Poignant, Marie, Joseph
Biographie
Né le 29 octobre 1804 à Paris. Employé des postes. Il travailla aux barricades pendant les journées de Juillet. Il mourut le 9 février 1831 (mais le 9 janvier 1831 in Archives nationales F/1dIII/38 A) d’une pneumonie. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le certificat médical suivant constatait les circonstances de sa maladie puis de son décès : « Je, soussigné, élève en médecine de la faculté de Paris, certifie que M. Poignant, Marie, Joseph, domicilié rue des Fossés-Saint- Jacques n° 9, m’a appelé pour lui donner des soins et que j’ai reconnu, après examen, une inflammation de la membrane muqueuse du poumon, avec expectoration abondante de sang. Je dus alors m’appliquer à faire cesser ces symptômes et ce n’est qu’avec peine que je parvins à me rendre maître de l’hémorragie pulmonaire. L’inflammation de la membrane muqueuse du poumon persistait lorsque le malade fut pris d’une gastro-entérite intense. La maladie se compliquant, j’eus recours aux lumières de M. Legueule, docteur en médecine de la faculté de Paris, rue du Monceau-Saint-Gervais n° 9, qui, après avoir interrogé le malade, pensa que l’inflammation des poumons s’était portée sur le tube digestif et avait donné lieu à la nouvelle maladie. Cependant, malgré un traitement méthodique, nous n’avons jamais pu nous rendre maître entièrement de l’inflammation et quoique le malade semblait devoir entrer en convalescence, que quelques aliments lui avaient été permis, que même il faisait quelques tours de promenade dans sa chambre, il rechuta de nouveau. Le parenchyme du poumon s’enflamma, une vaste péripneumonie se déclara, la résolution n’ayant pu s’opérer, le malade succomba à tant de secousses. Le 30 juillet, époque à laquelle je fus appelé, je reconnus que M. Poignant, Joseph, Marie (sic), d’une santé faible et délicate déjà, avait gagné son hémoptysie dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; que la trop grande part qu’il avait prise aux combats et à la formation des barricades était la cause évidente de sa maladie, dont les autres n’ont été que le résultat. On peut donc dire hardiment que le malade est mort des suites de sa maladie, gagnée aux événements de juillet 1830. » Signé, le 16 février 1831 : Beaufort, P., A. (voir Beaufort, Paul, Arthaud), demeurant 25, quai Saint-Michel. Le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Prévot, Louis, né vers 1789, tailleur, demeurant 26, rue des Fossés-Saint-Jacques ; Vabois, Laurent, Jules, né vers 1804, marchand papetier, demeurant 11, rue des Fossés-Saint- Jacques ; Toussaint, Rémy, Parfait, né vers 1793, pâtissier, demeurant 5, rue des Fossés-Saint- Jacques ; Lacroix, Joseph, né vers 1783, serrurier, demeurant 3, rue des Fossés-Saint- Jacques. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Poignant, Marie, Joseph et « savoir que le dit sieur Poignant a travaillé aux barricades pendant les journées de juillet dernier avec tant d’ardeur qu’il lui en est résulté un crachement de sang et une grave maladie, à laquelle il a succombé le 8 février dernier ». Il laissait une veuve, Carrière, Elisabeth, Lucile, née le 18 novembre 1806 à Chatillon (Loiret) (elle-même fille de Carrière, Claude, Elisabeth, marchand, et de Simonnet, Madeleine, son épouse), qu’il avait épousée le 16 juin 1828 à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement de Paris, et deux filles, toutes deux nées à Paris, Estelle, Eugénie, le 5 mars 1829, et Marie, Lucile, le 27 juin 1830. Le jury de la Commission des récompenses nationales refusa les demandes de pension, considérant le décès comme non dû à des blessures reçues pendant les événements de Juillet. Il demeurait 9, rue des Fossés-Saint-Jacques en 1831 ; sa veuve, 34, rue des Dames aux Batignolles en 1831. Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement), idem (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/72.