Pichon, Pierre, Augustin

Biographie


Né le 25 novembre 1797 à La Ferté-Macé (Orne). Homme de loi, diplômé en Droit, ou clerc d’huissier (clerc dhuissier in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe) ou premier clerc de notaire. « Ayant été un des premiers gardes nationaux qui ont pris les armes dans les mémorables journées de Juillet », s’étant « battu sur les boulevards », ayant « aidé à faire des barricades » et ayant participé à la prise de la caserne de la Pépinière, il sollicita auprès de la Commission des récompenses nationales une place de directeur ou économe d’hôpital militaire, ou de garde-magasin, ou un emploi d’agent comptable et la décoration. Sa demande était favorablement apostillée par His, député de l’Orne, qui attestait que « son dévouement à la cause nationale et sa capacité militent en sa faveur » et par le vicomte Lemercier, et le baron Mercier, eux aussi députés de l’Orne, qui affirmaient : « M. Pichon est honnête et loyal et jouit de l’estime de tous ceux qui le connaissent. Il a donné des preuves de courage et de patriotisme dans les jours de combat qui ont illustré la ville de Paris. Il remplirait de manière très satisfaisante sous tous les rapports l’emploi qui lui serait confié. » Peyre, Antoine, Marie (voir ce nom), comme colonel aide-de-camp du général Lafayette, lui délivrait le certificat suivant : « Connaissant M. Pichon depuis longtemps, ayant été témoin de son zèle dans nos célèbres journées, pouvant en outre répondre de sa probité et de sa capacité qui le met à même de remplir dignement les fonctions qui lui seraient confiées. Je le recommande avec instance à mon bon et ancien ami le ministre de la Guerre. » Il joignait à sa demande un certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, gardes nationaux de la Ire légion certifions à qui il appartiendra que le sieur Pichon, rue Saint-Nicolas-d’Antin, n° 40, grenadier du 2e bataillon, Ire légion, est un des premiers gardes nationaux qui ait pris les armes dans la glorieuse semaine de juillet 1830 et que sa conduite mérite les plus grands éloges. » Signé le 16 août 1830 : Bidot, demeurant 3, grand-rue Verte ; Bridet, demeurant 10, Petite-Rue Verte ; Pestre, demeurant 48, rue de la Ville-Lévesque ; Aubertin, demeurant 75, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Château, demeurant 36, rue de Miromesnil ; Trident, demeurant 15, rue du Rocher ; Drapier, demeurant 12, rue des Saussaies ; Henri (voir ce nom), sergent, demeurant 26 rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Bonairmata, demeurant 10, rue de la Paix ; Linné, Julien, demeurant 1, rue Favart ; Bonvallet, demeurant 38, rue Saint-Nicolas ; Daniot, demeurant 12, rue Thiroux ; Lussi, demeurant 44, rue de la Pépinière (numéro illisible) ; Battaille, lieutenant, demeurant rue de la Pépinière ; Roussel, capitaine, demeurant rue de la Pépinière ; Maître-Jean, capitaine, demeurant cité Bergère. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « La conduite de M. Pichon en juillet est louable mais ne saurait nécessiter une distinction honorifique en sa faveur. On pourrait le recommander pour un emploi civil auquel ses études antérieures puissent le rendre propre. » …don, demeurant 15, rue du Rocher, certifia l’avoir vu à la prise de la caserne de la Pépinière et Guillaume, propriétaire, demeurant 22, rue du Rocher, apostilla le certificat de Peyre. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 6 juillet 1831, et son brevet le 24 août de la même année. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 46e régiment d’infanterie de ligne (mais accepta-t-il ?). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1835, ayant « dans toutes les circonstances, […] donné des preuves de dévouement au roi, à son auguste famille et à son gouvernement », sans emploi depuis longtemps et toutes ses ressources épuisées, il sollicita un secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié, sans enfant. Il a été clerc d’huissier ; maintenant il se dit homme d’affaires ; il paraît être sans occupation. On n’a pu parvenir à savoir s’il est réellement décoré de Juillet ; il n’en porte jamais le ruban ; toutefois on croit qu’il a obtenu la médaille. Il fait partie de la garde nationale. Sa conduite est régulière. » Il reçut un secours de quarante francs en 1835. En 1836, les renseignements de police rapportaient à son sujet : « […] On le dit licencié en droit et ancien huissier. Il est maintenant agent d’affaires. Sa position ne paraît pas aisée ; il doit deux termes de loyer. » Et aussi : « Il aurait été nommé commissaire de police à Château-Thierry (en 1831). Il aurait été révoqué deux mois après ; ensuite il aurait acheté dans un département une charge d’huissier, qu’il aurait été obligé de revendre. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1836. En 1837, marié, dans la détresse, se présentant comme « dévoué au roi », il sollicita des secours. Il reçut un secours de cinquante francs en 1838. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il reçut un secours de vingt francs en 1839, et de quarante francs en 1840. En 1841, il se disait « défenseur près des tribunaux » et fut délégué par environ six cents décorés de Juillet, réunis à effet d’adresser à la Chambre des députés une pétition pour obtenir une pension alimentaire en récompense des services rendus en juillet 1830. Il fit parvenir au roi la lettre suivante : « Des combattants décorés de Juillet, au nombre de six cents environ, se trouvant dans le besoin, ont cru devoir s’adresser à la Chambre des députés afin d’obtenir une pension alimentaire en récompense des services rendus à la France en 1830. Deux pétitions à la Chambre en 1840 et 1841 et deux rapports favorables avec renvoi à monsieur le ministre de l’Intérieur n’ont amené aucun résultat satisfaisant. […] Aux démarches nombreuses que nous avons faites en notre qualité de délégués, il nous a été répondu en substance : 1°) Au ministère de l’Intérieur : “Votre demande a été soumise au Conseil ; elle a été rejetée à l’unanimité ; nous ne voulons demander à la Chambre aucun fonds pour vous, il y a un déficit de six cents millions [ce paragraphe était noté comme nayant pu être dit et nayant pas été dit, par l’employé de l’administration qui le lut pour le traiter, N.DA.].” 2°) Par plusieurs députés : “Nous ne pouvons faire de proposition à la Chambre pour augmenter le fonds exigu de secours, malgré notre désir d’adoucir vos souffrances. C’est au ministre à faire cette proposition, elle sera accueillie avec faveur. Les Chambres en 1830 n’ont voté qu’une récompense honorifique pour les combattants non blessés parce qu’elles ont dû penser que le gouvernement nouveau les prendrait sous sa protection bienveillante, les récompenserait par des emplois selon leurs capacités. Ce n’est pas notre faute s’il n’en a pas été ainsi. Le ministère refusant à faire des demandes en votre faveur, il serait convenable que vous fissiez une demande directe au roi, élu par suite de la révolution à laquelle vous avez concouru, investi de tous les avantages attachés à la couronne. Juste, généreux, magnanime, le roi, votre protecteur naturel, s’empressera de redresser les torts dont vous vous plaigniez et comme il ne s’agit que de cent quatre-vingt mille francs par an, il vous accordera sur sa liste civile la modique pension alimentaire que vous sollicitez. [ce paragraphe était noté comme inconvenant, par l’employé de l’administration qui le lut pour le traiter, N.DA.]” Dans cet état de choses, Sire, nous prenons la liberté de nous adresser aux bontés du roi. Nous osons espérer que Sa Majesté daignera venir au secours de six cents combattants décorés de Juillet dans le besoin et nous accordera une pension alimentaire sur sa liste civile. Nore reconnaissance sera profonde, notre dévouement, entier. Nous avons l’honneur, etc. » Sa lettre était signée aussi (pour les noms lisibles) par : Mesure, Léonard, Louis ; Dockendorff, Joseph ; peut-être Thévelin, Charles, Napoléon ; Defrondat, Alfred, Eloy. Il reçut un secours de cent francs en 1841, de cinquante francs en 1842, de vingt-cinq francs en 1843, de quarante francs en 1846. En 1849, il était homme d’affaires. Il reçut un secours de quarante francs en 1849 et en 1850, à titre de médaillé de Juillet, un secours de cinquante puis deux secours de soixante francs en 1851, de cinquante francs en 1853, de la même somme en 1854. En 1855, il était employé à la justice de paix dans le IIe arrondissement. En 1863, le cabinet du préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Ex-élève huissier, il se charge de défendre les intérêts des personnes citées en justice de paix et devant le tribunal de commerce, ce qui lui rapporte cinq francs par jour lorsqu’il a réussi à se procurer des affaires. Sa position est très précaire. On a rien appris de défavorable sur son compte. » Il reçut un secours de quarante francs en 1855, de la même somme en 1856, puis de quarante francs chaque année entre 1860 et 1869. Il était chasseur à la 4e compagnie du 4e bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Le 22 mai 1829, il avait été conduit à La Force pour banqueroute frauduleuse, mis en liberté par jugement du 2 août suivant. Il demeurait 40, rue Saint-Nicolas-d’Antin en 1830-1831, mais 408, rue Saint-Honoré en 1831 deux fois in Archives nationales F/1dIII/33, in Archives de Paris VD6 92 bordereau etc. et aussi in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe ; mais bien 40, rue Saint-Nicolas-dAntin même référence mais liste des médaillés et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et aussi 40, rue Saint-Nicolas-dAntin in Archives de Paris VD6 91 ; 2, rue de Grétry près des Citadines en 1835-1836 ; 23, rue Rochechouart en 1837 ; 186, rue du Faubourg-Saint-Denis vers 1838 ; 103, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1841-1842 ; 41, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1844 ; 91, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1848 ; 85, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1849 ; 25, ou 85, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1850 ; 109, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1851 ; 15, rue des Messageries en 1851-1854 ; 21, rue des Messageries en 1856 ; 15, rue des Messageries en 1858 ; 151, rue du Faubourg-Saint-Denis de 1860 à 1869. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers et Commission des récompenses nationales, deuxième état de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853.

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