Pouard, François, Charles
Biographie
Né à Troyes (Aube). Ancien fourrier et sergent-major dans le 36e régiment de ligne, devenu ouvrier bonnetier. Il sortit de son domicile le 28 juillet dans l’intention de se battre et fut blessé le même jour d’un coup de feu au genou gauche, rue du Mouton. Le 2 février 1831, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Ayant appris que l’un des syndics, ce que je ne puis croire, qui ont été nommés lors de la convocation dernière des blessés pour prendre de nouveaux renseignements sur chacun d’eux, est allé dans la maison où je demeurais, rue de Poissy, n° 3 ; n’y étant plus, le portier lui donna l’adresse de ma demeure, rue des Nonnains-d’Hyères n° 37. Je me suis informé auprès de M. Grammaire, pharmacien, principal (locataire) de la maison, n’y ayant pas de portier, si l’on était venu me demander ; il m’a dit, sans pouvoir se rappeler du jour, qu’un homme était venu me demander, qu’il avait monté mais ne m’avait pas trouvé, ce qui me surprend car je sors si rarement ou quand même il aurait trouvé ma femme ; je crois qu’il ne s’est pas adressé à ma porte. Monsieur, je m’étais promis d’aller aujourd’hui à la mairie pour vous parler à cet égard mais, attaqué depuis quelques jours de la fièvre il m’est impossible de sortir. Si en vous rapportant ici mes actions et mes blessures des journées de Juillet, telles que je les ai déjà déposées quand je fus interrogé, cela puisse m’être utile, je vous prie, monsieur, de vouloir bien les consigner où besoin sera. Le mardi 27, j’ai commencé par me joindre aux rassemblements dans la rue Saint-Antoine, nous nous sommes inquiétés sur les moyens à prendre pour trouver des armes. Le mercredi matin, je me suis rendu chez mon frère à la place Royale pour être plus à même de savoir où en étaient les affaires. Quand j’ai eu connaissance de ce qui se passait dans tout Paris, je lui ai demandé s’il ne pourrait pas me faire avoir un fusil parmi ses connaissances. Nous avons été chez deux gardes nationaux, m’annonçant comme ancien militaire, je n’ai pu en trouver. Cependant j’entendais la fusillade. Je m’empresse d’aller du côté de l’Hôtel de ville, espérant pouvoir être utile. J’étais dans la rue de la Tixéranderie quand j’aperçus un homme qui venait d’être blessé, emportant un fusil de chasse ; voyant qu’il ne pouvait plus en faire usage, je lui dis que j’étais un ancien militaire, que j’en ferai un bon service. Il allait me le céder quand un autre jeune homme, qui se trouvait là, s’en saisit en même temps que moi. Ce fut à qui l’aura ; d’une fois je l’ai tiré avec si grande force que je lui fis échapper mais, en le tirant, je me suis attrapé avec la crosse, qui me fit une forte contusion à la jambe gauche. J’étais si animé qu’à peine je sentis mon mal. L’homme blessé me donna la mauvaise giberne qu’il avait avec quelques cartouches dedans puis je me suis avancé dans la rue du Mouton. Après avoir fait quelques décharges sur la garde royale qui venait de s’emparer de l’Hôtel de ville, je fus atteint par une balle au genou de la même jambe que je m’étais donné un coup, ce qui me fit deux plaies. La souffrance que j’en ressentais me força d’abandonner mon poste avec regret. Ceci s’est passé de midi à 1 heure. Par les bons soins que j’ai eus et un constant repos, il ne m’en reste plus que les cicatrices. Monsieur, dans le seul but d’être utile si l’organisation de la compagnie de garde nationale des blessés a lieu, j’ai l’honneur de soumettre à votre connaissance que j’ai été fourrier et sergent-major dans le 36e régiment de ligne et que je me suis toujours conduit comme un homme de probité, mes certificats en font foi. Agréez, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 16 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Maugars, René (voir ce nom), né vers 1800, ouvrier bonnetier, demeurant 268, rue Saint-Jacques ; Bordin, Jean-Baptiste, né vers 1791, fabricant de bas, demeurant 10, rue des Boulangers-Saint-Victor ; Morel, Jean-Baptiste, né vers 1803, ouvrier bonnetier, demeurant 2, rue Clopin ; Boucher, Simon, Hippolyte (voir ce nom), ouvrier bonnetier, demeurant 6, rue d’Arras. Ils attestèrent parfaitement Pouard, François, Charles et « savoir qu’il est parti de chez lui le 28 juillet dans l’intention de combattre ; que les sieurs Maugars et Boucher l’ont vu blessé au genou gauche d’un coup de feu qu’il a reçu rue du Mouton le même jour et les sieurs Bordin et Morel ont appris, le soir même, qu’il avait reçu une blessure ». Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 12 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de contusions par balle morte, l’une au genou du côté gauche, l’autre à la partie antérieure et moyenne de la jambe gauche, contusions guéries sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il demeurait 3, rue de Poissy, puis 37, rue des Nonnains-d’Hyères et 60, rue Saint-Antoine en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 868) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, pièces produites par les blessés (sous le nom de Pouard, François, Jacques) ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 12 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/72 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe.