Pichon, Jean-Pierre
Biographie
Né le 4 pluviôse an IX (24 janvier 1801) à Issy (bien à Issy dans son acte de naissance ; à Vanves sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; à Issy et à Vanves in Archives nationales F/1dIII/37 à Vanves dans un certificat du maire in Archives de Paris VK3 50 ; à Issy in Archives nationales F/1dIII/38 A) (Seine), fils de Pichon, Jacques, Jean-Baptiste, compagnon maçon, et de Musanger, Marie-Louise, blanchisseuse, son épouse. Ouvrier carrier (mais ouvrier glaisier en 1839 in Archives de Paris VK3 13 et in Archives de Paris VK3 37). Il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche, le 29 juillet. Marié et père de deux enfants en 1830. Il reçut un secours de soixante-dix francs en août et un autre de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fut soigné à la Maison de convalescence de Saint-Cloud, depuis le 29 septembre jusqu’au moins le 6 octobre. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, premièrement d’une blessure par arme à feu à la jambe gauche, de sa partie supérieure et externe vers la partie postérieure et moyenne, à travers les chairs seulement ; guérie avec quelques difficultés et un peu de gêne dans les mouvements. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (il est indiqué par erreur sur son dossier comme 2e classe 1re catégorie, avec une indemnité sur une seule année). Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa le certificat suivant en faveur de Moreau, Pierre, Ferdinand : « Certificat de la conduite courageuse qu’a tenue le sieur Pierre, Ferdinand Moreau, maréchal ferrant, demeurant à Vanves, rue Normande, dans les journées des 26 juillet (soir), 27, 28 et 29, 30 et 31 sous les ordres de M. Vincent, chef du 2e bataillon de la IIIe légion (extra-muros) lequel Moreau par son zèle patriotique à montré les plus grand dévouement pour la cause de la liberté. Le 26 à 7 heures du soir, il apprend qu’il existe à Paris quelques présages d’une révolution. Il part de suite afin de coopérer aux grands événements qui ont suivi cette journée. Le 27, il est retourné à Paris à 5 heures du matin pour suivre les événements de ce jour où il est rentré chez lui à minuit. Le 28, étant reparti à 6 heures du matin, il se rendit place de la Révolution, où il vit une quantité de gardes royaux ; il a suivi leur mouvement jusqu’à l’Hôtel de ville. Là, le feu ayant commencé et se voyant sans arme, il courut chez plusieurs de ses connaissances s’en pouvoir en obtenir. Son courage le porte à désarmer au poste du pont de l’Hôtel-Dieu un soldat du 15e léger. Se trouvant armé, il se rend au nouveau pont d’Arcole, où il s’est battu avec le courage d’un Français. Il est un des sept qui se sont portés en avant jusque de l’autre côté de l’arcade et, là, quatre de ses frères d’armes ont succombé avec honneur. Il s’est retranché derrière le parapet du quai. Un boulet est passé si près de lui qu’il en fut renversé. Ses autres camarades le croyant blessé l’engagèrent à se retirer, il leur répondit Ce n’est rien ! et il resta à son poste. Voyant que le parti de la liberté avait triomphé, il est rentré auprès de sa famille, qui se compose de quatre enfants en bas âge. Le 29, le matin, se disposant à repartir pour Paris, il entend sonner le tocsin et battre la générale. Il se rend sur la place d’armes de Vanves, où il trouve le commandant du bataillon qui l’invite à faire partie des braves qui partaient pour Paris. Son zèle bien connu ne le fit pas balancer un instant. Il se place au premier rang et l’on part. Arrivé à Paris, le bataillon, d’après des avis reçus, se rend à la caserne de Babylone. Là, s’engage une fusillade terrible. On propose de mettre le feu aux portes. Un seau d’essence est apporté ; le susdit Moreau s’en saisit et, malgré le feu nourri des Suisses, il arrose la porte de la rue Plumet de cette essence et y met le feu. Il se retire au poste qui lui était assigné, faisant toujours feu jusqu’à la fin. Le 30, il s’est rendu avec le même bataillon, moins nombreux, à l’état-major général où le commandant reçut l’ordre de se rendre au poste de la barrière d’Enfer pour y attendre les Suisses venant d’Orléans. Il y a passé la journée et la nuit. Le 31, l’ordre est donné de marcher sur Saint-Cloud. Le susdit Moreau ne se lasse pas, il est un des premiers à marcher et à encourager ses frères d’armes de faire cause commune pour le bonheur de la France. On part. Arrivés à Saint-Cloud, plusieurs attaques ont lieu. Il est toujours à son poste. Depuis cette époque, il est resté dans la commune, au sien de sa famille. » En 1834, suite à une demande de secours, la préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Il est père de quatre enfants en bas âge, tous à sa charge et n’a d’autres ressources que le produit de son travail, qu’il est souvent obligé de suspendre à cause des douleurs qu’il ressent de ses blessures. Il est, ainsi que sa femme, d’une conduite exempte de blâme et paraît mériter que le gouvernement s’intéresse à sa position. » Il reçut cent francs de secours, pour cette année-là. Son nom était compris dans une liste de cinq personnes (les autres étant : Peuvrier, Jean-Baptiste ; Moreau, Pierre, Ferdinand ; Jamin, François, Onésime ; Durequ, Jérôme, Victor ; Darras, Louis, Nicolas, Marie) établie en juillet 1839 par le maire de Vanves, de citoyens résidant à Vanves, décorés de juillet 1830 et susceptibles, parce que se trouvant dans une position malheureuse, de bénéficier des récompenses distribuées à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Garde national à la 5e compagnie du 2e bataillon de la IIIe légion, il participa à la répression des journées de juin 1848 et fut blessé d’un coup de baïonnette à la joue gauche, le 24 sur la place Saint-Michel. En 1849, il était ouvrier glaisier et père de six enfants. En 1850, il n’était plus père que de quatre enfants, sa femme était blanchisseuse et il avait à sa charge une grand-mère âgée de soixante-quatorze ans ; les renseignements de police le rapportèrent comme « bien représenté ». Il reçut cinquante francs de secours en 1850, à titre de médaillé de Juillet. En 1855, il était père de six enfants, dont trois mariés, et les mêmes renseignements précisaient : « Cet individu a longtemps fait partie de la garde nationale. Il s’est toujours montré zélé défenseur de l’ordre. C’est un honnête homme, un bon père de famille, mais il est enclin à la boisson. » Il avait épousé, à Vanves le 8 avril 1823, Bresson, Victoire, née le 23 ventôse an XI (14 mars 1803) à Issy ; sur l’acte de mariage, Pichon, Jean-Pierre est indiqué comme le fils de feu Pichon, Jacques, Jean-Baptiste, décédé le 20 janvier 1820 à Vanves, et de Musanger, Marie-Louise, demeurant 1, rue Duval à Vanves ; Bresson, Victoire est indiquée comme blanchisseuse, fille de Bresson, Claude, cordonnier, et de Mondoux, Marie, Geneviève, blanchisseuse, demeurant 2, rue Voie-Petite à Vanves. Il demeurait 11, rue Saint-Martin à Vanves en 1830-1831 ; à Vanves en 1839 ; 13, rue Saint-Martin à Vanves en 1849-1850 ; 9, même rue en 1854. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 41 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 45 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 92 ; Archives de Paris VK3 13, lettre en date du 10 juillet 1839 par le maire de Vanves ; Archives de Paris VK3 37, état des décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Moreau, Pierre, Ferdinand ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Pichou, Jean-Pierre ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99.