Quenay, François, Hubert

Biographie


Né le 9 mars 1790 à Paris. Ancien artilleur de marine au 3e régiment d’artillerie de la marine, du 19 novembre 1805 au 30 mai 1814, époque de son retour des pontons d’Angleterre, totalisant dix années de service et huit campagnes, puis limonadier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne des indications biographiques et aussi sur sa participation à la révolution de Juillet. Il fit parvenir la lettre suivante à cette Commission : « […] En posant le pied sur le sol de France, nous avons juré, au nombre de cinq cents, de ne servir ni de recevoir aucun bienfait des Bourbons, sous quelque forme qu’ils se présentent ; j’ai tenu mon serment. Au retour de l’île d’Elbe, j’étais à Lubeck (Allemagne), après bien des vicissitudes je suis rentré en France, il était trop tard. En 1830, j’ai contribué de tout mon pouvoir au triomphe de la cause nationale. Malgré un certificat de mes concitoyens, je n’ai pas voulu de récompense de la part d’un Bourbon. Depuis 1831, j’ai toujours fait partie des protestations patriotiques avec les grades que mes concitoyens m’avaient décernés, depuis le grade de sergent jusqu’au grade de capitaine. Je suis un des lieutenants qui ont été suspendus de leurs fonctions par un arrêt du conseil de préfecture du département de la Seine, pour un rassemblement en 1840. J’étais au convoi du citoyen Garnier-Pagès, au banquet de Châtillon ; depuis cette époque ma conduite a toujours été la même. Les 22, 23 et 24 février, je me suis porté sur différents points pour soutenir la réforme et plus de Bourbons. Le 25, je reçus l’ordre de me rendre au Louvre pour éviter des malheurs. J’ai rempli cette noble mission de la république jusqu’au 4 mars, avec tout le zèle qu’un citoyen doit à sa patrie. […] Depuis trois ans et demi je suis sans occupation. Je me recommande à votre sollicitude ; si vous me jugez capable de remplir un emploi, vous pouvez compter sur mon zèle et mon patriotisme. J’ai l’honneur d’être connu des citoyens Grandmesnil, Considère (voir Considère, Claude, François, Xavier), Beaune, Fournier, Houel, etc. J’ai l’honneur, etc. » Il agrémentait sa signature des trois points maçonniques. Il joignait à sa demande la copie de l’arrêt qui le suspendit deux mois de ses fonctions de lieutenant à la 3e compagnie du 4e bataillon de la XIIe légion, suite à la plainte du colonel de la XIIe légion de la garde nationale et du maire du (ancien) XIIe arrondissement, pour avoir pris, ès qualités et vêtu de son uniforme et armé de son sabre une part active à un rassemblement, non ordonné par ses chefs, d’un certain nombre de gardes nationaux, le 12 janvier 1840, sur la place de la Bourse ; il avait été défendu par Me Arago. Il fut proposé par la Commission pour une place de surveillant dans un palais national. Il retira, le 18 mai 1850, les pièces qu’il avait confiées à la Commission. Il s’était marié le 23 avril 1823 à Valotte, Jeanne, et était père de deux filles, âgée de vingt-deux et vingt-trois ans en 1848. Il demeurait 8, place Saint-Sulpice en 1848. Archives de la préfecture de police AA 410.

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