Pinette, Joseph
Biographie
Né en 1794 à Gand (Belgique). Professeur d’escrime. Il fit deux rapports de sa conduite pendant les combats, dont les mélanges suivants en sont les passages les plus importants « Le mardi 27 juillet, le sieur Pinette se trouvait sur le boulevard Saint-Martin lorsque les lanciers y sont arrivés. N’étant alors armé que d’un poignard et d’une paire de pistolets, il jugea convenable de se retirer chez lui pour s’armer d’un fusil. Arrivé à Bercy, il donna à plusieurs personnes deux fusils, quatre épées et cinq à six fleurets. N’est pas ressorti de son quartier après cette distribution d’armes. Le 28, de très bonne heure, M. Pinette est arrivé armé d’un fusil, rue de la Mortellerie, où une barricade s’élevait ; il se mit au travail. A également formé sur le port au blé une barricade fermant l’entrée d’une des rues arrivant sur ce port. De la rue de la Mortellerie, M. Pinette a tiré sur la Grève une vingtaine de cartouches. A 3 heures et demie, a vu venir du Pont-Marie un corbillard, qui fut abandonné par son conducteur sur le port au blé, peu éloigné de la Grève. De 10 à 11 heures du soir, avec une cinquantaine de personnes, s’est rendu sur la place de la Grève et de là a fait patrouille pendant une heure environ. A midi environ, s’est rendu sur la place de l’Odéon, a rejoint, rue de Grenelle, la colonne qui se dirigeait sur la caserne de Babylone. J’étais sous les ordres de M. Maës, qui commandait le mouvement contre la caserne Babylone ; il m’a vu tirer sur les Suisses jusqu’à leur évacuation. M. Grisier (voir Grisier, Augustin) m’engagea à le suivre aux Tuileries ; j’y fus et de là je parcourus avec lui les Champs-Elysées. Nous avons arrêté la voiture d’un homme qui se disait prince étranger et nous avons reconduit un soldat du 15e, nous n’étions que nous deux. S’est rendu dans les environs de Saint-Cloud, ensuite à Rambouillet. A Senlis, a fait poser un drapeau tricolore. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare et atteste que j’ai vu le sieur Joseph Pinette, professeur d’armes, dans la matinée du 27 juillet dernier, armé et partant pour se joindre aux rassemblements qui se formaient à la place de la Bastille. » Signé, le 10 octobre 1830 : Main…, marchand de vins, demeurant 37, quai de la Rapée. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Pinette, professeur d’escrime, s’est présenté le 29 juillet dernier à la caserne Popincourt, que j’occupais avec les citoyens que j’avais réunis dans les journées des 28 et 29 et qu’il venait de la place de la Bourse pour chercher des armes qu’on lui avait dit être dans la caserne ; comme le 53e l’occupait en ce moment et que les conditions étaient que les soldats conserveraient leurs armes, j’ai fait cette déclaration à M. Pinette ; il s’est retiré sans faire aucune autre instance. » Signé le 14 octobre 1830 : Renette (voir Renette, Albert, Pierre, Marie), capitaine de la VIIIe légion de la garde nationale, commandant des postes du quartier Popincourt dans les journées des 28, 29 et 30 juillet. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Joseph Pinette, professeur d’armes, le 29 juillet dans la matinée, à la caserne de Babylone, tirant des coups de fusil, sous les ordres de M. Maës, commandant, et qu’il a, par sa conduite, contribué à la prise de cette caserne. » Signé, le 15 octobre 1830 : Gatayes, Léon, demeurant 79, rue de l’Université. Le troisième : « J’ai vu M. Pinette, le 29, armé, se dirigeant sur la caserne de Babylone. Ce citoyen m’a accompagné une partie de la nuit du mercredi au jeudi. Il mérite l’attention de la Commission. » Signé : Degournay (voir Degournay, Pierre, Claude, Alexandre) demeurant 31, rue des Fossés-Saint-Germain. Le quatrième : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Joseph Pinette, professeur d’armes, le 29 juillet et qu’il m’a donné une arme et me pria de le suivre à la place de la Bastille et partout où il était nécessaire. J’ai été témoin de son courage pendant les deux journées du 27 et 28. » Signé : Gre…, demeurant 16, rue de Bercy. Le cinquième : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Pinette le 29 juillet se porter aux Tuileries, aux Champs-Elysées et partout où il était nécessaire. J’ai été témoin de son courage. » Signé : Grisier (voir Grisier, Augustin), demeurant 22, cité Bergère. Le sixième : « Le sieur Pinette s’est bien conduit à la caserne de Babylone. Ce brave citoyen a pris une part très active à la prise de cette caserne et mérite d’être récompensé. » Signé : Laugier, Adolphe (voir ce nom). Le sixième : « Je certifie que M. Pinette s’est bien comporté à la prise de la caserne de Babylone. » Signé : Maës (voir Maës, Nicolas, Joseph). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, en date du 3 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Révision. Le 28, a engagé plusieurs personnes à le suivre et est allé combattre au port au blé, où il est arrivé vers 10 heures jusqu’à la fin du jour. A vu arriver deux pelotons de la garde jusqu’au coin du marchand de vin ; ils n’ont point passé outre. A combattu à la rue de la Mortellerie et autres endroits environnant la Grève. Le 29 à Babylone, n’est pas entré dans la caserne, revenu au Louvre. » Et en date du 18 avril 1831 : « Le 28, à la Grève, le matin aux barricades de la rue de la Mortellerie et sur les quais ; vers le soir place Baudoyer a combattu jusqu’au soir, quatre-vingts cartouches. Le 29, à Babylone, dix cartouches. Il a donné deux fusils et des armes blanches à ses amis. » Le jury de la Commission des récompenses nationales auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 31 décembre 1830, à cinq voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et aucune voix pour une mention puis, dans sa séance du 3 février 1831, à trois voix pour la croix, trois voix pour la médaille, puis par révision en date du 18 avril 1831, il se prononça à deux voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et deux voix pour une mention. Il fut pourtant décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Dans une lettre pour faire valoir ses propres droits auprès de la Commission des récompenses nationales, Grisier, Augustin précisait que Pinette l’accompagnait le 29 juillet aux Champs-Elysées, quand il avait arrêté la voiture d’un prince étranger, croyant que c’était un ennemi qui fuyait, avoir remis au peuple la personne qui se trouvait dans la voiture et avoir couru après un soldat du 15e qui s’enfuyait, l’avoir saisi et ramené aux Tuileries. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Instructeur des exercices à la baïonnette au gymnase normal militaire, professeur d’escrime au gymnase civil et orthomatique, membre de la Société royale et chevalière de Saint-Michel de la ville de Gand, il est l’auteur de Ecole du tirailleur ou Maniement de la baïonnette appliqué aux exercices et manœuvres de l’infanterie, paru à Paris en 1837 chez Gaultier-Laguionie. Il demeurait 16 bis, rue de Bercy à Bercy en 1830 ; 18, rue de Reims en 1831. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Grisier, Augustin ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 31 décembre 1830, le 3 février 1831 et le 18 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 3 février 1831, en date du 18 avril 1831, idem (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaires de décorations, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet.