Petit, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 17 janvier 1795 à Troyes (Aube). Enrôlé volontaire au 12e léger, en novembre 1813, sous-officier en décembre 1813, ayant participé à la campagne de France, fait prisonnier en mars 1814 et conduit à Troyes, « a repris l’uniforme français et avec des hommes disponibles dans les ambulances a formé une compagnie avec laquelle il a repris la ville au nom de l’Empereur et délivré ses environs des maraudeurs ennemis, qu’il a faits prisonniers », présent à la bataille de Waterloo, congédié le 16 février 1816. Incarcéré en 1816-1817, pour délit politique et « sous le poids d’une accusation capitale ». Il « a subi en 1816 et 1817 toutes les horreurs d’une captivité de dix mois, a couru tous les dangers d’un procès criminel intéressant la sûreté du gouvernement déchu, a essuyé toutes les vexations d’un jugement de cour d’assises qui a duré trois journées consécutives », selon une attestation signée de Lafayette. Il participa, le sabre à la main, à l’attaque du Louvre et des Tuileries et ce fut sous son commandement et ses encouragements que plusieurs combattants rentrèrent à l’intérieur du Louvre par une porte latérale et chassèrent les Suisses. Il fut ensuite, selon un certificat de Faisset, capitaine d’état-major, « chargé de plusieurs missions importantes le 29 près de MM. C. Perier frères et Chardel à la direction générale des Postes et […] s’en acquitta avec ardeur et célérité » puis, par ordre du 1er août, il fut chargé de la direction des vivres à délivrer à toutes les troupes en mouvement dans Paris et délivra en conséquence quinze mille rations de pain et autant de vin. Il fut ensuite attaché durant dix jours à l’état-major du colonel Zimmer, chef de l’état-major de la garde nationale. A partir du 2 août, il fut plus spécialement chargé de régulariser le service militaire actif dans Paris. Comme il s’intéressait aux Beaux-Arts (dessin et peinture), un certificat lui fut délivré dans ces termes : « Le général commandant en chef, pour témoigner à M. Petit, ancien sous-officier au 12e léger (artiste attaché à l’état-major depuis le 29 juillet) sa satisfaction particulière, l’invite à reproduire par des dessins lithographiques les glorieux événements des mémorables journées de juillet et d’août, par ordre du général commandant en chef le colonel chef de l’état-major de la garde nationale, Zimmer. » Il fut nommé, le 6 septembre 1830, sous-lieutenant (mais lieutenant in Archives de Paris VK3 34) de la garde municipale et caserné rue de Tournon à Paris. La chronique de l’époque avait rapporté les faits suivants sur sa participation aux combats : « M. Petit, de Troyes, ex-sergent-major au 12e régiment d’infanterie légère, et demeurant rue Saint-Denis ; n° 135, a soutenu le feu dans les journées des 28 et 29 avec une constance héroïque, et depuis deux jours il remplit à l’Hôtel de ville, dans les bureaux de l’état-major, le service qui lui est confié avec un zèle et une activité infatigables. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il était porteur de nombreux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Ancien sous-officier au 12e léger, entré au service en 1813, congédié après Waterloo, a subi en 1816 et 1817 toutes les horreurs d’une captivité de dix mois, a couru tous les dangers d’un procès criminel intéressant la sûreté du gouvernement déchu, a essuyé toutes les vexations d’un jugement de cour d’assises qui a duré trois journées consécutives. Je me fais un devoir et un plaisir de rendre justice à la conduite de M. Petit et d’exprimer mon intérêt pour lui. » Signé, le 6 août 1830 : Lafayette (voir Lafayette, Marie, Paul, Joseph, Roch, Yves, Gilbert Dumottier). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie qu’il en est digne et recommande à la bienveillance du prince M. Petit, ancien sous-officier au 12e léger, s’occupant maintenant des beaux-arts (dessin et peinture). Le sabre à la main, il a coopéré dans la journée du 29 à la reddition du Louvre et des Tuileries. Il s’est distingué par le zèle et l’activité qu’il a déployés près de moi pendant dix jours consécutifs étant attaché à mon état-major. » Signé : Zimmer (voir Zimmer, Joseph), colonel chef de l’état-major de la garde nationale de Paris. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Le colonel faisant fonction de chef d’état-major du général en chef Lafayette se fait un devoir de rendre justice aux sentiments de patriotisme et de dévouement pour la cause nationale qu’a déployés M. Petit, ancien sous-officier au 12e léger, pendant la durée des événements qui ont rétabli nos libertés. J’estime en conséquence qu’il est un de eux qui ont acquis le plus de droits à la bienveillance du prince et à la récompense qu’il sollicite. » Signé, le 6 août 1830 : Feisthamel, colonel d’état-major. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, élèves de l’Ecole polytechnique, commandant les compagnies des braves citoyens qui, le 29 au matin, se sont formés en colonne sur la place de l’Odéon pour se porter sur la caserne des Suisses rue de Babylone et s’en rendre maîtres, certifions à qui il appartiendra que M. Petit, ancien sous-officier au 12e léger, est un des citoyens qui avec sa troupe occupaient déjà le Louvre et les Tuileries au moment où nous y arrivâmes ; que c’est d’après son zèle et au milieu du péril que nous avons fait cesser le feu qui déjà se dirigeait sur le château, ignorant entièrement que nos frères de la journée du 29 nous y avaient précédés. Certifions en outre que M. Petit depuis le 29 au soir jusqu’au jour de la transfération de l’état-major général la rue du Mont-Blanc, n’a cessé s’y soutenir sa constance patriotique pour le triomphe de la cause de la liberté et de l’ordre public. » Signé, le 20 août 1830 : Delannoy (voir ce nom), élève de l’Ecole polytechnique, commandant la colonne ; Durandy (voir ce nom), élève de l’Ecole polytechnique ; Lagarde, Denis (voir Lagarde, Florentin, Marie, Servais, Denis), élève de l’Ecole polytechnique ; Lefrançois, élève de l’Ecole polytechnique ; Boulanger, élève de l’Ecole polytechnique ; Joffrès, avocat, commandant une division. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie qu’en vertu des ordres de M. le général en chef et de M. Las Cases, M. Petit a été chargé de différentes missions importantes, le 29 juillet, près de MM. Casimir Perier frères et Chardel à la direction générale des Postes, et qu’il s’en est acquitté avec ardeur et célérité. » Signé ; de Faisset, capitaine d’état-major. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, citoyens attachés à l’état-major de M. Le colonel Zimmer, certifions que M. Petit, Jean-Baptiste, ancien sous-officier au 12e léger, est un des premiers d’entre nous qui le 30 juillet au matin ait été employé à l’état-major, attendu qu’il résulte d’un certificat de M. de Faisset que dans la nuit du 29 au 30 il fut employé à différentes missions importantes. Certifions en outre que M. Petit, le 29, n’a pas quitté un seul instant les bureaux de l’état-major, si ce n’est dans la journée du 31 août, qu’il a accompagné le colonel à la Chambre des députés. » Signé : Œuf (voir Œuf La Loubière, Jean-Etienne) ; Francque, avocat ; Marrast, Armand (voir ce nom), homme de lettres ; Clerck (voir Clerck, Antoine), capitaine ; Vaucher, capitaine ; Vallod (voir Vallod, Jacques, Adèle, Théodore) ; Manteau (voir ce nom), électeur ; Mammès ; Barbey (voir Barbey, Théodore) ; Veyrassat (voir ce nom) ; Marion (voir ce nom), capitaine. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Petit, de Troyes, était à l’Hôtel de ville le 30 au matin, quand je suis arrivé près du général Lafayette et que depuis ce temps je l’ai vu constamment occupé à rendre tous les services dont il était capable pour le bien de la patrie. » Signé ; Foy, Alphonse. Le huitième certificat, ainsi rédigé : « M. Petit, ancien sous-officier au 12e léger, officier d’état-major depuis le 29, ayant été par ordre du 1er août chargé de la direction des vivres à délivrer à toutes les troupes en mouvement dans Paris, j’estime en conséquence à quinze mille rations de pain, quinze mille rations de vin les bons signés par lui. Je certifie en outre que ce service s’est fait avec ordre et célérité. » Signé : Pallu, chef du matériel à l’Hôtel de ville. Le neuvième certificat, ainsi rédigé : « C’est avec le sentiment de toute vérité que je m’empresse de rendre justice à la conduite de M. Petit, ancien sous-officier au 12e léger, pour le dévouement qu’il a déployé dans la journée du 29 juillet, aux combats du Louvre et des Tuileries. C’est commandés et encouragés par lui que moi et plusieurs patriotes se sont portés dans l’intérieur du Louvre (par la porte latérale) pour chasser les Suisses. Et ce n’est qu’après leur entière expulsion des Tuileries que sur le soir je me suis séparé de lui et de la troupe qui se rendait à l’Hôtel de ville. » Signé, le 4 mars 1831 : Lebrun, Jules (voir ce nom), nommé sous-lieutenant sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 55e de ligne. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 15 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Les 26 et 27, aux rassemblements du Palais-Royal. Le 28, dans les halles, armé d’un pistolet et se servant alternativement des fusils de ses camarades, il demeura en tirailleur ; à la rue des Lombards, il eut un sabre de cavalerie. Le 29, au Louvre, côté Saint-Germain-l’Auxerrois, aux Tuileries arriva un des premiers dans la salle des maréchaux ; il a empêché de détruire les tableaux ; au sortir, il se rendit à l’Hôtel de ville, où il fit partie de l’état-major du général Lafayette. » Le jury de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 mars 1831, à aucune voix pour la croix, deux voix pour la médaille, cinq voix pour une mention et une voix pour rien. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet en remplacement de sa simple médaille. Il signa en faveur de Baudry, Auguste, Pierre le certificat suivant : « Je certifie avoir vu à l’Hôtel de ville M. Baudry, où il déployait beaucoup de zèle et d’activité. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était chevalier de la Légion d’honneur, Il est l’auteur de l’Histoire de la révolution de 1830, ornée de quarante lithographie par les artistes les plus distingués, parue à Paris, dans plusieurs éditions depuis 1831 jusqu’à 1837. Il s’était marié en 1818 et était père de trois enfants en 1830. Il demeurait 135, rue Saint-Denis en 1831 ; 10, rue de Tournon en 1831 ; 118, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1837. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 27 juillet-2 août 1830 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 112 ; Histoire de la révolution de 1830, ornée de quarante lithographie par les artistes les plus distingués, Petit, décoré de Juillet, chevalier de la Légion d’honneur, lieutenant au corps de la garde municipale de Paris, Paris, chez l’auteur rue de Tournon, n° 10, et Hautecœur-Martinet, Aumont, Chaillou-Potrelle et Dureuil, 1831 ; Histoire de la révolution de 1830, ornée de quarante lithographie par les artistes les plus distingués, Petit, décoré de Juillet, chevalier de la Légion d’honneur, lieutenant au corps de la garde municipale de Paris, Paris, chez l’auteur rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 118, et Bénard, rue de l’Abbaye n° 4, 1837 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le seul nom de Petit) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le seul nom de Petit) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 15 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Baudry, Auguste, Pierre.

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