Pottin, Mathurin, Aristide
Biographie
Né le 28 germinal an IX à Nantes, fils de Pottin, Jean-Pierre (lui-même fils de Pottin, Pierre, musicien et qui décédera le 11 décembre 1809 à Saint-Denis dans l’île Bourbon, et de Evrard, Marguerite), et de Lavolenne, Marie, Modeste. Relieur. Il mourut, le 30 juillet, des suites des blessures reçues pendant les combats de la place Louis-XVI à Nantes contre le 10e léger : il avait reçu une balle qui lui avait traversé la cuisse gauche, une deuxième qui lui avait traversé le bras gauche, une troisième qui lui avait fracassé plusieurs doigts de la main droite, une quatrième qui lui avait fracassé le sacrum et mourut une demi-heure après avoir été transporté à son domicile. Bremens, Auguste, Joseph dit Vochez (voir ce nom), en relatant sa propre participation aux combats, donnait les indications suivantes sur les circonstances au cours desquelles mourut Pottin : « Sur les 5 heures, je fis partie du détachement de 400 personnes armées qui se dirigea sur le cours Saint-Pierre où nous voulions obtenir du général Despinois l’élargissement des prisonniers faits la veille. Un des premiers, j’abordais l’officier qui commandait le détachement du 10e léger, qui nous fut opposé, au cri de Vive la charte ! Les soldats étaient au moment de fraterniser avec nous lorsqu’un malheureux coup de fusil, tiré à ce que l’on assure d’une fenêtre, décida un combat épouvantable. Mes amis furent frappés à mes côtés ; Pottin (voir Pottin, Mathurin, Aristide), relieur était du nombre. J’eus cependant le bonheur de n’être pas touché, malgré les feux de peloton qu’on dirigeait sur nous et ce à bout portant, et je ne me retirais qu’après avoir brûlé les deux cartouches qui me furent données à la bourse. » Il laissait une veuve, Lefèvre, Anne-Marie (ou Lefeuvre), née le 11 thermidor an XIII (30 juillet 1805) (ou le 12 thermidor an XIII), fille de Lefevre, Pierre et de Beitz, Anne-Marie, sans fortune, et un fils âgé de quatre ans, Aristide, né le 8 septembre 1826 (par exemple dans l’acte de naissance) (parfois le 7 octobre 1826 ou le 8 octobre 1826) à Nantes. Les époux s’étaient mariés le 28 avril 1824 à Nantes. Sa veuve fut proposée par la ville de Nantes pour une pension de cinq cents francs, conformément aux disposition de la loi sur les récompenses nationales. Son fils Aristide fut proposé par la ville de Nantes pour un secours annuel de 250 francs jusqu’à ses sept ans. Sa mère, née le 17 janvier 1773 à Pellerin (Loire-Atlantique), fille de Lavolenne, Pierre, cordonnier, et de Guilet, Marie, Françoise, son épouse (qui s’étaient mariés le 19 fructidor an IV à Nantes), infirme, souffrant d’une oscillation perpétuelle de la tête et qui l’empêchait de travailler, et dans l’indigence, fut proposée par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes pour une pension de trois cents francs. Sa mère, fille de boutique, âgée de cinquante-huit ans, était dans un état maladif. Aristide Pottin reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1832 et fut pensionné jusqu’en 1844. En 1848, la mère d’Aristide était papetière à Nantes, et Aristide était papetier, intéressé au commerce de sa mère ; des études lui avaient été données : lecture, écriture, calcul, histoire et géographie, éducation morale et éducation religieuse, avec de bons résultats. Mille deux cents francs lui furent remis, comme épargne faite sur sa pension. Son nom, avec celui de Emile Camin, Jean Reseau, Maurice Racineux, Auguste Chauvet, Jean-Marie Dolbeau, Napoléon Rigaud, Hubert Robert, Agnan Lasnier et Pierre Voruz, est inscrit sur la colonne polygonale du cimetière de Miséricorde à Nantes, érigée en mémoire des combattants de Juillet nantais morts dans les combats. La construction du monument, permise par une souscription lancée par le Dr Guépin et ses amis, avait été réalisée par l’architecte Guillemet et le sculpteur nantais Suc. Sur le quadrilatère du soubassement, on peut lire :
A nos concitoyens morts pour la défense de nos droits.
La Nation qui n’honore pas les martyrs de la Liberté, n’est pas digne d’être libre.
La défense de la Charte est confiée au patriotisme de tous les citoyens.
Le pouvoir qui viole la Constitution signe lui-même l’arrêt de sa déchéance.
Il demeurait rue de la Fosse puis 10, rue Sauteuil ou passage du Commerce à Nantes en 1830. Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 85, 116 ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1832) ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Dolbeau ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/ 80 dossier Loire-Inférieure ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, Nantes (sans indication du motif de l’attribution de la rente) ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet ; Nantes en 1830 et les journées de Juillet, Giraud-Mangin, in Revue d’histoire moderne et contemporaine, année 1931, p. 463 à 466.