Plataret, Victor
Biographie
Né le 4 juin 1806 à Privas (Ardèche), fils de Plataret, Jean-Pierre, drapier ou fabricant de petites étoffes, et de Sibleyras, Susanne, son épouse. Teinturier ou ouvrier en soie, venant de finir son apprentissage chez Amares ou Amery, 2, rue du Figuier-Saint-Paul. Armé d’un fusil de munition et d’un pistolet à piston, il se battit dès le 27 juillet. Il fut blessé d’une balle reçue dans l’estomac, au coin de la rue Planche-Mibray en face du pont Notre-Dame le 28 vers 14 heures ; transporté 33, rue de la Vannerie, il mourut entre 11 heures et minuit des suites de sa blessure. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Luzeret, François (voir ce nom) signa le certificat suivant, qui donnait des indications sur la mort de Plataret : « Je, soussigné, François Luzeret, natif de Bayonne, menuisier, demeurant à Paris, rue de la Vannerie n° 40, chez M. Pinel, déclare que, le 28 juillet dernier, me trouvant de 1 heure à 2 heures à faire le coup de fusil à côté d’un jeune homme, au coin de la rue Planche-Mibray, en face du pont Notre-Dame, voyant qu’il perdait son sang, je luis dis qu’il était blessé. Je le conduisis rue de la Vannerie n° 33, au con de la rue des ... illisible, il avait un pistolet à piston et son fusil, qu’il eut la force de porter. Nous entrâmes chez la dame Leblanc, où il fut mis sur un lit. Il était blessé par une balle, près du nombril. Il me dit de lui procurer un docteur et d’aller chercher ses parents. Il dit s’appeler Victor Plataret, natif de Privas (Ardèche), teinturier chez M. Amery illisible, rue du Figuier-Saint-Paul n° 2. Il voulait voir son frère, rue Pavé au Marais n° 9, et son parrain [nommé aussi Plataret et qui était aussi son neveu, N.D.A.], rue Mandar n° 10, mais ne pouvant passer et sortir du quartier, on ne put que le panser et lui donner de l’eau. Il mourut, ayant perdu presque tout son sang, vers les 11 heures ou minuit. Ses parents vinrent le prendre le lendemain matin aussitôt qu’ils en eurent connaissance. Telle est l’exacte vérité, qui peut être au besoin attestée par plusieurs autres personnes. Entre autres par le sieur Menetrier illisible qui a illisible son fusil, le commissionnaire de la maison, à qui on donna son habit et sa casquette, son pistolet à piston je le remis à l’instant à un jeune homme qui le demanda. » Signé, le 2 août 1830 : Luzeret, François, menuisier. Le certificat médical suivant constatait les circonstances de son décès : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que je me suis transporté sur le mandat du maire du (ancien) VIIe arrondissement, au domicile de M. Plataret, rue Pavé n° 9, le 29 juillet 1830 et que j’ y ai constaté la mort de monsieur son frère, Victor Plataret. Il avait été frappé d’un coup de feu au centre de l’épigastre, la balle avait pénétré dans l’estomac et l’ouverture donnait issue aux aliments. » Signé, le 11 septembre 1830 : ...aubert, médecin. Le 24 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Saugé, Armand, Victor, Théophile, fabricant de bonneterie, demeurant 1, rue Pavé au Marais ; Savarin, Jean-Jacques, Alexandre, menuisier, demeurant 1, rue Pavé au Marais ; Boibien, Pierre, marchand de vin, demeurant 17, rue Pavé au Marais. Ils attestèrent, sur la réquisition de Plataret, Jean-Louis, filateur de coton, demeurant 7-9, rue Pavé au Marais, avoir parfaitement connu Plataret, Victor et « savoir que le mercredi 28 juillet dernier ledit sieur Plataret s’est battu sur la place de l’Hôtel-de-Ville ; qu’il y a reçu une balle à la poitrine vers les 2 heures du soir ; qu’il a été transporté dans une maison rue de la Vannerie, où il est mort dans la nuit, des suites de sa blessure ». Ses parents, Plataret, Jean-Pierre, né le 1er mai 1770 à Villeneuve commune de Coux (Ardèche) (lui-même fils de Plataret, Pierre et de Besson, Marguerite), et Sibleyras (bien Sibleyras, Susanne dans son acte de naissance ; mais Sybleiras in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet), Suzanne, née le 9 septembre 1776 à Mayneuf paroisse de Coux (Ardèche), présentèrent un certificat délivré, en date du 29 novembre 1830, par le maire de Privas, attestant qu’ils jouissaient « de la considération et de l’estime générales ; Plataret est le plus ancien sergent de notre garde nationale et l’un de ses membres les plus zélés. Certifions également qu’ils ne possèdent d’autre fortune que le fruit de leur travail. La faiblesse de la vue du sieur Plataret, résultat de ses anciennes blessures et fatigues militaires et la mauvaise santé de sa femme rendent souvent leur travail d’un faible produit. La mort du jeune Victor Plataret, leur fils, les réduit à la plus déplorable situation. Il fournissait à leurs besoins, il était à la veille de venir s’établir près d’eux pour être leur soutien […]. Personne n’a plus de besoin, plus de droits ni ne mérite mieux qu’eux les récompenses nationales qu’une telle mort doit leur faire accorder. Plataret père est un ancien militaire ; déjà en l’an II de la république il était enrôlé volontaire dans l’un des bataillons de l’Ardèche ; les mémorables batailles de la campagne d’Italie furent témoins de sa bravoure ; retiré sans récompense après huit ans de service, bon père, bon époux, il avait tout sacrifié pour donner un peu d’éducation et un état à son fils ». Le maire précisait aussi que les parents avaient encore deux filles en bas âge. Le père avait été caporal dans la 4e compagnie du 1er bataillon de la 35e demi-brigade de l’armée de Suisse en l’an VI ; il avait fait les campagnes d’Italie, du Pont-de-Lodi, du pont d’Arcole. Ils furent pensionnés de trois cents francs, reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (et peut-être aussi une somme définitive puisque le nom apparaît sur la liste nominative du VIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance). Les parents s’étaient mariés le 8 messidor an IX à Coux ; sur l’acte de mariage, Plataret, Jean-Pierre est indiqué comme le fils de feu Plataret, Pierre et de Besson, Marguerite ; Sibleyras, Suzanne (sic) est indiquée comme la fille de Sibleyras, Jacques et de feue Debos, Jeanne. Plataret, Victor avait été libéré des obligations militaires au tirage au sort de la classe 1826, en obtenant le numéro 107. Le nom de Plataret (V. Plataret) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Plataret demeurait 2, rue du Figuier-Saint-Paul en 1829-1830 ; ses parents, à Chavalon commune de Privas en 1831. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 114 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement p. 103, liste nominative du VIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, liste nominative du VIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des ascendants aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) VIIe arrondissement, ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) VIIe arrondissement (sans indication du motif de l’attribution de la rente) (sous le nom de Plataret, Jean-Pierre) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.