Rémond, René
Biographie
Né le 6 brumaire an VI à Domfront-en-Champagne (Sarthe). Corroyeur et portier 15, rue de Savoie. Il fut blessé par un coup de feu qui lui brisa une partie de l’arcade sourcilière droite, le 29 juillet, par l’explosion d’un pistolet qui lui creva dans la main. Il donna le récapitulatif suivant de sa conduite : « […] Le 27 au soir, il était au Palais-Royal. Le 28, armé d’un fusil, il a, pendant toute la journée et une partie de la nuit, tiré sur les troupes royales qui occupaient la place de la Grève et a constamment essuyé leur feu. Le 29, après avoir concouru à la prise de la caserne des Minimes et de celle des Francs-Bourgeois, il s’est transporté au Panthéon et a fait partie du rassemblement qui, de là, s’est porté, sous la conduite d’un élève de l’Ecole polytechnique, sur le Louvre et les Tuileries et s’est emparé de vive force de ces deux résidences. C’est lors de cette dernière expédition qu’il est tombé blessé d’un coup de feu à la partie latérale de la tête près l’œil ; ce qui l’a rendu pendant cinq semaines incapable de travailler. Tous les faits ci-dessus sont attestés par une foule de témoins et notamment par MM. Crisabre, rue Saint-Martin, n° 118 ; Courtois, marchand de vins, rue Christine ; Hardon, maître serrurier, rue des Francs-Bourgeois, n° 3 ; Martin, fruitier, rue de Savoie, n° 15 ; Poisson, artiste, rue de Savoie, n° 15 ; Bruneau, marchand de vins, rue de Savoie, n° 2. » Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Je, soussigné, docteur en médecine, attaché au bureau de charité du (ancien) XIe arrondissement, membre de la Légion d’honneur, certifie que, le 29 juillet 1830, M. Rémond, René, corroyeur et portier rue de Savoie n° 15, a été blessé à l’angle externe de l’œil droit par l’explosion d’un pistolet qui lui a crevé dans la main ; qu’une petite portion de l’arcade sourcilière a été brisée ; que cette blessure, qui pouvait avoir des suites graves, a parfaitement guéri en moins de trente jours et qu’enfin la cicatrice qui en est résulté ne présente point d’adhérence, comme il est facile de s’en assurer. » Signé, le 27 avril 1831 : Foucart. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement et sans doute aussi du (ancien) XIe arrondissement. Père de deux enfants, il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs, le 19 octobre 1830, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. En mai 1831, ne voyant pas son nom dans la liste des décorés de la Croix de Juillet, il demanda à la Commission de réparer ce qu’il considérait comme une « omission involontaire » de sa part. Quelques jours plus tard, lorsque les listes des médaillés parurent, il devait y lire son nom, s’apercevant qu’il n’avait en fait reçu que la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 28 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure accidentelle par explosion d’un pistolet dans ses mains à l’angle externe de l’œil droit, avec atteinte superficielle aux os, guérie sans infirmité mais qui doit le faire ranger dans la première classe des blessés. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de cent vingt francs versée sur un an. Il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il avait présenté un certificat, délivré en date du 23 juin 1828 par le maire de Saint-Pavin-des-Champs (Sarthe), qui attestait que, corroyeur, il avait vécu l’espace de dix ans dans la commune, jusqu’à son départ pour Paris et s’était comporté « avec honneur et probité ». Il reçut sa médaille le 7 juillet 1831, et son brevet le 19 août de la même année. Le 25 juillet 1831, la mairie lui fournit, à titre de blessé décoré, un habillement (soit une redingote de drap bleu, un gilet de casimir noir, un pantalon avec ses guêtres de coutil russe, un chapeau et des souliers). Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1830, il était père de deux garçons : François, Isidore né vers 1823 au Mans (Sarthe), Charle, Stanislas né vers 1827 aussi à Paris. Il demeurait à Saint-Savin-des-Champs (Sarthe) l’espace de dix ans et avant son départ pour Paris ; 15, rue de Savoie (15, rue de Savoie et 18, rue Saint-Martin in Archives nationales F/1dIII/37) (18, rue Saint-Martin et anciennement 15, rue de Savoie in Archives de Paris VD6 639 n° 6, tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; 15, rue de Savoie in Archives nationales F/1dIII/38 A, in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe, in Archives de Paris VK3 30) en 1830-1831 ; 14, rue Zacharie en 1833. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 86 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement, liste des citoyens blessés décorés à habiller ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 91, idem liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement, idem son dossier individuel ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs, idem bulletin des médailles ; Archives de Paris Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 6, tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 30, état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 1re classe à 120 francs, (ancien) XIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/73 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de 1re classe.