Petit, Julien
Biographie
Né le 13 novembre 1787 à Paris. Ancien sous-officier des voltigeurs au 34e régiment d’infanterie de ligne, sous l’Empire, congédié sans pension après quinze années de service, il s’établit porteur au marché des Prouvaires. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Le soussigné Julien Petit, ex-sergent au 134e (sic) régiment de ligne, demeurant à Paris, rue de la Chanvrerie, n° 27, a l’honneur de vous exposer qu’il a fait toutes les campagnes en Espagne et en Prusse depuis 1807 jusqu’en 1814, qu’il a été fait prisonnier de guerre et a été réformé en 1814 pour cause de blessures graves, sans pension, retraite ni récompense, et qu’on l’a même privé de la décoration qui lui avait accordée le comte Lemarois, gouverneur de Magdebourg, au moment où son aide-de-camp perdit la vie et allait être dépouillé sans ledit sieur Petit, qui tua son meurtrier ; qu’au siège de Burgos, où il faisait les fonctions de canonnier à la batterie basse et commandait l’obusier de huit pouces, il fut encore marqué par le général Lebreton, commandant le fort. Que, dans les journées mémorables de juillet dernier, il a prouvé que malgré l’injustice du gouvernement, il n’avait pas cessé d’être militaire, français et défenseur de la liberté ; que c’est lui qui, le premier, a monté par-dessus la grille à droite de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois au Louvre et a tué le factionnaire suisse qui en défendait l’entrée et qui a succombé en face le pont des Arts ; qu’il faisait partie de la cohorte ralliée rue des Prouvaires par six élèves de l’Ecole polytechnique ; que du Louvre, ils se sont portés sur les Tuileries, où ils ont essayé de maintenir le bon ordre et d’empêcher le pillage ; enfin, que prévoyant un cernement (lire encerclement), il a engagé ses compagnons d’armes à se rendre au Carrousel, où par cette manœuvre il les a tous préservé du carnage. » Signé, le 11 septembre 1830 : Estion illisible, inspecteur à la halle à la viande ; Vaissière, demeurant 11, rue Mondétour ; Pelagie illisible, demeurant 11, rue Mondétour ; Ganiez illisible, demeurant 11, rue Mondétour ; Dibes ; Husson ; Pellerin « blessé » ; Sellier, Masson ; Raimbault, demeurant 17, rue Mondétour. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin, et son brevet le 18 août 1831. Ne sachant signer, il fit simplement une croix, deux témoins attestant le connaître : Pierre Rivière, commis marchand, demeurant 2, rue du Chevalier-du-Guet, et Théodore Cottin, commis marchand, demeurant 12, rue Perrin-Gosselin. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1834, il sollicita que soit versé un secours « au décoré de Juillet et surtout au vieux soldat ». Le préfet de la Seine donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié et père de quatre enfants (dès 1830, N.D.A.) ; il jouit d’une bonne réputation et l’on dit qu’il s’est présenté un des premiers à l’attaque du Louvre. » Le préfet de police précisa quant à lui : « Sa femme est marchande des quatre-saisons. Ils paraissent être dans une position gênée et sont inscrits au bureau de bienfaisance. On fait l’éloge de la conduite et de la moralité du sieur Petit. » Il reçut cinquante francs de secours en 1834. En 1835, malade depuis sept mois, il sollicita un nouveau secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Connu sous les rapports les plus favorables. Sa position est loin d’être heureuse. Il a quatre enfants en bas âge, dont deux jumeaux. Ses seules ressources consistent dans le produit de son travail comme porteur à la halle et dans ce que gagne sa femme, qui vend des fleurs. Il a été décoré de Juillet pour avoir pénétré l’un des premiers dans le Louvre. » Il obtint quarante francs de secours mais devait mourir avant de les avoir touchés. Sa veuve, Robbe, Madeleine, Emilie, Catherine fut autorisée à les toucher en son nom. Petit demeurait 27, rue de la Chanvrerie de 1824 à 1835. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bourjard ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jubin ; Archives nationales F/1dIII/71 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156.