Quenet, Jean, Maurice

Biographie


Né le 6 mars 1790 à Beaumont (arrondissement de Verdun, Meuse). Combattant de Juillet. Il laissait pour veuve, Marie, Marguerite, née Thivol de Châtillon le 9 août 1792 à Danviller, fille de Claude Thivol officier né le 24 décembre 1750 à Châteauneuf (Isère) dragon au régiment de Condé le 1er avril 1772, brigadier en 1784, maréchal des logis en 1791, sous-lieutenant en 1793, ayant participé aux campagnes de 1792, 1793, an II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX et X, présent à l’affaire de Nancy le 30 août 1790, blessé d’un coup de sabre à l’avant-bras droit à l’affaire de Banberon le 17 thermidor an IV, et de Marguerite de Châtillon. Ils s’étaient mariés le 8 avril 1813 à Beaumont ; sur l’acte de mariage, Quenet, Jean, Maurice est indiqué comme le fils de feu Quenet, Sébastien décédé le 28 mai 1808 à Beaumont et de feue Thomas, Marie, Jeanne ; Tivol, Marie, Marguerite (sic) est indiquée comme née le 9 août 1792 à Danviller, comme fille de Tivol, Claude, officier retraité, et de De Chatillon, Marguerite. En 1851, elle envoyait la lettre suivante au ministère de l’Intérieur : « […] Depuis l’année que j’ai eu l’honneur de m’adresser à vous, rien n’est changé dans ma position ; je suis toujours malade et infirme ; quant à la fortune, elle est encore loin de me sourire. Ce qui reviendrait à mes enfants de l’héritage d’un parent de leur père, il faut trente ans, époque fixée par la loi, attendu que mon mari n’a pas donné de ses nouvelles depuis les journées de juillet 1830, dont il paraît qu’il fut une des victimes. Ne me trouvant pas sur les lieux pour réclamer, je n’ai pas d’acte mortuaire, ce qui causa tous mes maux et ceux de mes enfants, au nombre de cinq. J’ai épuisé toutes mes ressources pour les élever ; ce sont de pauvres ouvriers, chargés de famille, qui ont peine à manger du pain, vu le manque d’ouvrage. J’ai leurs peines à supporter, je souffre de leurs souffrances. Sans la perte de mon mari, ils seraient capables d’occuper des places avantageuses comme leur père le faisait, avant sa mort. J’avais une ressource, avant les journées de Février ; elle me fut enlevée par une faillite. Mon père avait placé pour moi vingt mille francs pour vivre sur mes vieux jours. C’était ma seule ressource, je n’ai plus rien. Dans ma détresse, je m’adresse à vous, Monsieur, pour vous prier de prendre en considération le reste infortuné d’une ancienne famille, les messieurs de Châtillon, dont ma mère était la demoiselle. Leur fortune fut perdue en 93 et ils périrent presque tous. Le comte, son frère, est mort dans la Vendée, combattant pour le roi et je crois que mon mari est mort pour la même famille en 1830. » L’année suivante, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Estropiée par suite d’une blessure qu’elle a reçue en accompagnant son père sous-lieutenant dans un régiment de dragons dans une escarmouche qui eut lieu, sous l’Empire, dans la Forêt noire. Elle n’a qu’un fils, âgé de vingt-sept ans, ouvrier boutonnier, qui demeure avec elle. Il manque souvent d’ouvrage. C’est une brave femme, dont la position est des plus déplorables. Elle demeure toujours rue Saint-Denis, n° 200 ; elle est arriérée de deux termes envers son propriétaire. » Elle demeurait 200, rue Saint-Denis en 18511852. Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209.

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