Pelletier, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 4 septembre 1799 à Paris. Typographe. Il combattit sur le pont d’Arcole. Le dossier d’examen de ses droits fut sans doute instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Sachant lire et écrire, il fut proposé pour un emploi de sergent de ville. Il comparut, le 8 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester « pour vérité et notoriété parfaitement connaître le sieur Louis, Antoine, Barono (voir ce nom), typographe, demeurant à Paris, rue Galande n° 33, savoir qu’il a combattu le 28 juillet dernier avec eux au pont d’Arcole et qu’il y a été atteint d’une balle à la tête. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet, le 3 avril 1848, la lettre suivante à cette dernière Commission : « La république nouvelle fut grande et large dans ses promesses, le bien-être aux travailleurs, récompense à ceux qui sans cesse faisant abnégation d’eux-mêmes, surtout depuis 1830, ont contribué à sa venue, voilà son programme ; puisse-t-il être une vérité ! et c’est parce qu’il y croit que le nommé Pelletier, Jean-Baptiste, typographe, né à Paris, le 4 septembre 1799, n’hésite pas à venir en vrai patriote vous exposer les épisodes de sa vie qui se rattachent à l’ère actuelle. Aux affaires de juillet 1830, il fut blessé mais ayant fait seulement son devoir, il ne demanda ni reçut aucune récompense. A celles de mai, juin, animé du même sentiment de patriotisme, il figura aux barricades de Saint-Mery, où les balles l’épargnèrent. Il fut impliqué dans l’affaire de la rue des Prouvaires en 1832, pour laquelle il a subi quatre-vingt-sept jours de prévention et fut acquitté en police correctionnelle. Aux trois journées de février 1848, animé de ressentiment contre le gouvernement d’alors, voyant tomber une à une les libertés de la France et toujours mû par son pur patriotisme, il contribua à élever et défendre les barricades des rues du Foin et des Noyers. Dans cet état de choses, monsieur le président, il vous supplie de daigner lui accorder à titre de récompense nationale une place de gardien dans les halles et marchés ou à défaut d’être compris au nombre de ses concitoyens qui ont bien mérité de la patrie. Jeune encore, porteur de bons certificats, doué d’une forte constitution, ayant reçu une éducation élémentaire, par son zèle, son activité et son assiduité il fera en sorte de remplir dignement les fonctions qui lui seront confiées. Sa demande fut rejetée par la Commission. L’indication Rejetée est indiquée en gros sur la couverture de son dossier et comme rageusement, par rapport aux autres dossiers rejetés. Pelletier, Jean-Baptiste fut en effet arrêté après les événements de juin 1848, le 17 juillet, transféré à Sainte-Pélagie et à La Force, condamné le 24 juillet à la déportation, détenu à Belle-Ile le 17 février 1848, puis gracié par Louis-Napoléon Bonaparte le 15 décembre 1849. Pelletier demeurait 1, rue des Lavandières à la place Maubert en 1831 ; 58, rue des Noyers en 1848. Archives de Paris VK3 50 (où il est juste inscrit Voir dossier Vandershelden) ; Archives de Paris VK3 54 in dossier Vandershelden, Léonard ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Barono ; Archives de la préfecture de police AA 406 ; Service historique de la Défense 6 J 110 dossier 8308 (source Université de Bourgogne, CNRS).