Radiguel, Adolphe, Hippolyte, Jean, Marie
Biographie
Né le 15 ventôse an IX à Bécherel (8 mars 1801) (Ille-et-Vilaine), fils de Radiguel, Jean et de Chovin, Anne, Marie, son épouse. Homme de lettres. Il resta avec de graves douleurs rhumatismales suite aux fatigues occasionnées par les journées de Juillet et aux contusions que lui provoqua la chute d’un homme sur ses pieds. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Deux certificats médicaux constataient les blessures qu’il avait reçues. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, membre de l’Académie de médecine, médecin du bureau de charité du (ancien) Xe arrondissement, certifie avoir donné mes soins depuis le 1er août à M. Radiguel, homme de lettres, demeurant alors rue de l’Ecole-de-Médecine n° 24, pour de vives douleurs des articulations des deux pieds, produites par les fatigues des journées de Juillet et surtout par la chute d’un homme qui tomba sur lui en cherchant à escalader une croisée. » Signé, le 5 avril 1831 : Maygrier, médecin, demeurant dans le quartier de la Monnaie. Le second certificat médical, à en-tête de l’hospice Saint-Louis et ainsi rédigé : « Je, soussigné, médecin dudit hospice, membre de l’Académie de médecine, certifie que le nommé Radiguel, Adolphe, Hippolyte a été admis dans ledit hôpital pour des douleurs vives dans l’articulation illisible gauche qui paraissent être la suite de contusions graves reçues dans les journées de Juillet ; que cet état s’est compliqué plus tard de rhumatismes sur d’autres articulations, qui, malgré les méthodes curatives énergiques employées, n’ont éprouvé qu’une légère modification. » Signé, le 11 mars 1831 : Biett, médecin. Il reçut un secours de soixante francs, le 12 novembre 1830, un secours de trente francs, le 18 avril 1831, un secours de cent francs, le 18 mai 1831, un secours de cent dix francs, le 23 juin 1831, un secours de cent francs, le 4 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 5 avril 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir eu, dans les journées de Juillet, les pieds contus par la chute d’un homme sur ces parties, chute qui aurait appelé sur les membres inférieurs une affection rhumatismale dont il souffre encore ; laquelle circonstance doit, si elle est prouvée, le faire ranger dans la seconde classe des blessés avec une indemnité pendant deux ans. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de six cents francs versée sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En août 1831, se trouvant toujours aux eaux à Barèges (Hautes-Pyrénées), où l’avait envoyé la Commission, il donna procuration à Odet de Pillion, demeurant 41, rue du Four-Saint-Germain, pour retirer en son nom sa médaille, le brevet qui l’accompagnait, et les vingt-cinq francs accordés à chaque décoré à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution Juillet, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce même fondé de pouvoirs demandait qu’il ne fût pas statué définitivement sur le classement de sa blessure puisqu’il ne pouvait se présenter devant la Commission, n’ayant pas quitté le lit et l’hôpital depuis les journées de Juillet. Il demeurait à l’hospice Saint-Louis en 1830 ; 25, cour du Commerce puis 24, rue de l’Ecole-de-Médecine en 1831 (24, passage du Commerce en 1831 in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II , in Archives de Paris VK3 30, in Archives de Paris VD6 633 n° 1 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; 24, passage du Commerce en 1831 in Archives de Paris VD6 3, passage du commerce en 1831 in Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés ; 25, cour du Commerce in Archives nationales F/1dIII/37 ; 24, rue de l’Ecole-de-Médecine in Archives nationales F/1dIII/38 A ; cour du Commerce à l’hôtel germanique in Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; 19, rue Pavée in Archives de Paris VK3 32 ; 22, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince à une date indéterminée, sur le registre d’émargement pour remise des bordereaux aux blessés indemnitaires qu’il signe in Archives de Paris VK3 19) ; à Barèges (Hautes-Pyrénées) en août 1831 (il est aux eaux). Il s’agit sûrement du Radiguet de Maitron. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Barèges, p. 65, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 87, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement, prestations de serment et autorisations de retirer des brevets, reçus de brevets ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VK3 19 Récompenses nationales, état d’émargement pour remise des bordereaux aux blessés indemnitaires ; Archives de Paris VK3 30, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement de Paris, qui ont été classés par le jury médical et dont les lettres ont été déposées à la mairie ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, liste des indemnitaires de deuxième classe (à trois cents et six cents francs) ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et dossier indemnitaires 2e classe, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris et liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe. J’ai dans Archives de Paris VD6 277 in dossier Boulay-Paty, Evariste, Félix, Cyprien, un Radiguel, membre de la Société asiatique de Paris, encore retenu à l’hospice par suite des journées de Juillet, qui attesta que le 28 juillet de 18 à 19 heures, il avait vu Boulay-Paty « tirer sur les gardes royaux qui défendaient le pont des Arts, et exposé à leur feu ». J’ai dans Statistiques des gens de lettres et des savants existant en France, par Guyot de Fère, 2e édition, Paris au Bureau de la statistique, 1837, p. 380, un Radiguel, Adolphe, demeurant 7, rue d’Anjou-Dauphine en 1837, professeur de belles lettres. Dans Archives de Paris VK3 44 in dossier Feitu, Jean-François, j’ai le témoignage de ce dernier qui écrit dans le récit de sa propre participation aux combats : « De toute part on s’assemblait sur la place de l’Odéon (le 29 juillet, N.D.A.). Je mis rendis. Là, je rencontrai M. Souvay (voir Sauvay, Henri), étudiant en droit, maintenant à Josselin, qui me donna deux cartouches. Après une distribution de munitions et le choix d’un chef (M. Constant à retrouver), le signal du départ fut donné et je fis partie du détachement destiné à l’attaque de la caserne de Babylone. J’étais au milieu du second peloton, qui déboucha sur la caserne au pas de charge, l’arme au bras, au milieu de la mitraille ennemie et M. Vanneau, l’un de mes compatriotes, élève de l’Ecole polytechnique, tomba près de moi. Après avoir un instant tiraillé dans la rue Plumet, je fus engagé à monter dans une maison de la rue Traverse, d’où l’on découvrait parfaitement la caserne des fenêtres de cette maison, que j’occupais avec quelques camarades, au nombre desquels se trouvait un pompier que je ne connais pas et l’un de mes anciens condisciples de l’école de droit de Rennes, M. Radiguel, aujourd’hui avocat (voir Radiguel, Adolphe, Hippolyte, Jean, Marie ? rien n’est moins sûr, car celui-là est homme de lettres). Nous fîmes un tort considérable à l’ennemi, que presque toutes nos balles atteignaient et nous contribuâmes puissamment au succès de l’attaque. »