Pont, Barthélemy
Biographie
Né le 3 avril 1810, fils d’un ancien militaire, à Cahors (le 4 avril 1810 à Cahors in Archives de Paris VD6 633 n° 1 mais bien le 3 avril 1810 in Archives nationales F/1dIII/39) (Lot). Ancien élève du collège de Cahors, où selon le proviseur il tint pendant neuf années une conduite « toujours irréprochable » et obtint des succès « notamment dans les cours de rhétorique et de physique », bachelier ès lettres, répétiteur pendant quatre années à ce collège, puis attaché au collège de Mezin pendant l’année scolaire 1828-1829 en qualité de régent provisoire de 6e et 7e, employé dans l’institution de Dangréaux, 16, rue de Ponthieu, en 1830. Il fut blessé à la nuque, à la tête et à la main. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, déclarons que le sieur Pont, Barthélemy a été pansé chez M. Commandeur, rue des Brodeurs, n° 7 (où était établie une ambulance) le 29 juillet 1830 à 11 heures du matin, pour deux blessures, l’une au cou l’autre à la tête, blessures qu’il venait de recevoir rue Plumet devant la caserne de Babylone. Certifions en outre que ledit sieur Pont est revenu au feu aussitôt après son pansement et qu’après la prise de la caserne il est revenu blessé à la main droite et à l’index de cette main. » Signé le 4 septembre 1830 : Hubert, demeurant 4, rue des Brodeurs ; Commandeur, caporal de la 3e compagnie du 2e bataillon de la Xe légion de la garde nationale ; Elisabeth, Paysan, demeurant 7, rue des Brodeurs. Et du certificat médical suivant, signé le 4 septembre 1830, par le docteur Vila : « Je, soussigné, docteur chirurgien major du 3e de l’ex-garde déclare avoir soigné le sieur Pont, Barthélemy : 1°) pour une plaie externe à la partie supérieure de la nuque, plaie qui paraît être l’effet d’un corps contondant, comme une balle de fusil ; cette blessure avait un air dangereux. 2°) pour une forte contusion avec légère déchirure au cuir chevelu (tête occiput), ce qui paraissait être aussi l’effet d’une balle ; ces deux blessures sont horizontales. 3°) pour une blessure à la main droite, dont il a fallu amputer la première phalange de l’index. » D’autres certificats établissaient ainsi la conduite qu’il avait tenue. Le premier : « Nous, soussignés, demeurant rue Traverse près la caserne de Babylone, déclarons que le sieur Pont, Barthélemy, blessé, a conduit de la caserne de Babylone chez M. Malcuit, rue Traverse n° 17, le 29 juillet au matin, un Suisse (sapeur) malgré le peuple exaspéré, que ce jeune homme a su calmer. C’est à lui que ce sapeur doit non seulement (peut-être) la conservation de ses jours mais encore celle de ses effets, moins ses épaulettes qu’il a données à M. Pont comme une marque de reconnaissance. » Signé, le 4 septembre 1830 : Vitorne ; Allée, demeurant 17, rue Traverse ; Lebel ; Malcuit, ouvrier en glaces, demeurant 17, rue Traverse. Le deuxième : « Nous, gardes nationaux soussignés, déclarons que le sieur Pont, Barthélemy, malgré les souffrances que devaient nécessairement lui faire éprouver ses blessures, n’a point abandonné le poste que nous avions pris à la barrière de l’Etoile, dans la nuit du vendredi au samedi (29 et 30 juillet). Déclarons en outre que le sieur Pont n’a quitté les armes que le jeudi 5 août, pour rentrer dans la pension Dangréaux, rue de Ponthieu n° 16, où il était et où il est employé. » Signé, le 4 septembre 1830 : Ducange illisible, chasseur au 4e bataillon de la Ire légion ; Barreau illisible, grenadier au 4e bataillon de la Ire légion ; Mimé illisible, caporal au 4e bataillon de la Ire légion ; Beaulieu, sergent-major de grenadiers au 4e bataillon de la Ire légion ; Aubreur, caporal au 4e bataillon de la Ire légion ; Halley illisible, fourrier des grenadiers au 4e bataillon de la Ire légion ; Mittiolte illisible, sous-lieutenant de grenadiers au 4e bataillon de la Ire légion. Il reçut (sous le seul nom de Pont) un secours de trente francs le 15 août 1830 auprès de la Commission de secours de la mairie du (ancien) Ier arrondissement puis un secours de cent francs en novembre et un secours de cent cinquante francs en avril 1831 (soit au total deux cent cinquante francs) de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il sollicita d’entre comme censeur au collège de Cahors, afin de se rapprocher de son père. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Dans sa séance du 8 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, laissait à son sujet l’information qu’il avait été oublié. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. En mai 1831, il était régent de 5e au collège de Saint-Etienne (Haute-Loire). Nommé sous-lieutenant le 14 mai 1831 et sur proposition de la Commission des récompenses nationales, affecté au 40e régiment, en garnison à Bourg en 1831, il sollicita son indemnité de première mise en équipement. Il donna, le 12 août 1831 devant notaire, procuration à Beaulieu, limonadier, 4, rond-point des Champs-Elysées pour retirer en son nom sa croix et son brevet. Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière, ainsi que le brevet qui l’accompagnait, le 8 octobre 1831 à la mairie de la ville de Belley (Ain) ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il donna alors procuration pour retirer croix et brevet au colonel de son régiment, de Morlaincourt. Il signa, comme professeur et blessé de juillet, un certificat en faveur de Gagné, Jean-Louis, pour attester la part que ce dernier avait prise dans les combats de la prise de la caserne de la rue Verte, des Ecuries du roi, et des patrouilles qu’il avait fait ensuite à la barrière de l’Etoile et jusqu’à Neuilly et les portes du bois de Boulogne. Il fut le fondateur et rédacteur au Haro, journal républicain publié à Caen (Calvados) et supprimé en décembre 1851. Il collabora aussi à l’Eclaireur « petit journal hebdomadaire qui parut à Caen du 27 septembre 1857 au 8 janvier 1858 » selon Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, 3e série, 8e volume, séance publique du 21 décembre 1869, p. LXXX, Paris, chez Derache, 1871. Il est l’auteur d’une Histoire de la ville de Caen. Ses origines. Caen sous les ducs de Normandie, 2 vol. 1865, Caen, Alliot et Cie. Pont demeurait 16, rue de Ponthieu (dans le courrier qu’il signe par exemple in Archives de Paris VK3 50 et qui est, vérifié dans l’Almanach, l’adresse de l’institution où il travaille) (très souvent mais par erreur 18, rue de Ponthieu) en 1830-1831 (8, rue de Ponthieu in Archives de Paris VD6 92 mais une seule fois dans la même référence il y a bien aussi 18, rue de Ponthieu, sur les listes et surtout 18, rue de Ponthieu in Archives nationales F/1dIII/39 ; 6, rue de Ponthieu aussi soit in Archives nationales F/1dIII/34 soit in Archives de Paris VD6 92 je ne sais plus). Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Journal officiel militaire, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 722 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 92 in dossier Gagné, Jean-Louis, idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, Etat des citoyens décorés de la Croix de Juillet, dont la décoration n’a pas encore été retirée, prestations de serment et autorisations de retirer des brevets, reçus de brevets (deux feuillets), correspondance générale, demandes de décorations et médailles, idem liste des décorés qui n’ont pas retiré leurs croix ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates ; Archives de Paris VK3 29, séance du 8 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Catalogue général de la librairie française pendant vingt-cinq ans (1840-1865), Lorenz, Otto, libraire, Paris, 1871, chez Lorenz libraire-éditeur, volume 4, p. 111. On trouve dans Maitron la notice biographique suivante : « Rédacteur en chef du Haro, journal de Caen (Calvados), à tendances républicaines et socialistes sous la monarchie de Juillet. Le Haro accueillait dans ses colonnes des articles sur la situation des ouvriers, des enquêtes sur leur logement, leur habillement, leurs salaires, leur budget de dépense annuelle, sur les conditions générales d’existence de la classe ouvrière et sur sa répartition en groupes. Les grèves étaient mentionnées ou décrites avec bienveillance. Parfois elles étaient prévues et semblaient être encouragées. Ce qui donne de la consistance à l’accusation suivante formulée par le procureur général de Caen dans une lettre du 23 juin 1846 au garde des Sceaux : “Avant-hier, dimanche, une réunion d’ouvriers charpentiers a eu lieu près l’abbaye d’Ardennes, à une lieue de Caen, de 9 à 10 heures du matin. La convocation avait eu lieu par lettres. Quarante ouvriers environ ont répondu à l’appel. Il paraît avoir été convenu dans cette réunion qu’une pétition serait présentée à l’administration pour obtenir une augmentation de salaire. Le rédacteur en chef du Haro, le sieur Pont, paraît avoir été choisi pour organe de cette réclamation.” SOURCE : Archives nationales, BB 18/1444, dossier 2280. »