Quennesson, Dominique

Biographie


Il adressa, le 26 décembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin d’obtenir une récompense honorifique pour sa participation à la révolution de Juillet : « Le soussigné vient réclamer auprès de vous la récompense que la patrie réserve à ceux de ses enfants qui lui ont donné des preuves de courage, et qu’il croit avoir méritée lors des mémorables événements de Juillet. Tous ses concitoyens, avides de nouvelles, entendaient au milieu de la rue la lecture des journaux de Paris, contenant le récit des efforts des braves Parisiens. Enflammé par cette lecture, le soussigné est sorti de chez lui, le drapeau national à la main, et vint, aux cris de Vive la charte ! Vive le duc d’Orléans ! le planter au-dessus de la tête du lecteur. Ces cris furent aussitôt répétés par tous les citoyens, et chacun salua respectueusement l’emblème de notre liberté, que le soussigné, aidé de quelques-uns de ses concitoyens, allait bientôt arborer au clocher de la ville. Cet acte de courage produisit le meilleur effet ; à l’instant même, le capitaine de la garnison, commandant la place par intérim, sortit portant la cocarde nationale et s’inclina devant le drapeau. Par les soins du soussigné, des cocardes tricolores furent bientôt distribuées aux troupes de la garnison, qui fraternisait avec les habitants. Le courage et le zèle du soussigné ne s’arrêtèrent pas la ; le premier, il eut l’idée d’organiser une compagnie d’artilleurs si nécessaire dans une place de guerre. Aussitôt une liste de souscription fut colportée de toute la ville et bientôt couverte de signatures. C’est ainsi que se forma cette belle compagnie d’artillerie, qui forme aujourd’hui la garde citoyenne de Bouchain. A l’élection des chefs, ses concitoyens se souvinrent des efforts du soussigné et il fut élu, à la presque unanimité, l’un des caporaux de la compagnie. Si à ses actes de courage et de patriotisme, il était nécessaire d’ajouter des traits d’intrépidité et d’humanité, le soussigné vous exposerait la conduite qu’il tint dans un incendie qui consuma plusieurs habitations au village du lieu de Saint-Amand, à une demi-lieue de la ville, le 19 février 1828, et où il parvint, au péril de ses jours, à arrêter les progrès du feu, conduite qui lui valut une note honorable au bureau de la place. Le soussigné ne vient pas solliciter de vous, Messieurs, une récompense pécuniaire ; son courage, qui le porterait à courir à la défense du territoire s’il était attaqué, n’a pas besoin d’un pareil stimulant ; son patriotisme n’ambitionne qu’une récompense honorifique. Dans l’attente que vous lui rendrez justice, il a l’honneur etc. » Sa demande était accompagnée de plusieurs apostilles. La première : « Le maire de la ville de Bouchain, soussigné, vu l’exposé ci-contre adressé à la Commission des récompenses nationales, considérant que la plupart des faits consignés en ledit exposé lui sont d’autant mieux connus qu’il en a été le témoin, que quant aux autres il lui ont été attestés par des personnes dont le témoignage mérite toute croyance, j’invite messieurs les membres composant ladite Commission de prendre ledit exposé en considération et d’y avoir tel égard que de droit. » Signé, le 26 septembre 1830 : Bouchez, maire de Bouchain. La deuxième : « Le colonel commandant la place de Bouchain se fait un plaisir d’attester sincères et véritables les faits exposés par le pétitionnaire puisqu’ils se sont passés sous ses yeux. Patriote dévoué, ami zélé de nos institutions, qu’il saurait défendre au péril de sa vie, sous tous les rapports, il mérite la bienveillance de messieurs membres composant la Commission des récompenses nationales, à laquelle il croit de son devoir de recommander cet excellent citoyen. » Signé, le colonel Eichmann. La troisième : « Le capitaine, commandant de la compagnie d’artillerie de la garde nationale de Bouchain, qui a été témoin de tous les faits politiques ici analysés, les certifie véritables et recommande le patriotisme du pétitionnaire à la justice de la Commission des récompenses nationales. » Signé : Reynier ? illisible. Il joignait à sa demande une lettre de recommandation de Vatimesnil, député du Nord, en date du 30 décembre 1830, ainsi rédigée : « J’ai l’honneur de recommander à votre justice et votre bienveillance M. Quennesson, caporal dans la compagnie d’artillerie de la garde nationale de Bouchain (Nord). Ce jeune homme a rendu un véritable service à la cause nationale, en faisant arborer le drapeau tricolore à Bouchain. Les faits exposés dans sa pétition sont certifiés par les autorités et par les personnes notables de cette ville. Je vous prie de vouloir bien faire en sa faveur tout ce que la loi vous permettra ; les récompenses honorifiques qui lui seraient accordées produiraient un bon effet sur l’esprit public à Bouchain. Agréez, etc. » Le 12 décembre 1831, la Commission nommée par le préfet du Nord, à l’effet de distribuer des récompenses honorifiques pour des faits passés pendant la révolution de Juillet dans la commune de Lille prit, à l’unanimité, la résolution suivante : « Considérant qu’une résistance généreuse a été organisée par un très grand nombre de citoyens, qu’il ne s’y est pas passé de faits tels qu’il y ait eu un danger immédiat de la vie pour aucun d’eux ni assez saillant pour justifier une exception, la Commission déclare qu’il serait impossible d’accorder des récompenses nationales à quelque citoyen, sans blesser les autre, qui ont aussi des droits à la bienveillance du gouvernement. » Ayant examiné particulièrement les droits de Quennesson à une récompense honorifique, elle ne jugea pas ses droits suffisants. Le 21 janvier 1832, la préfecture du Nord lui fit savoir que ses certificats n’avaient pas paru suffisants pour lui mériter une récompense nationale. En janvier 1833, il adressa une nouvelle demande au roi, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Il rappelait qu’il avait déjà, en 1830, sollicité la même décoration. Il joignait à sa demande la copie de plusieurs certificats, dont ceux qu’il avait déjà fournis, et cet autre : « Le soussigné, capitaine du génie en chef de Bouchain, certifie qu’envoyé le 19 février 1828 au village de Lieu-Saint-Amand, pour diriger des secours contre l’incendie qui avait lieu, il a remarqué le zèle, l’activité et le dévouement du sieur Dominique Quennesson, qu’en conséquence il a signalé la belle conduite de ce citoyen dans un rapport adressé le même jour au commandant de la place de Bouchain. En foi de quoi, il a délivré la présente apostille pour valoir ce que de droit. » Signé, Sorel, capitaine du génie. Il ajoutait que cinq autres certificats avaient été joints à sa demande. Le maire de la commune de Bouchain appuyait sa nouvelle demande, certifiant que l’intéressé méritait « tout l’intérêt que Sa Majesté voudra bien prendre à lui ». Il demeurait à Bouchain (Nord) en 1830. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Nord.

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