Quetier, Pauline, Isabelle
Biographie
Née à Torcy (Seine-et-Marne). Sans profession fixe, elle devint folle après avoir vu, le 28 juillet, tuer chez elle un voisin qui combattait ; elle fut enfermée à La Salpêtrière. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. La Commission des récompenses nationales refusa la demande de pension attendu qu’elle ne pouvait l’accorder à une femme devenue folle. Elle était mariée à Pruvot, Marie (mais Pruvox, Marie in Archives nationales F/1dIII/38 A), commissionnaire ou journalier, né le 17 janvier 1790 à Paris. On trouve des indications sur les circonstances de ce décès, dans les dépositions que fit son mari, Pruvost, Marie, Ca...tan illisible, demeurant 36, rue Saint-Antoine. En effet, le 3 août 1830, sur le registre du commissariat du quartier de l’Hôtel de ville, fut inscrite la déclaration suivante : « Les déclarations du sieur Pruvot, Jean, Philippe, Alexandre (sic) (voir ce nom), commissionnaire, demeurant rue Geoffroy-Lasnier n° 31, et Pruvot, Marie, aussi commissionnaire, demeurant rue Saint-Antoine n° 36, au 3e étage sur le devant, portant que le 28 juillet précédent le sieur Danjou, Thomas (voir ce nom), âgé de vingt-sept, natif de Champ-de-Bout, département du Calvados, demeurant dite rue Saint-Antoine n° 36, au 3e étage sur le derrière, de son vivant exerçant l’état de brocanteur, a été tué par une balle qui lui a traversé la tête au moment où, se trouvant avec lesdits sieurs Pruvot dans la chambre du 3e étage sur le devant rue Saint-Antoine, il venait de mettre la tête à la croisée ; que ledit Danjou tomba sur le coup sans proférer une seule parole. Que les déclarants n’ayant pas cru devoir conserver dans cette chambre le cadavre dudit Thomas Danjou, ils l’avaient transporté eux-mêmes à la mairie du (ancien) IXe arrondissement, à l’effet d’être inhumé avec d’autres cadavres qui y avaient été portés. » Il comparut, le 17 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, pour attester avoir bien connu Danjou, Thomas et l’attestation suivante fut rédigée : « Les deux frères Pruvost nous ont déclaré que le mercredi 28 juillet dernier, sur les midi, lors du premier engagement qui a eu lieu dans la rue Saint-Antoine entre la troupe et les citoyens ledit sieur Danjou vint dans la chambre de l’un d’eux, Marie, Ca...tan illisible Pruvost, qu’il se mit à la croisée qui donnait sur la rue au 3e étage, qu’une balle lancée de la rue par un coup de feu l’atteignit à la tête et lui donna la mort sur-le-champ ; qu’ils l’ont pris à bras le corps et qu’aidé de quelques autres citoyens ils l’ont transporté dans la cour de la mairie, rue Geoffroy-Lasnier, où ils l’ont placé parmi d’autres morts qui y étaient déjà. Et ledit Allier, principal locataire de cette maison, nous a dit qu’ayant été averti de l’accident qui venait de donner la mort audit sieur Danjou dans la chambre du nommé Pruvost, et consulté en sa dite qualité sur le parti et les formalités à prendre pour l’enlèvement du corps, il avait donné le conseil qu’on le transportât à la mairie pour qu’il fût pourvu à son inhumation comme à celui des autres personnes qui y étaient déjà, ce qui a été fait en sa présence. Et par la demoiselle Vilmard a été déclaré qu’environ sur les midi étant stationnée à sa place rue Saint-Antoine, elle a vu un cadavre qu’on descendait de la maison rue Saint-Antoine n° 36, qu’on lui a dit que c’était celui du sieur Danjou, qui avait été tué dans la chambre du sieur Pruvost par une balle qui avait été lancée et qu’elle a vu porter le corps à la mairie. » Sa demande de pension fut rejetée, la loi ne prévoyant rien pour les veufs. Pruvot, Marie était le frère de Pruvot, Jean, Philippe, Alexandre. Elle demeurait 36, rue Saint-Antoine au 3e étage depuis 1815 (un logement au loyer annuel de cent francs). Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées depuis le 10 mars jusques et y compris le 31 mai 1831 aux veuves du (ancien) IXe arrondissement de Paris (sous le nom de Quetier, Marie, Elisabeth) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Danjou, Thomas ; Archives nationales F/1dIII/73.