Peurez, Louis, Bernard
Biographie
« Un jeune homme de Rouen, nommé Louis, Bernard Peurez, s’est fait remarquer le 28 juillet, rue Saint-Martin, au coin de la rue Aubry-le-Boucher. Un ancien militaire, membre de la Légion d’honneur, exhortait ce jeune homme, à qui le courage brillait dans les yeux, de ne point s’exposer trop imprudemment. Il répondait avec fermeté : “ J’étais hier au Palais-Royal et rue Saint-Denis, et tous mes coups de fusil ont porté ; il faut que ceux d’aujourd’hui soient de même.” Il invita son compagnon à venir en avant avec lui, ce que fit volontiers celui-ci voyant son courage. Il voulut se mettre le premier sous une grande porte, et c’est en vain que notre ancien militaire le sollicita de rentrer dans la petite rue qui était à côté de cette porte : “J’ai pour habitude de ne jamais rétrograder ; plutôt cent fois mourir : avançons ; soyez tranquille sur mon sort, la balle qui doit me donner la mort n’est pas encore fondue.” (Paroles de Napoléon.) Et pendant ce temps il continuait à charger et décharger son fusil sur l’ennemi, auquel il tua plusieurs hommes. Dans ce moment, le feu était engagé tellement que les balles tombèrent à ces pieds et sifflèrent plusieurs fois autour de lui ; au bout de quelques instants, l’ennemi, composé de Suisses et de gardes royaux, fit un mouvement rétrograde. Il se mit à courir jusqu’à l’entrée du marché des Innocents : à peine détournait-il la rue que deux gendarmes, qui fuyaient, fondent sur lui. Il couche le premier en joue, le blesse à l’épaule, et le met hors de combat ; le second prend un des pistolets, l’ajuste, mais par bonheur son arme fait long feu. Ce jeune homme, qui s’était déjà armé du sabre de l’autre, court sur son adversaire, et l’étend sur place. » Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 323-324.