Poignant

Biographie


Etudiant en droit. Il écrivit avec Michaud, bachelier ès lettres, Bellard, étudiant en droit, Menou, principal clerc de notaire et Mineur, étudiant en médecine, dans ces termes, au rédacteur du Journal du commerce : « Monsieur le rédacteur. Il est un de ces trais de courage que nous aurions peut-être été forcés de laisser passer sous silence, si par suite de toutes nos démarches nous ne fussions parvenus à connaître le nom du courageux chef qui nous rallia sur plusieurs points de la capitale, et fit avec une poignée d’hommes armés, des prodiges de valeur. Ralliés par lui sur la place de Grève, il nous conduisit à Notre-Dame, où il arbora le drapeau national, que depuis le matin il portait en écharpe, et fit aussitôt sonner le tocsin ; ce grand moyen lui réussit, et bientôt nous vîmes nos rangs se grossir de plus de 200 hommes armés ; à une heure il nous ramena à l’Hôtel de ville, où l’étendard national fut encore planté par ses ordres. Le calme, le sang-froid, l’attitude imposante qu’il tenait nous répondaient de son courage : toujours sur la place de l’Hôtel de ville, après s’être concerté avec le commandant de la garde nationale, il harangua sa petite armée forte à peine de 300 hommes ; un des passages de son discours ne nous a point échappé, et nous nous plaisons à le rappeler. ”Mes amis, dit-il, Charles IX a fait couler le sang des Français ; par les ordres de Charles X, il coule encore dans les rues de Paris ; nous sommes menacés d’être assassinés, plusieurs traîtres à la patrie l’ont juré mais ils ne nous ont point consultés. Rappelez-vous que rien n’égale le courage des Français. La liberté triomphera ; jurons de vaincre ou mourir pour elle !!!…” A peine ces paroles sublimes furent-elles prononcées, que la garde royale qui débouchait par les quais et le pont au Change se porta sur la place de Grève ; aussitôt notre jeune et intrépide commandant nous fit battre la charge ; nous courûmes sur l’ennemi supérieur en nombre, à qui notre feu bien nourri fit éprouver de grandes pertes. (Notre chef nous avait distribué 500 cartouches.) Pourtant il fallut battre en retraite, mais elle fut soutenue par nos tirailleurs répandus dans des allées et au coin des rues, et la garde qui nous harcelait par ses feux de pelotons éprouva encore beaucoup de mal. Dans cette action, qui durant au moins une heure, nous avons eu à déplorer la perte de plusieurs de nos bons amis. Notre chef, que d’abord nous avions cru blessé, n’a reçu qu’une balle qui a traversé son pantalon, sans qu’il fût atteint. Nous continuâmes nos marches, et ce ne fut que le soir que nous nous séparâmes pour prendre du repos, notre chef nous laissant toujours ignorer son nom. Une telle conduite de la part de cet intrépide et courageux défenseur de notre liberté, à la restauration de laquelle il vient de contribuer aussi, nous impose le devoir respectueux de dévoiler sa modestie et de la signaler à la reconnaissance nationale, et son nom, Petitjean, rue de l’Echiquier, n° 30, aura sa place dans notre histoire. (On dit qu’il appartient au barreau de Paris.) Nous n’avons pas besoin de vous prier de consacrer à notre lettre quelques lignes dans votre journal, les efforts de notre chef, en contribuant aux succès d’une restauration nouvelle, ont aussi contribué au rétablissement de la liberté de la presse. Nous avons d’honneur d’être, etc. » Le Journal du commerce, 2 août 1830.

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