Reignac, Jacques
Biographie
Né vers 1792 dans les Ardennes. Cordonnier. Sa fille déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Henriette sollicita en effet une pension, son père ayant été quatre années prisonnier sur les pontons anglais, puis combattant de Juillet et enfin tué le 6 juin 1832 près le passage Molière dans la rue Saint-Martin. Elle joignait à sa demande le certificat suivant : « Le citoyen Parrans, concierge rue Aumaire n° 19 bis, certifie que le nommé Raynac, Natif de Sedan, département des Ardennes, marié à Saint-Omer, a servi sous l’Empire et a été fait prisonnier à Porsmouth en Angleterre l’espace de quatre ans. Je certifie aussi que le nommé Raynac en 1830 a pris part à l’attaque de la caserne Babylone et qu’il a montré un grand courage malgré le feu terrible des Suisses et qu’il a emporté le chapeau chinois de la musique et que pendant les trois jours il s’est montré dans les endroits les plus périlleux. Je certifie que le nommé Raynac, demeurant chez moi, rue Maubuée n° 6 au 4e étage le 6 juin a pris les armes depuis 8 heures du matin et qu’il s’est défendu en vrai héros et qu’il a dit à la barricade C’est ici Marengo, il faut vaincre ou mourir, étant près de lui lorsqu’il prononça ces mots ; la mort pleuvait de toute part ; foudroyé par la mitraille lorsqu’il fut frappé d’un coup de feu droit au cœur. En tombant il s’était fendu le sourcil gauche ; je le reconnus et fis enregistrer le nommé Raynac, natif de Sedan ; il avait un serpent piqué autour de son corps ; il s’était fait piquer étant prisonnier d’Etat. Il laissait à cette époque une femme et une fille âgée de treize ans. Plus tard, la demoiselle Henriette Raynac est entrée au service de M. Jardinier, marchand tailleur, marché Saint-Jacques, rue des Ecrivains n° 9 et qu’elle a soutenu sa mère l’espace de onze années et qu’elle jouit d’une conduite et d’une réputation honorable. » Signé : Parrans, demeurant 19 bis, rue Aumaire. Suivaient aussi les signatures de (tout trois combattants était-il précisé) : Badeul, tailleur ; Boamy, cordonnier ; Bonvallet, cordonnier. Puis de : Lanquelin, demeurant 6, place du Châtelet ; Jardinier ; Lebef ; Damien ; Menouillard ; Audoux ou Audoin. Le certificat suivant attestait le décès de Reignac pendant les combats de juin 1832 : « Je, soussigné, greffier de la morgue, certifie que le 6 juin 1832, il a été inscrit sur le registre de la morgue, sous le numéro 181, un cadavre de sexe masculin, qui avait été reconnu pour être celui d’un nommé Reignac, âgé de quarante ans, marié, cordonnier, demeurant rue Maubuée, n° 6, tué d’un coup de feu aux journées de juin. » Signé, le 1er mars 1848 : Fourlet illisible. Sa fille fut recommandée par la Commission pour une pension de quatre cents francs. Il demeurait 6, rue Maubuée en 1832 ; sa fille, 9, rue des Ecrivains près de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie en 1848. Archives de la préfecture de police AA 410 ; Archives de la préfecture de police, registre de la morgue, 1832 ; Bouchet, Le Roi et les Barricades, Seli Arslan, p. 71.