Prudon, Martin

Biographie


Marchand de vin et traiteur. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants (arrondissement de Saint-Denis), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « […] Prudon, Martin […] plein du plus vif enthousiasme pour les glorieux événements de Juillet, y a coopéré de tous ses moyens et de tout son pouvoir. Que notamment le 29 il s’est transporté avec empressement à la barrière de la Courtille, qui venait d’être livrée aux flammes, et que sur ce lieu, puissamment secondé par d’autres braves, dont il a partagé les dangers, il a uni ses efforts aux leurs pour arrêter non seulement les progrès effrayants de l’incendie mais encore à en repousser les auteurs et les contraindre à prendre la fuite. Que dans ce même moment et c’était sur les 4 heures du matin, instruit par la clameur publique qu’une autre barrière voisine de celle de Ménilmontant était menacée d’un sort semblable, il y a précipité ses pas et qu’étant arrivé à l’instant où déjà l’intérieur était embrasé, il a pénétré avec audace dans les logements, toujours armé de son fusil dont il a tiré plusieurs coups pour intimider les incendiaires et les forcer à la retraite ; qu’enfin il n’est rentré dans son domicile que lorsque tout nouveau danger avait disparu ou cessé entièrement. Plein de confiance et de sécurité dans votre impartiale équité, l’exposant d’ailleurs bon citoyen et vrai patriote, a cru devoir vous soumettre ce tableau véridique de sa conduite lors desdits événements, persuadé que vous lui en accorderez un témoignage non pécuniaire mais honorifique. Cette marque de votre part est l’unique qu’il ose convoiter comme la seule qu’il croit digne de son dévouement. Dans cette attente pleine d’un juste espoir, il a l’honneur etc. P.S. L’exposant aura encore l’honneur de vous certifier qu’il a été un des premiers à relever le poste à ladite barrière et à le former. Il avait été particulièrement désigné et envoyé en éclaireur jusqu’au bois de Boulogne, sans crainte pour sa vie. » Suivaient deux apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que M. Prudon s’est réellement [trouvé] dans toutes les affaires ci-dessus désignées et qu’il jouit de la considération de tous ses concitoyens. » Signé : Chevalier, capitaine des voltigeurs, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant à Belleville. La seconde apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que les fais désignés ci-dessus sont tels qu’ils sont annoncés dans ladite réclamation. » Signé : Duroux, demeurant à Belleville, Pierre. Suivaient les signatures de : Leclerc, demeurant à Belleville, et de Beauregard. Il demeurait 20, bd des Amandiers en 1831. Archives de la préfecture de police AA 409.

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