Pichot, Jean-Louis, Désiré

Biographie


Né le 31 mai 1806 (bien le 31 mai 1806 dans son acte de naissance ; mais le 30 mai 1806 in Archives nationales F/1dIII/39 mais bien le 31 mai 1806 in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) à Orléans (Loiret), fils de Pichot, Jean, cordonnier, et de Bretau, Marie, Anne, son épouse. Cordonnier. Il fut blessé par une balle morte à la jambe droite, le 28 juillet rue Saint-Denis, et reçut des coups de crosse à la poitrine le 29 rue Saint-Honoré près du Palais-Royal. Marié et sa femme enceinte, il reçut (sous le nom de Pichaud, Désiré) un secours de soixante-dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 11 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Veilquez, François, Antoine, cordonnier, demeurant 40, rue Saint-Denis ; Chauvelot, Alexandre (voir ce nom), rôtisseur, demeurant 44, rue Saint-Denis ; Karm, Pierre, logeur, demeurant 86, rue Saint-Denis. Ils attestèrent parfaitement connaître Pichot, Jean-Louis, Désiré et savoir qu’il « s’est battu dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier ; que le 28 il a été blessé à la jambe droite rue Saint-Denis et le 29 à la poitrine rue Saint-Honoré près le Palais-Royal ». Il reçut, comme combattant, soixante-quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut un secours de quarante francs, le 16 août 1830, un secours de vingt francs, le 7 septembre, un secours de quarante francs, le 21 septembre, un secours de cinquante francs, le 13 octobre, un secours, définitif, de cinquante francs, le 29 décembre, un secours de quarante francs, le 14 février 1831, un secours de quarante francs, le 28 mars, un secours de cinquante francs, le 19 mai, un secours de cinquante francs, le 2 juin, un secours de cinquante francs, le 28 juin, un secours de cinquante francs, le 1er août, un secours de cinquante francs, le 10 septembre, un secours de deux cent vingt francs, le 25 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 28 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, premièrement d’une blessure par balle morte à la partie antérieure et inférieure de la jambe droite, guérie sans infirmité. Deuxièmement, d’un coup de crosse de fusil dans la poitrine, par suite duquel une suppuration se serait formée dans le poumon, ce dont il a justifié en expectorant devant nous une matière purulente, circonstance qui, si elle peut être attribuée au coup de crosse qu’il a reçu, doit le faire placer dans la sixième classe des blessés. » Il fut admis dans la 6e classe des blessés et fut pensionné de six cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il comparut, le 14 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Chartier, Jean-Baptiste, Augustin et savoir « que ledit Chartier a été le 29 juillet dernier blessé à la tête d’un coup de crosse de fusil en combattant contre la garde royale, rue Saint-Honoré, pour la cause de la liberté ». Il signa un certificat de notoriété en faveur de en faveur de Durand, Louis, Siméon, comme quoi ce dernier s’était battu et avait été blessé le 29 juillet dans la rue de Rohan (sur ce certificat seuls ces prénoms apparaissent). Il reçut, en tant que blessé mais non décoré, un secours de cinquante francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il fit partie d’une délégation de décorés de Juillet (vers 1846), qui se plaignirent que, quoique pauvres, ils n’avaient reçu aucun don à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Cette délégation fit parvenir au roi la lettre suivante (dont nous avons tenté de rétablir le sens et l’orthographe défaillants, N.D.A.)

« A Sa Majesté, le roi des Français,

»Sire,

»Messieurs les décorés de Juillet se font l’honneur de déposer aux pieds de Votre Auguste Personne leurs hommages et leurs souvenirs. Dans ce jour louable où nos bras et nos cœurs ont fait triompher la sainte cause populaire, nous venons de nouveau déposer dans le sein de Votre Auguste Personne et Famille notre honneur et nos serments. Nous, Sire, qui tant de souvenirs de Votre Auguste Personne ont de longtemps versé dans la coupe du malheur et de l’infortune le ruisseau du bienfait, nous venons déposer dans le cœur du père de la patrie, nos souffrances, nos privations et nos manques de travaux. Car si juillet est un jour de gloire, serait-il pour nous un jour de souffrance et de misère de plus ? non, Sire, votre âme et votre cœur généreux ne pourront souffrir que les triomphateurs d’une cause si belle et si juste soient à la poignée (sic) de la misère et de la souffrance. Sire, le trône de Juillet sur lequel sont placés Votre Personne Auguste et vos généreux enfants est l’arche sainte du peuple français, sur lequel l’âme et le cœur du roi brillent de la douceur et du feu de la liberté. Mal à qui y pense et malheur à qui y touche. Sire, ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire, seraient-il oubliés par vous. Laisserait-on ces généreux enfants mourir de misère et de faim. Votre âme est trop belle pour nous priver de notre belle patrie. Car la patrie à l’ouvrier laisse le travail, c’est là son honneur ! Nous qui sommes des hommes de famille, nous qui sommes les héros de Juillet et le soutien de la monarchie présente et à venir, nous sommes pauvres, nous n’avons pu faire aucune économie cet été, par le manque de travaux, les substances chères, les loyers d’une cherté colossale et sans remise. Voilà la misère de ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire. Sire, nous avons l’espérance que nos cris de détresse seront entendus par Votre Auguste Personne et généreux enfants et que le père de la patrie n’oubliera pas les héros de Juillet, que notre recommandation et supplique ne sera pas oubliée, que votre faveur y fera droit et justice. Vive le roi et la sainte cause de notre liberté. » (Voir la liste des signataires à Blanchard, Charles). En 1847, père de trois enfants en bas âge, son épouse malade et lui-même atteint d’une tumeur aux glandes lacrymales, il sollicita des secours ; la police donna sur son compte els renseignements suivants : « Gagne environ un franc cinquante par jour en qualité d’ouvrier cordonnier. Il a trois enfants en bas âge à sa charge et se trouve dans une position nécessiteuse. » Il reçut cinq cents francs de secours comme blessé de février et fut détenu pendant douze mois suite à l’insurrection de juin 1848. Il demeurait 86, rue Saint-Denis en 1830-1831 ; (2, place Sainte-Opportune en 1830 sur les listes de la mairie du (ancien) IVe arrondissement in Archives de Paris VD6 288 n° 7 et in Archives nationales F/1dIII/35 A et aussi in Archives nationales F/1dIII/38 A) ; 26, rue du Coulon à Orléans en septembre 1831 sur les listes de la mairie in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 et in Archives nationales F/1dIII/35 B ; 4, rue des Lavandières-Sainte-Opportune en 1837 ; 49, rue Saint-Paul et 100, rue Saint-Antoine en 1847. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 39 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 44 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 113 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des blessés de la 6e classe de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 102 ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, mairie du (ancien) VIe arrondissement, Etat nominatif des décorés de la médaille de Juillet qui sont pensionnés, Année 1837, Etat des décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui sont venus se faire inscrire pour participer s’il y a lieu à la gratification qui pourrait être accordée à l’occasion des fêtes de Juillet (son nom est apostillé de la mention Na pas droit ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés pensionnaires), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Pichot, Désiré), et état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de trente-deux blessés) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chartier, Jean-Baptiste, Augustin, F/1dIII/54 in dossier Durand, Louis, Siméon, F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, blessés de 6e classe.

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