Perrignon, Nicolas, Henry, Balthazard

Biographie


Né vers 1786 ou 1789 à Bourbonne-les-Bains. Ancien élève du Prytanée. Receveur des finances (en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 donc sans doute par récompense ?). Il adressa, le 31 août 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « En conformité de l’ordonnance du 26 courant et cédant au besoin de ma conscience ainsi qu’aux sollicitations de mes amis, j’ai l’honneur de vous faire connaître que je suis du nombre de ceux qui, nuit et jour, ont combattu tout le temps des glorieux événements de Juillet, sur les points où il y avait le plus de danger, soit les armes à la main soit en exhortant par mon exemple les hommes incertains à les prendre pour vaincre la tyrannie qui voulait nous donner des chaînes. Qu’arrivé à Rambouillet, accompagné de braves du nombre desquels étaient Deloste, Lair et Carlier, tous trois employés de la maison Audry-Puyraveau, en même temps que l’état-major, nous nous mîmes à la disposition du général en chef, qui nous dit que l’attaque n’aurait lieu que le lendemain à 5 heures du matin. Que déterminés à vaincre ou à mourir, nous prîmes aussitôt la résolution de nous organiser sous le nom de guérilla Puyraveau et que c’est sous cette détermination qu’un officier d’état-major nous a dirigés sur les avant-postes, de 9 heures du soir à minuit, heure à laquelle nous apprîmes avec regret que tout fuyait devant nous tant nous avions l’envie de faire de nouveau usage de nos armes. Je pense, Messieurs, que vous ferez des informations pour vous assurer des faits précités ; à l’effet de les faciliter et éclairer votre religion à ce sujet, j’ai l’avantage de joindre à la présente copie de quelques certificats dont je vous communiquerai avec plaisir l’original si, comme j’ai la faveur de vous en prier, vous voulez bien me faire appeler dans votre sein ou m’indiquer la personne qui devrait en prendre connaissance. » Le 11 septembre 1830, il adressa la lettre suivante au général Lafayette, en tant que chef de la garde nationale : « Aussitôt la parution de l’ordonnance sur la formation de la garde mobile, animé par le feu sacré de la patrie et pensant que cette garde pouvait être mise de suite en activité de service, j’ai eu l’honneur de vous écrire qu’ancien capitaine de la garde nationale de la Marne, maintenant résidant à Paris, je vous priais de vouloir bien me porter sur les contrôles en telle qualité qu’il vous plaira m’assigner et qu’en attendant vos ordres je continuais mes preuves de dévouement comme je les avais commencées en combattant pour défendre nos droits de citoyens libres. J’ai tenu ma parole, mon général, et j’éprouve le besoin de vous en justifier par la pièce ci-jointe, à laquelle il me serait aussi honorable que flatteur que vous voulussiez bien apposer votre signature, d’après les témoignages des braves témoins de mes actions. Il me serait aussi agréable que vous eussiez la bonté d’y mentionner l’offre de mes services pour faire partie de ladite garde mobile, dès l’insertion dans les journaux de l’ordre de sa création. Sans doute que ma lettre a dû éprouver le sort de milliers d’autres, auxquelles il vous a été impossible de répondre mais la mienne vous a été remise à vous-même, mon général, et quelques recherches pourraient vous la faire retrouver. Ce témoignage de votre part serait considéré comme le plus beau titre de ma vie et à jamais glorieux pour ma famille, qui partage mes sentiments. Espérant ce précieux avantage de votre justice et de vos bontés, j’ai l’honneur, etc. » Les certificats dont il était porteur étaient ainsi rédigés : « Le baron Schneit, colonel du 4e régiment de cuirassiers, atteste que M. Perrignon, pendant les événements des 27, 28 et 29 juillet, s’est porté avec zèle partout où l’intérêt national réclamait sa présence, qu’ami sincère de nos libertés il n’a sollicité aucun emploi sous le dernier gouvernement et que, lié avec M. Perrignon depuis dix ans, je ne l’ai jamais entendu manifester d’autre opinion. » « Depuis douze années que nous connaissons le sieur Perrignon, nous pouvons attester que nous l’avons toujours vu professer des opinions libérales et que nous le verrons avec plaisir occuper un emploi près du gouvernement, assuré qu’il le remplira avec honneur. » Signé : baron Sourd. « Je me joins avec empressement à mes honorables amis les colonels Sourd et Schneit, pour solliciter la bienveillance du gouvernement envers M. Perrignon, dont le patriotisme et l’honneur me sont connus depuis longtemps. » Signé : colonel Tancarville. « Nous, comte Pajol, lieutenant général des armées du roi des Français, attestons qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Nicolas, Henry, Balthazard Perrignon, natif de Bourbonne-les-Bains, âgé de quarante et un ans, ancien élève du Prytanné français, demeurant à Paris, professe de purs sentiments d’honneur, de libéralisme et d’esprit national, qu’il n’a sollicité aucun emploi sous le dernier gouvernement et que dans les journées des 27, 28 et 29 juillet il a donné des preuves de son dévouement à la liberté et à la cause nationale, en se trouvant toujours un des premiers sur les points d’attaque, tant à Paris qu’à Rambouillet pour combattre et coopérer à reconquérir nos libertés menacées. Nous pensons en conséquence qu’il a des droits à la bienveillance du gouvernement, auquel nous le recommandons d’une manière toute particulière et que nous prions de lui accorder l’emploi qu’il pourra en solliciter, assuré que nous sommes de son dévouement et qu’il remplira avec honneur et à la satisfaction publique. » Signé, le 10 août 1830 : le lieutenant général comte Pajol. Le maire de la ville d’Epernay lui avait délivré, le 8 septembre 1830, certificat suivant : « Certifie […] que M. Henry, Balthazar Perrignon, capitaine de sapeurs-pompiers de cette ville, a été chargé en 1817 de l’organisation complète de ladite compagnie, qu’il s’en est acquitté avec zèle et à la satisfaction des habitants et de l’administration jusqu’en 1822, époque à laquelle il a quitté la ville pour se fixer à Paris. Certifie en outre que ses opinions libérales marquaient sur celle de cette époque. » On trouve aussi dans les archives de Lafayette, une lettre qu’il lui écrivit vers septembre 1830, en tant que chef de la garde nationale de Villiers-sur-Morin (Seine-et-Marne) à la tête de laquelle il avait élu par les quelques deux cents gardes nationaux de la commune. Présentant ses hommes comme « tous remplis de l’esprit de patriotisme et d’activité tant pour le service et les manœuvres militaires que pour maintenir l’ordre et la tranquillité publics », il sollicitait pour eux des armes, la commune n’en disposant d’aucune, celles ayant dû être rendues en 1827 lors de la dissolution de la garde nationale. A défaut de ne pouvoir armer tous les hommes, il en sollicitait au moins un petit nombre « pour pouvoir faire maintenir l’ordre et la police dans le cas où il viendrait quelques moments ou des circonstances s’opposeraient au repos et à la tranquillité publics ». Charles Giverne, le maire de la commune de Villiers-sur-Morin attestait la véracité des faits avancés par Perrignon et présentait Perrignon comme s’étant « toujours comporté en honnête homme et jouissant de l’estime public, étant de bonne vie et mœurs et rempli de patriotisme ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Pérignon, Nicolas, Henri sur les listes du Bulletin des lois, sous celui de Pérignon, Nicolas, Henri, Balthasard sur les listes du Moniteur universel, et sous celui Perignon, Nicolas, Henri, Balthazard in Archives nationales F/1dIII/39, faire le changement). Porte-drapeau au 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale en 1830. En octobre 1830, Lafayette, général en chef de la garde nationale, ayant informé que le roi avait l’intention de donner quatre décorations de la Légion d’honneur à un officier, un sous-officier et deux gardes nationaux de la IIe légion, désignés parmi ceux qui s’étaient le plus distingués les 27, 28 et 29 juillet, il fut décidé en conseil supérieur que les officiers de chaque bataillon procéderaient au choix des candidats. Pérignon fut un de ceux choisis dans le 2e bataillon de cette IIe légion. En 1840, journalier, sans ouvrage depuis deux ans, ses ressources entièrement épuisées, sa femme malade depuis huit mois, sa mère infirme et âgée de quatre vingt un ans à charge, il sollicita un emploi dans la partie active de l’administration. En 1841, il fit une nouvelle demande, affirmant qu’il avait sa femme malade depuis quinze ans et qu’elle était la fille d’un ancien militaire qui avait servi de 1793 à 1816, mort sans fortune en 1820. Il quitta Paris en 1849, sans laisser son adresse ; le préfet de police précisait : « Son départ a été motivé par son peu de prospérité dans les affaires. Bons renseignements sur son compte sous le rapport moral et politique. » Il reçut vingt-cinq francs de secours en 1840. Son dossier est annoté comme suit : « Veuf, sans charge de famille, décoré de la Légion d’honneur, ancien porte-drapeau dans la IIe légion de la garde nationale, démissionnaire, a été dans une position aisée mais dissipateur, criblé de dettes, il est dans un état voisin de la misère, suite de son peu de conduite. » Il fut décoré de la Légion d’honneur le 7 janvier 1832, et affirmait être un ancien élève du Prytanée. En 1830, il était grenadier à la IIe légion de la garde nationale. Il demeurait 6, rue Richer en 1830-1831 ; à Villiers-sur-Morin (Seine-et-Marne) en 1830 ; 3, rue du Cloître-des-Bernadins (mais la police précisait que cette adresse était celle de son ami Mazure) ou 109, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1840 ; 30, rue de la Grange-aux-Belles en 1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Lavenant, Willem, Louis, Henri (sous le seul nom de Pérignon) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales MI 217 23 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74 (sous le nom de Perrignon, H.). Voir Pérignon ?

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