Pontaillier, Etienne, Hippolyte
Biographie
Né vers 1786 à Saint-Martin-sur-Ocre (Yonne). Capitaine en disponibilité. Il s’illustra au pont d’Arcole. Il fut blessé d’un coup de lance au bras gauche et d’une balle reçue à la jambe gauche. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Journée du 29 juillet 1830. Les soussignés Louis Perrier et autres attestons que le 29 juillet dernier, je me trouvai à la barrière de l’Etoile avec M. Pontaillier. Nous descendîmes les Champs-Elysées jusqu’à la place Louis-XV dans le dessein de rejoindre nos postes et nous fûmes témoins de l’ordre qui fut lu à la garde stationnée sur ladite place. Ce fut avec la plus grande peine que nous parvînmes à nous rendre sur le pont Royal et de là rue de l’Université, où nous avons annoncé l’ordre que nous avions entendu donner et que nous dîmes à tous les citoyens qu’il fallait s’armer de courage et casser les pavés et les monter dans les chambres afin que les enfants puissent s’en servir aussi bien que leur père et mère. Voyant que nos conseils illisible sur le peuple, nous nous sommes portés sur différents points et partout nous nous sommes vus les maîtres. Ce n’est qu’à 2 heures un quart que, nous trouvant à ladite barrière de l’Etoile chez M. Perrier où était la garde, que nous avons chassée et depuis nous ne l’avons retrouvée qu’à Saint-Cloud. » Signé, le 30 juin 1831 : Pontaillier, capitaine ; Perrier, Louis, marchand de vin, route de Saint-Cloud, 5, barrière de l’Etoile. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, moi Gabriel Rou... uqe le 28 juillet 1830 j’ai fait la charge que nous a commandée M. Pontaillier sur le pont dit d’Arcole par dix-huit à vingt hommes pour chasser une dizaine de Suisses, dont deux ont été tués. Puis ils ont fait une charge à leur tour. J’ai commandé la retraite mais elle nous a coûté un homme. Sans armes, je suis reparti à 9 heures 10 minutes sur le pont du Mail, où j’ai ordonné de casser les pavés et de les monter ensuite dans les maisons, disant que les enfants pourraient les monter et les jeter par les croisées, chose que tout le monde a fait, ainsi que le bas du faubourg Saint-Jacques a fait, après l’avoir récidivé à plusieurs fois et le faubourg Saint-Germain. Et je puis me flatter de leur avoir donné cette bonne idée puisque tout le monde criait Bravo ! Voyant que mes conseils ainsi que ceux de M. Rousseau influençaient sur le peuple, nous nous sommes porté sur le pont des Arts. C’est de là que je me suis retiré pour prendre quelque chose chez le marchand de vin, rue de Seine, vu que je perdais un peu de sang de la blessure reçue au pont d’Arcole, chose que je n’ai pas voulu avancer, comme un ancien capitaine j’ai craint que cela ne m’empêche de reprendre du service vu que le 5 août j’ai fait partie du 1er régiment de la Charte, comme capitaine, 5e compagnie, 1er bataillon. » Signé, le 30 juin 1831 : Pontaillier ; Gillet, demeurant 85, rue de la Mortellerie ; Roussaud, demeurant rue de Ponthieu. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il signa, le 25 août 1830, le certificat suivant en faveur de Paquot, Nicolas : « Nous, soussignés, certifions que M. Paquot, ancien adjudant sous-officier au 1er régiment des chasseurs de la Meurthe, lors de notre glorieuse révolution, quitta son commerce de marchand, pour participer à notre régénération. Le 28 au désarmement des postes du Petit-Vaugirard, de la barrière du Maine, il lut une proclamation au peuple, tendant à exciter les troupes, à embrasser le parti de la cause nationale, et aux habitants de se joindre aux masses pour défendre la liberté et nos lois constitutionnelles. Le 29, à la prise du Louvre et des Tuileries, ensuite rue Rohan et Saint-Nicaise. Rentré aux Tuileries dans le pavillon Marsan, il fut placé en sauvegarde dans les appartements de madame la duchesse de Berry ; relevé de ce poste, il sut, par son courage et son sang-froid, faire sortir d’un des caveaux où était l’argenterie, des individus qui pillaient et les força à remettre les objets dont ils s’étaient emparés, ensuite ferma la porte et se posa en sentinelle à l’entrée pour empêcher de nouvelles tentatives. Le 30, il fut à Saint-Cloud, le 3 août à Rambouillet. A son retour il vint à Picpus, où se formait le 1er régiment des volontaire de la Charte. Il y fut admis en qualité d’adjudant sous-officier et par suite d’une revue de M. le maréchal de camp Joly, de M. le baron Beauvert sous-intendant militaire, le 15 août à la caserne Picpus, il fut réformé pour n’être pas en harmonie avec le mode de recrutement, resta en dépôt à la barrière de Vincennes dans la caserne de l’ancienne gendarmerie, chargé de la surveillance, de la discipline, de l’ordre et du service. Il fut transféré avec le dépôt dudit régiment à la caserne Babylone d’après une seconde revue. Il fut chargé par M. le maréchal de camp Joli de conduire trois cents réformés à la disposition de monsieur le préfet de la Seine, qui donna l’ordre à M. Paquot de conduire ces hommes aux travaux de secours, qu’il a également empêché que ces hommes ne se joignent aux ouvriers qui cassaient les mécaniques, qu’il a maintenu l’ordre et la tranquillité et rempli ses devoirs avec exactitude ; que nous le connaissons pour un homme d’honneur, un bon citoyen, un brave patriote. » Il demeurait rue et plaine de Grenelle à la barrière de l’Ecole-Militaire ou à Sablonville à la porte Maillot (il y a les deux adresses) en 1831. Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Paquot, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 408.