Rabelle, Jean-Baptiste, Marc

Biographie


Né le 25 avril 1795 à Origny-Sainte-Benoîte (Aisne). Horloger. Il fut contusionné au genou droit, pendant les combats du 24 février 1848, et soigné par le docteur Hoffmann, chirurgien-major de la garde nationale. Dans le dossier qu’il déposa à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, il donnait sur son compte les indications biographiques suivantes : « Conscrit de 1815, renvoyé dans nos foyers à la prise de Paris en 1814 (légère blessure à la figure). Rentré au 9e tirailleurs fédérés de Paris, fourrier pendant les Cent-jours, 1815 et libéré définitivement. En juillet 1830. Le 27, fait des barricades ; le 28, avoir ramassé un blessé sous le feu des Suisses, rue de la Vannerie et porté chez les sœurs au cloître Saint-Merri en traversant divers feux ; puis un second blessé venant du charnier des Innocents. Le 29, a contribué à la prise du Louvre et des Tuileries, après avoir, moi quinzième, pris une pièce de canon à la place du Palais-Royal. Ensuite avoir empêché la destruction de (manuscrit abîmé) tableaux de David dans la salle des Maréchaux, de divers bustes en marbre, le pillage de la chapelle et l’horloge qu’on voulait démembrer. Le 30, avoir fait transporter les morts aux Innocents et creuser les tombes pour les enterrer, les Suisses à part et dans la chaux. En 1832, 5 et 6 juin, barricades et secours aux blessés à Saint-Merri et illisible la canonnade sur la maison du café du coin de la rue Saint-Merri ; manqué d’y être tué. A l’insurrection de mai [1839, N.D.A.], rue Saint-Martin, reçu dans mes bras un jeune garçon (apprenti chaudronnier) traversé d’une balle, l’avoir emporté et pansé, rue Aubry-le-Boucher, puis transporté sur mes épaules à travers le feu de diverses rues chez son patron, Delpech, rue de la Grande-Truanderie (et de là à la Charité, où il est mort le lendemain) et un second de dix-sept ans, rue Montorgueil, que j’ai transporté ensuite à l’Hôtel-Dieu (celui-là n’est pas mort alors). Dès 1830 j’ai établi une association, sous le nom d’Ecole philanthropique, pour l’amélioration de la position des ouvriers dans le seul système praticable sous la monarchie, mais, ayant eu affaire à beaucoup qui m’ont trompé, cette association est restée en souffrance jusqu’à présent. Depuis plus de dix ans j’ai travaillé au rétablissement de l’horlogerie décimale (abandonnée depuis 1804 par tous les gouvernants de la France) par une théorie pratique simplifiée la plus avantageuse. J’ai refait entièrement la table des nombres pour les rouages et en 1840 je n’ai pu obtenir qu’elle fût remise en usage avec les poids et mesures décimaux par la même loi. Tout cela est resté à l’état de manuscrit et quelques pièces d’horlogerie montres et pendules. Depuis le 24 février j’ai retrouvé un calendrier républicain de l’an II où est le décret du 4 frimaire même année, relatif au calendrier républicain et à l’horlogerie décimale. Je vais le faire imprimer avec des cadrans décimaux simplifiés. J’y joindrai aussi une instruction courte et facile pour tout les citoyens et demanderai à l’Assemblée nationale l’adoption dudit décret et développerai les moyens de fabrication simples et économiques et plusieurs autres encore utiles tant à l’état physique de l’homme qu’à l’état de société. Ci-joint les pièces relatives à mes blessures de février, consistant en une contusion au genou droit et une hernie au côté gauche. Je me suis soigné et traité à mes frais (je n’ai reçu aucun secours des ateliers nationaux), j’ai reçu dix francs à la mairie du (ancien) VIe arrondissement en toute chose mon dossier ayant été égaré (m’a-t-on dit). Je n’ai depuis reçu aucun secours. Faute de ressources je me suis guéri envers des tiers. […] De tout ce qui précède je n’ai sollicité ni reçu aucune récompense nationale, pas même honorifique, cela ne me tentant pas alors. Je croyais à la loyauté des hommes, je me suis bien trompé quant à mes relations civiles. » Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, déclare avoir rencontré le citoyen Rabelle père, horloger, à la prise du poste du marché Saint-Jean le 24 février dernier, au moment où il venait de recevoir une contusion au genou droit. Je l’ai engagé à venir chez moi pour y recevoir les premiers soins ; il y a en outre été pansé et traité par le chirurgien-major Offmann (sic) (de la compagnie où je suis garde national), qui l’a par suite amené à parfaite guérison. » Signé, le 26 juillet 1848 : Billey, demeurant 2, rue des Oiseaux. Souffrant aussi d’une hernie au côté gauche, il reçut cent dix francs de secours le 25 septembre à l’Hôtel de ville, cent francs le 24 novembre et quarante francs le 12 décembre. Il fut admis dans la 7e classe des blessés, ayant été empêché de travailler durant un mois. Il fut, le 25 septembre 1848, l’objet du rapport suivant de la part de la Commission d’enquête : « Pour faire cette enquête, qui est très imparfaite mais qui ne peut être mieux faite faute d’endroits à prendre des renseignements, je suis allé chez M. Billey, rue des Oiseaux n° 2. C’est chez lui que Ramelle (sic) demeure. C’est Billey qui lui a fait le certificat qui atteste l’avoir vu au marché Saint-Jean ; il soutient de vive voix ce qu’il dit sur son certificat. J’ai voulu, pour connaître de plus amples détails, consulter d’autres personnes mais ce fut en vain. Dans la rue des Oiseaux, il n’y a pas de boutique, cette rue n’en est pour ainsi dire pas une, et la maison est sans concierge ; enfin toutes tentatives furent nulles, vu que Ramelle (sic) demeure bien dans la maison mais chez Billey, comme je l’ai déjà dit plus haut et n’est pas locataire direct et ne peut être connu. J’ai voulu parler au médecin Hofmann (sic) qui demeure rue d’Anjou n° 6, pour connaître les détails sur la blessure, comme ayant été pansé par lui ; cela fut encore impossible, le docteur étant à la campagne pour un temps indéterminé. Si l’on peut s’en rapporter au citoyen Billey, le citoyen Ramelle (sic) est un ancien républicain, qui a bien mérité de la république. Je ne puis rien dire de plus. » Ramelle apparaît dans la liste des personnes poursuivies à la suite du coup d’Etat de décembre 1851, liste établie dans la base de données réalisée par Jean-Claude Farcy. Ramelle fut mis en liberté sur décision de la commission militaire. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 2, rue des Oiseaux puis 16, rue du Puits en 1848 ; 15, rue d’Anjou au Marais en 1851. Archives nationales F/1dIII/96 ; Archives nationales F/7*/2593 ; Service historique de la Défense 7 J 7 et 8.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.