Pelletier, Jacques
Biographie
Né en 1795 à Houdan (Seine-et-Oise). Il fut blessé le 29 juillet à l’attaque du Louvre. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 22 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Etant messager, est parti de chez lui et arrivé à Paris après la prise du Louvre. Il a tiraillé contre les troupes qui faisaient leur retraite sur Saint-Cloud. Etant retourné chez lui, a fait arborer la cocarde et a transporté des vivres à Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 22 février 1831, à deux voix pour la croix, sept voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il est répertorié (sous le numéro 1048) dans la liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. En 1830, il était garde à cheval dans la 3e compagnie de la garde municipale, caserné rue Mouffetard. En 1836, garde-champêtre à Bresle près de Château-Thierry (Aisne), père de famille, il sollicita un secours, ne pouvant par son seul travailler subvenir aux besoins de sa famille et reçut soixante-quinze francs. Il avait participé, les années précédentes, aux distributions de gratifications à l’occasion des anniversaires des journées de Juillet. Le préfet de l’Aisne faisait le plus grand cas de sa conduite et le disait pauvre et sans ressources. En 1844, garde des bois dans la commune de Chartève, (Aisne), il sollicita un secours. Le maire de la commune de Chartève rapportait sur son compte : « […] Cet homme est extrêmement malheureux, ne jouissant que d’un traitement de cent cinquante francs par an. Il lui est véritablement impossible de vivre avec cette somme. […] L’administration forestière, ainsi que moi, n’avons qu’à nous louer de son service et nous faisons tous nos efforts pour faire améliorer sa position mais en attendant il meurt de faim. » Il reçut cinquante francs. En 1846, il était garde forestier dans la commune du Charmel et la préfecture de l’Aisne donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Ce vieillard est dans une position digne d’intérêt ; sa misère est si grande qu’il ne peut acheter les médicaments nécessaires à sa femme et à ses enfants, en ce moment atteints de la fièvre. » En 1847, relevant, lui et sa femme, de maladie, il sollicita un secours. La préfecture de l’Aisne donna sur son compte les renseignements suivants : « […] La position de cet employé mérite intérêt. Il est d’un âge avancé, il a une nombreuse famille et les modiques émoluments de sa place ne peuvent l’aider suffisamment dans l’état de dénuement où il se trouve. Cet homme est vraiment digne de commisération. » Et en 1850 : « […] Fort bon garde, remplissant parfaitement ses devoirs et méritant à tous égards la bienveillance du gouvernement. » Il reçut un secours de soixante francs en 1850 et en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. En 1856, il était toujours garde dans la commune du Charmel. En 1857, il avait deux enfants en bas âge, et sa belle-mère, âgée de soixante-cinq ans à charge. Il reçut un secours de quarante francs en 1858, un secours de soixante francs en 1859. Il demeurait au Charmel (Aisne) en 1850-1865. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 1048) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés et liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 22 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 22 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives nationales F/15/3791-3792 secours à divers titres. ; Archives de la préfecture de police AA 369, rapport du 19 août 1850, proposition d’accorder à douze décorés, médaillés, veuves et combattants de juillet 1830, domiciliés dans les départements des secours s’élevant à la somme de 755 francs, minutes 127, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 206, idem Proposition d’autoriser sur le crédit porté au chapitre 6 du budget de 1852 l’ordonnancement d’une somme de 570 francs, pour être répartie, à titre de secours, entre sept décorés de Juillet 1830 et trois veuves de décorés ou blessés de Juillet, en résidence dans les départements, minutes 248-249, en date du 6 décembre 1852.