Petit, Jean-Baptiste

Biographie


Cultivateur établi au Brésil, dont la capitale comptait alors quatre à cinq mille Français, il sollicita, en août 1831, la décoration de Juillet. « Le résultat des glorieuses journées de Juillet nous a été transmis en quarante-deux jours. La vue du pavillon sans tache a retrempé les vrais patriotes. Mais si les Français, plus heureux à Buenos Aires qu’à Rio de Janeiro, ont pu manifester les sentiments qui les animaient en célébrant par des réjouissances publiques cette révolution due à l’héroïsme, l’élan des cœurs n’y fut point comprimé comme à Rio, où nos agents demeuraient fidèles à l’absolutisme. » Il joignait à sa demande un certificat ainsi rédigé : « Nous soussignés, ayant séjourné au Brésil, embarqués à Rio de Janeiro à bord du navire lŒdipe, faisant voile pour la France, déclarons les faits suivants. Lors de l’apparition du pavillon national, le 23 septembre 1830, dans le port de Rio de Janeiro, M. Jean-Baptiste Petit, ancien commissaire de guerre, établi cultivateur près cette capitale est le seul Français à notre connaissance, qui ait arboré et porté au Brésil la cocarde tricolore. A cette apparition, l’attitude hostile que prirent d’abord les Anglais détermina M. Petit à se présenter, conjointement avec M. Henry Hoffsmith, originaire français, officier de la marine brésilienne, à M. l’amiral Grivel, commandant la station française, pour lui offrir leurs services, en qualité de volontaires à bord de la frégate la Caroline. Ce dévouement, dans l’état critique où se trouvaient les Français, par suite d’une rixe entre la population brésilienne et les officiers de la marine française, exposait ces deux patriotes à l’animadversion des habitants, et la cocarde que portait M. Petit le désignait au fer des mulâtres, sans espérer de protection de la part des agents de sa nation puisque au départ de notre navire, le 20 novembre 1830, M. le comte de Gestas, consul général de France, n’avait pas encore arboré les nouvelles couleurs, bien que depuis trois semaines les Anglais en eussent reconnu le pavillon. M. Petit a été un des premiers à provoquer une souscription en faveur des victimes de Juillet. Pour célébrer l’événement qui régénérait la France et pour faire respecter ses compatriotes établis ou voyageant au Brésil, M. Petit leur ouvrit sa maison, sans craindre les effets de l’animosité qui les menaçait et qui dicta la consigne des marins français. Les soussignés déclarent en outre que M. Petit a abandonné son établissement dans une terre étrangère, s’est séparé de sa famille pour revoir sa patrie, dont l’héroïsme venait de faire tomber les chaînes. Embarqués avec nous, il ne craignit pas, lors de la relâche de notre navire dans l’île de San Miguel, de descendre avec les couleurs nationales sur cette terre où la domination de Dom Miguel entretenait la terreur et la proscription. De tout quoi nous certifions sincère et véritable, à Paris le 20 avril 1831. Signé B. Walerstein, négociant français établi à Rio de Janeiro, Chaussé, joaillier à Rio de Janeiro, Labbé, marchand à Rio de Janeiro, Pierre Masson jeune et Léon Javal. » Archives nationales F/1dIII/71.

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