Peltier, Nicolas, François

Biographie


Né vers 1803 à Paris, fils de Peltier, François, Charles (lui-même né le 9 août 1775 à Wissons [Seine-et-Oise)], fils de Peltier, René, batteur en grange, et de Senechal, Marie, son épouse), et de Morlot, Françoise (elle-même née le 17 octobre 1772 à Barisey-la-Côte [Meurthe]). Voiturier. Blessé le 29 juillet vers 8 heures du matin dans la rue Traverse, qu’il habitait, près de la caserne Babylone de plusieurs coups de feu reçus à la tête, il mourut vers 17 heures à l’hospice des Incurables femmes. Il fut enterré, le 30 juillet, au cimetière du Montparnasse. Dans le récit que fit le docteur Godron, Auguste de sa propre participation aux combats de Juillet, il laissait les indications suivantes sur la mort de Peltier : « […] Deux maisons plus haut, j’eus l’occasion de porter des secours à un malheureux jeune homme, M. Peltier je crois, qui avait reçu une balle dans la tête, de manière que le cerveau faisait une hernie d’un volume plus gros que le poing. Je n’eus pas plutôt vu ce malheureux jeune homme que je perdis tout espoir de salut. Néanmoins, je ne devais pas porter le dernier coup à sa malheureuse mère, qui était présente et à qui je voulais faire croire qu’il n’était pas aussi gravement atteint. Je me fis donner des rasoirs, lui rasai les environs de la plaie, pour y appliquer des sangsues ; je lui fis une saignée du bras ; enfin, je voulus éviter le spectacle de la mort d’un fils chéri à une mère éplorée et la suppliai de le laisser porter aux Incurables, d’où nous étions très près. J’aidai donc à le transporter mais, quelques moments après son entrée, il expira. » Ses parents reçurent un secours de cent francs et un autre de deux cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le 12 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Grandjean, Nicolas (voir ce nom), marchand de vins, demeurant 115, rue de Sèvres ; Salle, Jean-Baptiste, entrepreneur de maçonnerie, demeurant 127, rue de Sèvres ; Blanc, Jean-François, marchand tripier, demeurant 115, rue de Sèvres. Ils attestèrent que Peltier, Nicolas, François avait « été blessé de plusieurs coups de feu dans ladite rue Traverse, dans l’affaire de la caserne de Babylone le 29 juillet 1830 au matin et qu’il est mort le soir à 5 heures, hospice des Incurables, des suites de ses blessures ». Le père présenta un certificat médical, en date du 4 octobre 1830, qui attestait qu’il souffrait « d’une fièvre putride qui le retiendra encore longtemps au lit ». Et d’un autre, en date du 18 mars 1831, qu’il souffrait depuis le mois d’août 1830 « d’une inflammation intestinale grave, dont il n’est pas entièrement remis et qui reprend parfois une nouvelle acuité, de manière à le forcer à suspendre ses travaux ». Le 11 mars 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Grandjean, Nicolas (voir ce nom), marchand de vins, demeurant 115, rue de Sèvres ; Salle, Jean-Baptiste, entrepreneur de maçonnerie, demeurant 127, rue de Sèvres ; Blanc, Jean-François, marchand tripier, demeurant 115, rue de Sèvres. Ils attestèrent que Peltier, François, Charles était « dans un état vraiment nécessiteux et peut à peine suffire à ses besoins et à ceux de son épouse, qui à cause de sa mauvaise santé ne peut presque plus travailler ». Les parents furent pensionnés de deux cents francs (sous le nom des époux Peltier, François, Charles sur les listes du Moniteur universel). Les parents s’étaient mariés, le 29 brumaire an XI à la mairie du (ancien) Xe arrondissement de Paris. Le père, voiturier, signa, le 25 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Lacour, Louis, Jacques, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, citoyens patentés, attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Louis, Jacques Lacour a fait partie de la garde mobile et dont il est enregistré à sa mairie sous le numéro 262. Nous certifions en outre qu’étant armé il ne peut que s’être conduit vaillamment à la cause de la liberté et de la patrie dans les journées mémorables de Juillet. » Le père, voiturier, signa, le 25 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Petit, Jacques, Marc, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, citoyens patentés, certifions que le sieur Jacques, Marc Petit est un combattant de Juillet, que nous l’avons vu armé le 29 de ce mois à la prise de la caserne de Babylone, que de retour de cette affaire il est rentré chez lui, blessé d’un coup de feu à la jambe gauche, d’une balle qui l’a atteint. Nous certifions en outre que les mœurs et la probité du sieur Petit nous sont parfaitement connus et qu’il est exempt de reproches. » Le 24 juillet 1840, les restes de Peltier (sous le nom de Pelletier, Nicolas, François dans le procès-verbal dexhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Montparnasse, où ils avaient été placés, puis ces restes furent renfermés dans un cercueil avec douze autres, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Peltier demeurait 10, rue Traverse-Saint-Germain ; ses parents 20, rue Traverse-Saint-Germain en 1830-1831. Le nom de Peltier (N.-F. Peltier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 110 ; Archives de Paris DM13 1, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, une feuille volante avec la liste des ascendants du Xe arrondissement (sous le seul nom de Pelletier) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 10 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossiers individuels, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Godron, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lacour, Louis, Jacques ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Petit, Jacques, Marc ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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