Possien, Edouard, François

Biographie


Né vers 1807 à Paris. Compositeur d’imprimerie et fabricant d’instruments de mathématiques. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet, un emploi à la Monnaie et un secours provisoire. Il fit parvenir la lettre suivante à cette Commission : « M’étant battu dans les journées de juillet 1830, jusqu’à présent je n’avais pas pensé à me prévaloir d’une chose que j’ai faite sans aucun motif d’intérêt et seulement parce que la cause me paraissait juste et belle. Ce n’est pas non plus par intérêt que je sollicite de vous une décoration que je pense avoir méritée mais par nécessité puisque depuis cette mémorable révolution je suis sans occupation et que cette décoration peut influer beaucoup pour me faire obtenir une place qui me tirerait de la malheureuse position dans laquelle je me trouve. Je suis compositeur ; je travaillais à cette époque chez M. Selligue, maître imprimeur rue des Jeûneurs. J’ai passé toute la journée du mardi sous les charges de la gendarmerie dans la rue Saint-Honoré et celles adjacentes. Le mercredi, je partis armé d’un fusil que me procurai chez M. Moitesssier, doreur, rue de Touraine-Saint-Germain n° 6 et je participai rue Dauphine à la prise d’une voiture chargée de poudre. Je fus rencontré là par M. Lemoine, propriétaire de la maison où je demeurais alors à l’adresse ci-dessus. Je fus alors à la Grève et ne revins chez moi qu’à 8 heures du soir après avoir été tirer quelques coups de fusil sur un bataillon d’infanterie légère embusqué au coin de la rue de l’Echelle. Le lendemain jeudi, je fus au rassemblement que l’on formait à la place de l’Odéon et je partis pour aller à la caserne de Babylone. J’y arrivais par la rue de Mademoiselle et fus longtemps auprès de la pièce de quatre en fer. Je ne quittai pas de la journée un jeune élève de l’Ecole polytechnique nommé Emile Faulquier (voir Faulquier, Jean, Fulcran, Emile), maintenant à l’Ecole d’artillerie à Metz. Je restai sous le feu des Suisses jusqu’à leur évacuation et revins ensuite monter la garde à la mairie du (ancien) XIe arrondissement sous les ordres de M. Coursier (voir Courcier, Amédée, Toussaint), chef du poste en ce temps-là et maintenant capitaine adjudant-major du 3e bataillon, XIe légion. Je la montais le lendemain à l’Hôtel de ville et immédiatement après pendant onze jours sans la descendre à la barrière de l’Ecole militaire, sous les ordres d’un nommé M. Duplessis (voir Bocher-Duplessis, Michel, René), qui commandait ce poste. Je dépose entre vos mains les pièces à l’appui de ce que j’avance et vous prie de les prendre en considération. » Il joignait trois certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie sur l’honneur que j’ai vu dans les journées de juillet 1830 le nommé Edouard, François Possien, armé d’un fusil, se battant à la prise de Babylone, où il s’est comporté avec autant de bravoure que d’humanité. » Signé, le 30 août 1831 : Bonnet (voir Bonnet, Virgile), décoré de Juillet, demeurant 49, rue du Bac. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie le nommé Edouard, François Possien s’est trouvé en armes et s’est battu en brave à la caserne de Babylone, où il a coopéré activement à la prise de ladite caserne. J’atteste en outre que ce jeune homme est de bonne vie et mœurs et que ses sentiments sont de nature à mériter l’estime de ses concitoyens. » Signé, le 1er septembre 1831 : Trembley (il semble signer Tremblez) (voir Trembley fils, Auguste, Adolphe), décoré de Juillet, demeurant 4, rue de Verneuil. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur François, Edouard, Possien est de bonne vie et mœurs et qu’il n’est jamais rien parvenu à notre connaissance qui pût nuire à sa bonne réputation. Nous attestons en outre que son courage, sa bravoure et sa générosité dans les journées de Juillet lui ont mérité les éloges de ses concitoyens et des personnes distinguées qui en ont été témoins. » Signé, le 8 novembre 1830 : Aubertin, demeurant dans le quartier de l’Ecole de médecine ; Janson, demeurant dans le quartier de l’Ecole de médecine ; Jumeaucourt ou Jumaucourt, demeurant dans le quartier de l’Ecole de médecine. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme ouvrier malheureux. Il demeurait 6, rue de Touraine en juillet 1830 ; 13, rue des Cordiers en 1831. Archives de la préfecture de police AA 408.

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