Rebour, Antoine, Eugène
Biographie
Né le 7 pluviôse an V (bien le 7 février 1797 [sic] dans son acte de naissance ; parfois le 7 février 1796) à Grandcourt (Seine-Maritime), fils de Rebour, Jean-Baptiste, menuisier, et de Venaubre, Marianne, son épouse. Conducteur chez Laffitte. Alors qu’il sortait de son domicile, il fut attaqué, avec d’autres combattants par un détachement de la garde royale. Dans le combat, il fut blessé à la face par un coup de feu, qui lui brisa les dents. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien des Messageries générales de France, certifie que le conducteur Eugène, Antoine Rebour est dans l’impossibilité de continuer son état de conducteur de diligence, par suite d’une blessure reçues dans les journées de Juillet ; cette blessure faite par un coup de feu dans la mâchoire supérieure gauche lui a laissé une communication de la bouche avec le sinus maxillaire du même côté et qui, permettant à l’air d’y pénétrer, lui occasionne de violents maux de tête, de grandes douleurs dans toute la face, qui ne lui permettent pas de manger d’aliments solides. » Signé, le 18 avril 1831 : Nicault (voir Nicault, Gilbert, Hyacinthe), médecin. En date du 9 avril 1831, le maire de Grandcourt attestait qu’il ne possédait dans la commune « aucun immeuble audit lieu ». Il reçut (sous le nom de Raubourt, Eugène) un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, comme combattant, cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 16 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Hervet, Antoine, François, marchand boucher, demeurant 132, rue Saint-Honoré ; Lafolie, Martial, conducteur de diligences, demeurant 141, rue Saint-Honoré ; Schmid, Jean, marchand boucher, demeurant 33, rue Montorgueil. Ils attestèrent parfaitement connaître Rebour, Antoine, Eugène « et savoir que le 29 juillet dernier en sortant de son domicile il fut attaqué avec d’autres citoyens par un détachement de l’ex-garde royale et reçut dans le combat un coup de feu à la tête ; et que de cette blessure il est résulté […] sinon une incapacité de travail du moins l’impossibilité de continuer sa profession de conducteur de voitures publiques ». Le maire du (ancien) IVe arrondissement, Viguier, Auguste (voir ce nom), lui délivra un certificat pour attester qu’il avait « droit aux secours et à la pension accordée par la loi aux victimes de la révolution et que la situation de sa fortune lui rendra très précieuse cette juste indemnité des maux qu’il a soufferts pour son pays ». Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné (sous la bonne identité mais comme né à Deville en Seine-Maritime), donna, le 8 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au côté gauche de la face, de la lèvre supérieure vers l’angle de l’os maxillaire inférieur, après avoir enlevé une partie de l’arcade alvéolaire de la mâchoire supérieure, brisé les dents qui y tiennent ouvert le sinus maxillaire supérieur, fracturé l’os maxillaire ; cicatrisée avec perte des dents, d’une partie de l’arcade alvéolaire et difficulté très grande dans les mouvements de l’os maxillaire supérieur. » Il fut admis dans la 5e classe des blessés et pensionné de six cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cent vingt-cinq francs. En 1831, il écrivit au roi, afin de solliciter la décoration de Juillet ; il avait ignoré qu’il fallait faire expressément la demande de la décoration pour l’obtenir et avait pensé que le dépôt de ses pièces à la Commission des récompenses nationales eût suffi à faire valoir ses droits. Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Il demeurait 132, rue Saint-Honoré en 1830-1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 71 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant (sous le nom de Rebours, Eugène), idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, blessés de la 5e classe. Voir Ficoz, Joseph ?