Perrignon de Frénoy, Etienne, François. (il y a toutes les orthographes sur les sources imprimées : Pérignon-Dufrénoy, Perrignon de Frénoy, Pérignon de Frénoy)
Biographie
Né vers 1775 (le 3 septembre 1780 sur les listes de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 à Paris. Employé des douanes en 1830-1831, chef d’institution en 1831, rentier en 1833. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il était porteur du certificat suivant : « Tous les soussignés, soit pour s’être trouvés sur les différents points désignés plus bas, soit sur le rapport et l’assertion de chacun d’eux, certifient que M. Perrignon-Defrénoy, ex-employé des douanes et père de cinq enfants, a pris une part active aux événements des 27, 28 et 29 juillet. Le 27, il se trouvait aux engagements qui avaient lieu vers la Banque et dans la rue des Petits-Champs. Le 28, il prenait part à une escarmouche qui avait lieu au Pont-au-Change ; après avoir marché sur le corps de garde des gendarmes du Châtelet, le reste du jour jusqu’à minuit, il se porta au pont Notre-Dame, au quai aux Fleurs, au Pont-Neuf et enfin rue Saint-Honoré depuis la place du Palais-Royal jusqu’à la pointe Saint-Eustache. Le 29, il a combattu au Louvre et au plus fort du danger et malgré sa fatigue le lendemain fit volontairement le service au corps de garde de la place de l’Abbaye. Le 31, se trouvant enregistré au Xe arrondissement comme garde national il a continué son service jusqu’au lendemain, 1er août. Le 3 août, n’ayant appris qu’à 2 heures la marche dirigée sur Rambouillet, il se mit sur-le-champ en route et rejoignit le drapeau de la Xe légion entre Versailles et Saint-Cyr, qu’il suivit jusqu’à destination. » Signé, le 14 août 1830 : Gendron, demeurant dans le quartier Bonne-Nouvelle ; Legros (voir Legros, Modeste), demeurant 20, rue Montaigne ; Ostivald, « présent au pont au Change et à Saint-Cyr », demeurant 39, rue Mazarine ; Finet « volontaire de Rambouillet » ; Assire (voir ce nom) « présent au pont Notre-Dame », garde national à La Chapelle ; Gendron, garde national à la Ve légion ; Gohin, horloger, garde national à la Ve légion, demeurant 31, rue du Caire ; Héro illisible, garde national à la Ve légion ; Diron, courtier en vins à La Villette. Il donnait la liste de personnes suivantes, comme ayant connu sa conduite pendant les combats de Juillet ou qui s’étaient trouvées avec lui sur plusieurs points où on se battait : Théodore, garçon boucher, demeurant 37, rue Montorgueil ; Adolphe, peintre en lettres, demeurant 11, rue Tiquetonne ; la portière et le propriétaire du 11, rue Tiquetonne ; Dubuisson, marchand de vin, demeurant rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; le limonadier, demeurant 12, rue des Prouvaires ; Viel, maître de l’hôtel du Nil, rue du Croissant ; Lecocq, ébéniste, demeurant place de la Ville, maison du café de la garde nationale ; Crampel (voir Crampel, Louis, André), blessé de Juillet, opticien, demeurant 1, rue du Roule ; Noël (voir ce nom), blessé de Juillet, sous-lieutenant au 3e régiment de chasseurs ; Révol, menuisier, demeurant 14, rue du Vieux-Colombier. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Pérignon Dufrenoy, Etienne, François auprès de la mairie et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39, sous celui de Perignon-Dufresnoy, Etienne, François sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Sa médaille lui fut délivrée le 25 juillet 1831 et son brevet le 10 mai 1832 (il signa bien le récépissé de remise de ses médaille et brevet de son nom de Perrignon Defrénoy). Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet en remplacement de sa simple médaille et que soient admises dans la pension qu’il tenait des demoiselles de décoré de Juillet (sur sa fiche il est inscrit comme homme de lettres). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Perignon), auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En 1834, père de cinq enfants, se présentant comme dévoué au gouvernement, il sollicita des secours. Le préfet de la Seine renseigna à son sujet qu’il ne paraissait pas être « connu d’une manière avantageuse » ; le préfet de police donna, quant à lui, les raisons pour lesquelles les renseignements sur son compte n’avaient pu être recueillis que très tardivement : « Le soin que cet individu prend à se cacher pour se soustraire aux recherches de ses nombreux créanciers n’a pas permis de les recueillir plus tôt. Perrignon, qui lors de son mariage jouissait d’une assez belle fortune, est effectivement aujourd’hui dans une position voisine de la misère, position qu’il ne peut attribuer qu’à son inconduite et à son goût pour le plaisir ; ne réglant jamais ses dépenses sur ses ressources, il a contracté beaucoup de dettes qu’il n’a pu payer. On le dit en ce moment à la campagne. Du reste, sa conduite et son caractère n’ont donné lieu à aucune plainte lorsqu’il était inspecteur général du balayage, attaché à l’entreprise particulière de M. Lavalette. Il a été porte-drapeau dans la garde nationale et a reçu la décoration de la Légion d’honneur lorsqu’il remplissait cette fonction, mais, dans un moment de besoin, il a donné sa démission et vendu son uniforme. Il paraît que dans sa pétition Perrignon se dit père de cinq enfants. Cependant les nombreuses personnes auxquelles on s’est adressé pour obtenir des renseignements sur son compte ne lui connaissent qu’une fille, qui ne demeure plus avec lui. Du reste, ses enfants n’ont jamais été à sa charge car depuis longtemps son beau-père, qui doit encore avoir de la fortune, les a repris avec lui, ainsi que leur mère, que le sieur Perrignon ne rendait pas heureuse. » En juillet 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de sept francs et cinquante centimes à titre de décoré non pensionné. A la suite d’une autre demande de secours, les renseignements pris sur son compte rapportaient en 1836 : « […] A, dit-on, été employé des douanes de Belgique et renvoyé de cet emploi pour inconduite. Il a la réputation d’être un intrigant criblé de dettes. On ne lui connaît pas d’état fixe mais il fait le plus souvent le courtage des vins. Il a été arrêté plusieurs fois en état d’ivresse. » En 1836, il sollicita d’être compris sur la liste des décorés de Juillet qui devaient recevoir un secours à l’occasion des fêtes anniversaires. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il devait recevoir une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné, mais l’apostille suivante est inscrite en face de son nom : « Ne demeure pas sur le (ancien) Xe arrondissement et n’a rien reçu. » En 1837, placé « dans la plus cruelle position », il sollicita un secours. En 1840, les renseignements pris sur son compte rapportaient : « Le commissaire de police de son quartier l’a vu plusieurs fois amené à son bureau et détenu au poste, souvent dans un état voisin de l’ivresse, d’autres fois gravement compromis dans des affaires d’escroquerie. On le dit célibataire, sans enfant. Toutefois, dans plusieurs demandes d’emploi adressées par lui à mon administration en 1832 et 1833, il se disait marié et père de cinq enfants et se donnait pour ancien officier de marine, puis ex-employé des contributions indirectes jusqu’en 1823. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, les mêmes sources administratives rapportaient : « […] Marié, sans enfant, […] est employé aux travaux de la Ville de Paris en qualité de surveillant. Les renseignements recueillis sur son compte ne lui sont pas défavorables. […] Il ne s’occupe pas d’intrigues politiques et se montre, au contraire, animé de bons sentiments pour la famille royale. Il paraît opportun et convenable que les secours du gouvernement viennent en aide à ce décoré de Juillet. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1843, de quarante francs et de vingt-cinq francs en 1844, de quarante francs en 1845, de quarante francs et de vingt-cinq francs en 1846, de quarante francs en 1847. En 1849, les mêmes sources du préfet de police rapportaient : « Inspecteur des travaux publics pour les égouts. En ce moment, il est atteint d’une affection paralytique à la tête ; il se trouve un peu gêné. Rien de défavorable quant à sa conduite et ses opinions politiques. » En 1849, il était inspecteur des travaux publics pour les égouts et reçut un secours de cinquante francs, à titre de médaillé de Juillet. Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, de soixante francs en 1851, de cinquante francs en 1852, de la même somme en 1853 et de quarante francs en 1855. C’était un partisan prononcé de Louis-Philippe, qui, homme de lettres, publia à ses frais une trentaine de reprises des stances en l’honneur de son gouvernement : sur l’Ecole polytechnique, au moment de la mort du duc d’Orléans, à l’occasion l’attentat du 16 avril 1846, le 1er mai 1839, en hommage au roi et à la famille royale, pour le mariage du duc et de la duchesse d’Orléans, pour l’anniversaire de la mort du duc d’Orléans, pour la visite de la reine Victoria, à l’occasion de l’attentat du 13 septembre 1841, à l’occasion de l’attentat de Lecomte contre le roi dans la forêt de Fontainebleau en 1846, etc. Il est aussi l’auteur, avec Emery, A., d’une brochure Inauguration de la colonne de Juillet, dixième anniversaire. Il demeurait 15, rue de Buci en 1830-1831 ; 3, rue Garenn… illisible en 1831 ; 12, rue Bourbon-Villeneuve de 1837 à 1840 ; 3, passage du Désir dans la rue du Faubourg-Saint-Denis de 1840 à 1850 ; 11, passage du Désir en 1851 ; 1, passage du Désir en 1852 ; 53, bd de Strasbourg en 1854. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, année 1835, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1836, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852.