Reiche, Louis

Biographie


Né en 1801 à Thionville (Moselle). Serrurier. On trouve sur son compte les renseignements suivants, sans que l’auteur en soit identifié, commissariat de police, mairie ou Commission des récompenses nationales : « Le sieur Rèche (sic), Louis, s’est battu pendant les jours de Juillet. Il demeure depuis six mois environ rue de l’Arbalète n° 20. On ne le croit pas blessé. Il a trois enfants et la femme enceinte. Il jouit généralement d’une bonne réputation. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 17 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, a fait partie des rassemblements et porté le cadavre en criant Vengeance ! jusqu’à la rue Mouffetard. Le 28, après plusieurs démarches, obtint un fusil et combattit dans les environs de la Grève, rue du Mouton. Le 29 à Babylone avec Poiret (voir Poiret, Adolphe), menus faits. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 17 janvier 1831, à trois voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Témoin à charge lors du procès des vingt-deux accusés du cloître Saint-Méry (Voir Jeanne, Eugène, Charles, Prosper), accusés de l’émeute des 5 et 6 juin 1832, il fit la déposition suivante, retranscrite par les journaux : « Le 15 mai, un nommé Lépine me proposa d’entrer dans une société dont il faisait partie ; il m’engagea à enrôler des mécontents, et me dit que si je pouvais former une section de vingt personnes, j’engagerais quelques-uns de ces enrôlés à former d’autres sections, et que quand nous serions cent, il nous délivrerait un drapeau. Le 5 juin, je le revis encore ; il me fit de belles promesses, me dit même que si nous réussissions, il me ferait commissaire de police (on rit) ; que l’on ne pouvait plus reculer ; que la poire était mûre, et qu’il fallait en finir. (Le témoin donne de longs renseignements sur ce qui lui a été dit dans les premiers jours de juin ; il raconte qu’on lui a assuré qu’un vaste complot était formé ; que les conspirateurs avaient un fort parti dans la ligne ; mais qu’ils n’avaient pu corrompre ni les dragons ni la garde municipale ; qu’on avait obtenu que le convoi passerait par les boulevards ; que cela était fort avantageux, parce qu’une fois sur la place de la Bastille, on proclamerait la république. Jeanne. Comment se fait-il que le témoin, qui, dès le 4, savait qu’une conspiration devait éclater, et qu’il y aurait des balles pour tout le monde, car elles ne choisissent pas ; comment se fait-il, dis-je, qu’il soit allé au convoi ? Me Marie. Et surtout pourquoi ne s’est-il pas réuni à sa compagnie ? Le témoin. Je n’étais pas encore de la garde nationale ; je n’en ai fait partie que le 6 juin. J’avais cessé d’en faire partie depuis l’affaire de l’Archevêché. Jeanne. Pourquoi le témoin avait-il quitté la garde nationale ? Le témoin. Parce que je suis ouvrier, et que je n’avais pas le moyen de faire le service. » En 1833, ouvrier journalier, il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Renseignements très favorables et même font connaître qu’en 1832 il rendit service au gouvernement, en signalant la Société Gauloise. » En 1836, ouvrier serrurier, il faisait volontairement le service de la garde nationale et avait « donné dans plusieurs circonstances des preuves de dévouement ». Il reçut soixante-quinze francs en 1836. En 1837, il sollicita ainsi des secours : « […] Père de quatre enfants, soutien d’une mère âgée et infirme. Garde national depuis la formation jusqu’en 1835. Dévoué au roi que la France a choisi, dans plusieurs circonstances, il a donné des preuves de son attachement à la dynastie d’Orléans. […] Sept personnes manquent du plus strict nécessaire […]. Faute d’ouvrage dans une saison bien rigoureuse il se trouve, lui et toute sa famille, dans une affreuse misère. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1837, de trente francs en 1838. En 1839, il sollicita de nouveau des secours « devant à son boulanger, à la veille de ne pouvoir manger » et obtint vingt francs en 1839, et vingt-cinq francs en 1840. En 1841, homme de peine, il précisait : « […] Il n’a cessé de donner des preuves de son attachement à Sa Majesté ; garde national, il a repoussé l’émeute et, comme partisan de la dynastie d’Orléans, il a averti l’autorité de l’insurrection de juin et prouvé au jury que le complot a été ourdi d’avance et, par sa déposition, le jury a été convaincu que l’on voulait renverser le gouvernement. » Les renseignements de police recueillis sur son compte lui furent favorables et il reçut un secours de quarante francs, puis de quarante et de vingt-cinq francs en 1842, de quarante francs en 1843, et de vingt-cinq francs en 1844. En 1845 : « […] Garde national, pendant nos désordres il s’est toujours mis au premier rang pour faire triompher l’ordre public. » Il reçut un secours de quarante francs en 1845, de la même somme en 1846 et de vingt-cinq francs en 1847. Le 9 février 1848, il fit une nouvelle demande de secours, mais la proclamation de la république empêcha le versement de tout secours. Il demeurait 1, rue de l’Arbalète en 1830-1831 ; 18, rue de l’Arbalète de 1836 à 1838 ; 22, même rue de 1839 à 1845 ; 1, même rue en 1846 et 1847 ; faubourg Saint-Vincent à Orléans (Loiret). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité trois fois : la première sous le nom de Reche, Louis ; la deuxième sous le numéro 42 et le nom de Rêche, Louis, la troisième sous le numéro 204 et le nom de Rèche) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 17 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Reche, Louis), idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 17 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 50 in dossier Poiret ; Archives de Paris VK3 51 (voir dossier Poiret, sous le nom de Rèche, Louis) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 (sous le nom de Rêche, Louis). Procès des vingt-deux accusés du cloître Saint-Méry événements des 5 et 6 juin 1832 suivi de pièces justificatives, Paris, chez Rouanet libraire, 1832, p. 28.

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