Rabiat, Constant, Léonard

Biographie


Né le 14 juin 1804 à Meaux (Seine-et-Marne), fils d’un officier de la Grande Armée. Commis marchand. Il reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il s’engagea aux Lanciers d’Orléans. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que M. Rabiat, Constant, dans la soirée du 27 juillet, a sauvé la vie à un maréchal des logis de lanciers, qui passait au coin de la rue Croix-des-Petits-Champs, au moment où une femme venait d’être frappée d’un coup, dont elle expira sur-le-champ. Ce maréchal des logis, nommé Gellé, venait du Marais lorsqu’il passa dans la rue que nous venons d’indiquer. Aussitôt, il fut assailli par un grand nombre d’individus, qui voulaient l’assommer et se venger sur lui des actions cruelles de ceux qui chargeaient sur le peuple. Vainement cherchait-il à s’excuser : c’en était fait de lui sans l’intervention dudit Rabiat, qui, s’ouvrant un passage au milieu de la foule, arriva près du sous-officier et parvint par de bonnes raisons à rassurer les assaillants en leur faisant entendre qu’ils perdraient un temps précieux et que leurs bras seraient plus utiles à la défense de leur cause en combattant ceux qui ne craignaient pas de lancer contre eux la balle meurtrière plutôt que de se souiller du sang d’un Français sans arme, qui n’était point dans les rangs de ceux qui les chargeaient. D’ailleurs, ajouta-t-il, je connais ce militaire ; ce brave vient d’escalader les murs de sa caserne pour ne pas être forcé d’obéir à des ordres qui lui faisaient horreur. La foule, calmée par ce récit, laissa ce militaire poursuivre son chemin. Le 28, M. Rabiat, Constant, s’est battu sur les boulevards, rue Montmartre et dans celle des Prouvaires, partout où le danger paraissait menacer le plus. Le 29, après avoir aidé ceux qui construisaient des barricades au coin des rues des Poulies, il alla combattre les Suisses qui occupaient le poste du Louvre, du côté de la place Saint-Germain-l’Auxerrois. Vers 10 heures du matin, il a, avec quatre autres citoyens, escaladé la barricade et est allé auprès de la grille, attendant que d’autres braves se joignissent à eux pour les seconder à enfoncer la porte du Louvre pour en chasser les Suisses. Jugeant alors sa présence plus utile à la prise des Tuileries, il engagea les braves citoyens qui l’entouraient à le suivre. Tout se passa pour le mieux et nous n’avons qu’à nous réjouir car ce brave fut respecté des balles. Enfin, le 3 août, apprenant qu’on faisait diriger les volontaires parisiens sur Rambouillet, il s’arma de son fusil et y partit aussitôt. » Signé : Lefortier, caissier au Pauvre Diable, 4, rue Montesquieu ; Boulbresque, demeurant 6, rue Angevillers ; Royer (voir Royer Adolphe ?), limonadier, demeurant 14, rue Croix-des-Petits-Champs ; Forcade, Benoit (voir ce nom), demeurant 3, rue des Poulies ; Rey, demeurant 5, cité d’Orléans ; Moutardier, Hortense dit Eugène (voir ce nom), blessé le 29 juillet, demeurant 33, Palais-Royal ; Sassot (voir ce nom), demeurant 3, rue des Poulies ; Nicault, Gilbert, Hyacinthe (voir ce nom), médecin, demeurant 3, rue des Poulies. Il fut recommandé par Chaberneaux, à un général (dont le nom ne figure pas sur la lettre de recommandation) pour être intégré dans les cadres de la garde mobile, pour s’être « distingué à tel point dans les trois glorieuses journées de la grande semaine que les Parisiens présents au combat l’ont surnommé le Lion de Seine-et-Marne ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 4 août 1831, par procuration de Nammès, sous-lieutenant de cavalerie à Saumur. Il fut nommé sous-lieutenant, par ordonnance en date du 21 février 1831 et sur la demande de la Commission des récompenses nationales, et affecté à l’Ecole de cavalerie de Saumur. Il reçut mille francs de supplément d’indemnité de première mise, par suite de la décision de M. d’Argout, en date du 14 janvier 1832 (sous réserve de l’adoption de la loi). Il avait reçu trois cents francs auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, comme secours et somme à valoir sur son indemnité de première mise d’équipements. Il signa le certificat suivant en faveur de Meudic, Pierre, Marie, Hippolyte : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Pierre, Marie, Hippolyte Meudic, ex-sous-officier du 19e de ligne, s’est, pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, distingué, en ne cessant de combattre pour la cause de la liberté ; partout où le danger paraissait imminent, on le voyait se battre courageusement et souvent ce brave, dans la chaleur du combat, s’avançait jusqu’au milieu des rangs des soldats, sans redouter les suites d’une action si hardie ; on l’a même plusieurs fois entendu porter la parole aux militaires pour les exhorter à ne pas faire feu sur les citoyens. Menacé par la troupe, il le fut aussi par les citoyens, qui le prenaient pour un gendarme, un garde du corps ou un jésuite déguisé : dans cette anxiété, il montra toute la force de son caractère et sa bravoure fit bientôt reconnaître l’erreur dans laquelle on était : on lui rendit justice, et tous ceux qui l’avaient injurié virent bien que celui qu’ils avaient à leur tête était un homme dévoué à la cause sacrée de la patrie, qui ne craignait pas de s’exposer à tous les périls et qu’en le suivant ils marchaient à la victoire. Comme il s’est montré dans beaucoup d’endroits, nous croyons devoir nous dispenser de les indiquer, il s’y est fait remarquer comme dans la rue Saint-Honoré et au Louvre. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était célibataire. Il demeurait 6, rue d’Angivillliers en 1830 ; à Saumur (Maine-et-Loire) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Journal militaire officiel, année 1831, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 235, ordonnance du 21 février 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Meudic, Pierre, Marie, Hippolyte ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33 sous-lieutenants (1831-1833), état nominatif des sous-lieutenants de Juillet envoyés, sur la demande de la Commission des récompenses nationales, à l’Ecole de Saumur, avec indication des destinations qu’ils ont reçues, des sommes qu’ils ont touchées à titre de supplément d’indemnité de première mise et de celles qu’il y aurait encore lieu de leur payer en exécution de la décision prise par M. de Montalivet, 14 janvier 1832 et aussi état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, bordereau des sommes données à titre de solde militaire par le maire du (ancien) IVe arrondissement de Paris, après l’approbation de M. le général Fabvier aux sous-lieutenants désignés par la Commission des récompenses nationales; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.