Periers, Jean
Biographie
Né le 5 avril 1785 à Héron (Seine-Maritime), fils de Periers, Jean, journalier, et de Vigneux, Marie, Marguerite, son épouse. Ancien militaire, devenu ouvrier sur les ports. Il fut gravement contusionné par des coups de crosse. Il reçut (sous le nom de Perrier, Jean) un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 23 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de contusions par suite de coups de crosse de fusil à différentes régions du corps, notamment aux reins et à l’épigastre ; contusions qui ont laissé après elle quelques difficultés et quelques douleurs dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (sous le nom de Périeis, Jean sur les listes du Moniteur universel) et médaillé de Juillet. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il mourut le 30 août (le 30 octobre in Archives nationales F/9/1156 deux fois, dont dans une lettre qu’elle fait parvenir) 1834, des suites de ses blessures. Il laissait une veuve, Viol, Marie, Julie, née le 9 avril 1791 à Saint-Germain-d’Axure (Mayenne) (ou à Versailles Seine-et-Oise in Archives nationales F/9/1156), journalière, qu’il avait épousée le 9 août 1820 à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement de Paris ; sur l’acte de mariage Viol, Marie, Julie est indiquée comme fille de feu Viol, René, journalier, décédé le 23 ventôse an XII (4 mars 1804) à Vélisy (Seine-et-Oise), et de feue Angot, Marie, sa femme, décédée le 2 ventôse an VII (21 février 1801) à Versailles (Yvelines), et comme étant journalière. Il laissait aussi trois enfants, nés à Paris, Jean, Charles, né le 16 août 1820, Pierre, Benjamin, né le 24 février 1823, Jean, Adolphe, né le 24 juillet 1830. S’étant adressée au roi, elle reçut six pains de quatre livres et six livres de viande. Le préfet de la Seine donna, quant à lui les renseignements suivants sur la situation de la veuve : « La résignation et le courage soutiennent sa malheureuse veuve, qui s’efforce, en travaillant, de pourvoir aux besoins de sa famille. Mais le produit des ses journées est peu de chose et la maladie du nommé Perier a épuisé toutes les ressources que ce ménage pouvait avoir. Nul secours ne pourrait être mieux placé et ne viendrait plus à propos. […] Une somme de cent francs aiderait beaucoup cette famille, inscrite aujourd’hui au rôle des indigents, et la veuve Perier pourrait voir dans ce secours une récompense de la réserve qu’elle a mise à faire valoir des droits que d’autres, dans la même position, auraient invoqués depuis longtemps. » Elle reçut un secours de cent francs en 1835. En 1836, les renseignements de police rapportaient sur le compte de la veuve qu’elle était âgée de quarante-cinq ans, qu’elle avait deux jeunes enfants entièrement à sa charge, qu’elle était couturière, qu’elle gagnait soixante-quinze centimes par jour, « son unique ressource. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité ». Elle reçut un secours de cinquante francs en 1836. En 1837, les mêmes sources administratives précisaient : « Sa position est extrêmement gênée. Elle n’a pour moyen d’existence que le faible produit de son travail comme couturière. Sa réputation est très bonne. » Elle reçut un secours de cinquante francs en 1837. En 1838, elle sollicita un nouveau secours, avançant que « pendant deux ans, elle a touché vingt-cinq francs par mois à la mairie du Ve arrondissement » et affirmant être « dans la plus profonde misère, après avoir vendu la majeure partie de son mobilier pour sustenter sa famille » ; elle reçut un secours de quarante francs. Les mêmes sources de police confirmaient : « A deux enfants en bas âge à sa charge et travaille comme couturière ; elle ne gagne que soixante-quinze centimes par jour et elle se trouve dans une position malheureuse. Elle doit deux termes de loyer du petit logement qu’elle occupe rue Neuve-de-Chabrol, n° 9. Sa réputation est bonne. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1840. Atteinte d’un cancer à l’utérus en 1842, elle implorait « le renouvellement d’un secours que vous avez daigné m’accorder le 14 décembre 1840 et qui depuis lors a cessé ». La police précisait encore sur son compte : « Est dans une profonde misère. Elle est mère de deux enfants à sa charge et se trouve atteinte d’une maladie chronique qui l’empêche souvent de travailler. » Elle reçut un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs en 1842. Periers demeurait 61, rue Saint-Victor en 1820 ; 253, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1830-1831 ; la veuve, 141, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1835 ; 198, même rue, une chambre au loyer annuel de soixante francs, en 1836-1837 ; 9, rue Neuve-Chabrol en 1838, où elle devait deux termes de loyer ; 198, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1840 ; 41, rue du Faubourg-Saint-Jacques en 1842. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 42 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 46 ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 74 (sous le nom de Perrier, Jean) ; Archives de Paris VK3 44 (couverture du dossier Fourré, François) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de Perrier, Jean) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie (sous le nom de Perrier, Jean) ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835, F/9/1156.