fort après le gouvernement et menaçait le trône. Je suis parti de suite pour Mantes qui était le lieu de mon domicile. Là j’ai trouvé mon épouse qui arrivait de Paris. Elle me dit qu’elle n’avait eu que le temps de se retirer, avec sa voiture, sans quoi elle aurait été dans la mêlée. Que le monde tenait des propos en disant que le roi était à Saint-Cloud mais qu’il irait bien le chercher et que, après avoir sorti de Paris, elle avait entendu des coups de fusillade. [illisible] Je suis parti le 28 au matin avec mon cheval et une paire de pistolets que j’avais chez moi [illisible] et venger la patrie et les libertés comme étant un [illisible] de la garde impériale. C’était un devoir à remplir en soutenant le drapeau tricolore. En arrivant à Nanterre, j’ai laissé mon cheval à l’écurie et je suis venu à Paris auquel je me suis trouvé dans plusieurs coups de feu. Après comme l’on se disposait à aller à Saint-Cloud, je suis retourné à Nanterre. Au pont de [illisible] plusieurs coups de canon ont été tiré sur nous qui venions de la barrière de l’Etoile. Continuant ma route, j’aperçois un militaire des grenadiers royaux qui sortait de Courbevoie. Plus loin, je rencontrai une cinquantaine de paysans qui m’ont arrêté en me demandant comme ça allait à Paris. Je leur dis que ça allait très bien et que toutes les troupes avaient été obligées de quitter Paris et qu’elles se portaient sur Saint-Cloud. Les paysans, en voyant les gardes royaux, voulaient marcher dessus mais moi je leur ai dit : Que voulez-vous faire ? il vaut mieux nous disperser dans les rosiers en tirailleurs et faire feu. Ils seront embarrassés pour nous charger et nous les disperserons et prendrons leurs armes. Ils m’ont écouté et c’est ce que nous avons fait. Après trois escadrons de cuirassiers étant aussi venus, pour passer et nous étant davantage de monde nous avons fait feu et empêché leur [illisible]. Après je suis retourné à Mantes, où étant arrivé j’ai été trouvé le maire et fait mettre le drapeau tricolore dessus le clocher, après l’avoir promené par toute la ville, accompagné des braves habitants qui m’avaient nommé leur commandant et tout s’est très bien passé. Après lorsqu’on a été à Rambouillet j’ai demandé que l’on envoie du pain aux braves. De suite le maire a fait quêter dans le pays et on en a trouvé quatre mille livres, que j’ai conduit à Versailles avec vingt personnes. » Archives de Paris VK3 50.