Pinet, Charles, Philippe

Biographie


Né le 27 avril 1802 à Paris. Homme de lettres ou avocat. Dans une lettre adressée, le 3 septembre 1830, à la Commission des récompenses nationales, il donnait le récit suivant de sa participation aux combats : « Le 27 juillet dernier, j’étais rue Saint-Honoré au moment où la garde royale fit feu sur le peuple pour la première fois. J’étais sans arme et ne pus répondre que par des pierres à une agression aussi injuste. Nous transportâmes vers les 6 heures le cadavre d’un des nôtres sur la place de la Bourse, d’où, la gendarmerie ayant tenté de nous chasser, nous la refoulâmes dans le corps de garde. Elle s’en échappa bientôt quand nous y mettions le feu. Le 28 au matin, vers 10 heures, je me rendis au parvis Notre-Dame, où nous nous trouvâmes au nombre de trente environ. Nous n’étions pour la plupart armés que de sabres, quelques-uns avaient des fusils. Nous entrâmes dix environ dans les tours de Notre-Dame, où je fus le premier à sonner le tocsin. Les personnes qui s’y trouvaient avec moi me reconnaîtraient si je connaissais leurs noms et leurs adresses. A 11 heures et demie, le drapeau tricolore était planté sur les tours et après avoir laissé quelques-uns des nôtres pour continuer à sonner le tocsin, notre petite troupe se mit en marche et traversa le pont d’Arcole pour se rendre à l’Hôtel de ville. Vers midi, la troupe déboucha par le quai Pelletier et fit feu sur nous. Nous étions deux mille environ sur la place de Grève. Tout Paris sait ce qui se passa dans cette journée mémorable. A 5 heures du soir, je me trouvai au bas de la rue de la Harpe, où ayant rencontré une de mes amis, Papu, étudiant en médecine, je me décidai à me joindre au groupe armé qui se formait. Nous étions trente environ. Un ancien officier, sorti de Sainte-Pélagie la veille, nous commandait. Nous partîmes pour nous diriger vers la Grève, où nous arrivâmes par le quai Pelletier. Là, nous fîmes notre décharge. On nous répondit des fenêtres de l’Hôtel de ville et plusieurs des nôtres tombèrent, entre autres l’infortuné Papu, dont j’ai annoncé la mort dans le National du 5 août. Notre commandant fut blessé au côté droit. Forcés de nous retirer, il était 6 heures du soir. Nous nous plaçâmes sur le pont au Change, d’où nous vîmes bientôt arriver par les quais un détachement de Suisses, suivi d’un autre détachement de cuirassiers. Après avoir fait feu, la troupe remonta jusqu’au pont Saint-Michel, d’où un feu nourri l’obligea de rétrograder par les quais vers le Pont-Neuf. A son second passage, nous tirâmes encore et plusieurs Suisses tombèrent frappés sur la place du Châtelet. Nous enlevâmes un Suisse qui n’était que blessé et que nous portâmes chez un apothicaire derrière la place. Il nous apprit que son régiment venait de Charleroi et qu’il n’était à Paris que depuis deux heures. Le 29, j’étais à 11 heures place de l’Odéon. Les Ecoles de droit, de médecine et l’Ecole polytechnique s’y étaient donné rendez-vous. J’eus l’honneur de commander un détachement et nous partîmes au nombre de trois mille avec une pièce de canon et commandés par M. Massot (ou Massol ou Manal illisible) de l’Ecole polytechnique, que nous avions nommé notre général, pour nous rendre à la caserne des Suisses rue de Babylone. Après une attaque qui dura plus d’une heure, nous prîmes possession de la caserne et notre général me reconnaîtra au besoin pour attester que j’étais au plus fort du danger. J’eus le bonheur de ne recevoir aucune blessure mais comme j’ai rempli mes devoirs de citoyen dans toute l’acceptation du mot, je ne renonce pas à ma part de gloire de ces trois jours, qui nous ont rendu notre indépendance. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il signa le certificat suivant en faveur de Crespel, Henry : « J’atteste avoir vu le sieur Crespel combattre sur la place de Grève le 28 juillet 1830. » Il reçut sa médaille le 11 juillet 1831, et son brevet le 13 septembre de la même année (apparemment sous le nom de Pinel, Charles, Philippe in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe et in Archives de la préfecture de police AA 381). Il signa (il semble signer Pinel), en 1831, le certificat suivant en faveur de Samain, François, Joseph, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, déclarons que le récit suivant est conforme à la vérité, ayant été témoins du courage et patriotisme déployés par François Samain, tailleur, demeurant rue Saint-Honoré n° 199, pendant les trois journées mémorables. Le 27 juillet, François Samain se trouvait à la tête d’un groupe assez nombreux qui s’était formé dans le jardin du Palais-Royal et qui fut refoulé par la gendarmerie et la garde royale sous la galerie d’Orléans, d’où l’on fut bientôt obligé de gagner la rue Saint-Honoré. Vers midi, la troupe stationna sur la place du Palais et les premières pierres qui furent lancées contre la troupe l’ont été par lui. La troupe riposta par une fusillade, le peuple par des pierres et cette lutte inégale dura toute la journée. Un capitaine de gendarmerie qui refoulait le peuple à coups de sabre fut renversé de son cheval par un éclat de pavé que lui lança sur la tête François Samain au coin de la rue du Chatre. A minuit le rassemblement des citoyens n’était pas dissipé, Samain à la tête d’un groupe commença à faire arracher les enseignes royales qui se trouvaient dans la rue Saint-Honoré, depuis le Palais-Royal jusqu’à l’oratoire et cela au milieu des injonctions et des menaces d’un officier de la ligne. Le 28 dès 5 heures du matin, François Samain s’exposa aux premiers coups de fusil tirés par la garde royale sur le peuple. Il resta dans les environs de la place jusqu’à midi. A 1 heure. Il était rue du Roule, aidant à dépaver et barricader la rue. A 2 heures, il rejoignit un corps de volontaires qui passait rue du Coq-Saint-Honoré pour se rendre place des Victoires et qui vint prendre possession du poste des Messageries royales, rue Montmartre. Le 29, il assista à la prise de l’Archevêché, vint ensuite au Louvre, où il combattit avec les braves qui parvinrent à s’en emparer. De retour à la place du Palais-Royal, qui n’avait cessé d’être occupée par les troupes, nous l’avons vu réunir ses efforts à ceux des autres combattants et parvenir, après une demi-heure, à s’en rendre maître. Il fut placé comme factionnaire dans les appartements du duc d’Orléans maintenant Philippe Ier, où il veilla à ce qu’aucun dégât ne fût commis. Il fut ensuite chargé sur les 4 heures d’accompagner la charrette fatale qui transportait vingt-quatre de nos patriotes à la morgue. Il revint au poste du Louvre, commandé par un élève de l’Ecole polytechnique, où il resta jusqu’au vendredi à 5 heures du matin. Nous croyons que la conduite de François Samain mérite l’attention bienveillante du gouvernement. Si l’on accorde une distinction honorifique aux défenseurs de la patrie, nous nous réunissons pour la réclamer en sa faveur auprès de la Commission des récompenses nationales. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il demeurait 38, rue d’Argenteuil en 1830-1831, mais 8, rue Tiquetonne in Archives de Paris VD6 92 bordereau etc. et in Archives nationales F/1dIII/34 et aussi in Archives de Paris VK3 24 dans le registre quil signe et aussi Archives de la préfecture de police AA 381 ; mais bien 38, rue dArgenteuil in Archives nationales F/1dIII/39 et surtout dans la lettre quil envoie et quil signe in Archives de Paris VD6 91 ; in Archives de Paris VK3 50, le courrier pour retirer sa médaille revient de ladresse 38, rue dArgenteuil et repart au 8, rue Tiquetonne, doù il revient aussi) ; rue Neuve-Saint-Honoré en 1833. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3 ; Archives de Paris VD6 91, idem liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 (sous le nom de Pinel, Charles, Philippe) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Pinel, Charles, Philippe) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Crespel, Henry ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Samain, François, Joseph.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.