Renaud, Arnaud

Biographie


Né le 6 thermidor an VI à Bourg (Gironde). Ouvrier bottier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il signa, le 27 août 1830, le certificat suivant en faveur de Charbo, Thomas : « Nous, soussignés, certifions parfaitement connaître le nommé Charbo, Thomas, ouvrier bottier, demeurant à Paris, rue des Maçons-Saint-André-des-Arts n° 13, qu’il est ancien militaire, ex-sergent de voltigeurs au 86e régiment de ligne, a fait la campagne de France et fut licencié en 1815 pendant les Cent-Jours ; qu’il est entré dans la IIe légion de la garde nationale de Paris, qu’au moment des événements qui viennent d’avoir lieu dans Paris il a pris les armes pour la cause de la patrie et ne les a posées qu’après le triomphe de la liberté ; qu’il a été absent de chez lui les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier ; qu’il s’est rendu utile à ses camarades au palais de justice, au découvrement (sic) de la grille pour y placer le drapeau tricolore, ensuite auprès du Louvre où il a aidé à porter les blessés et à leur donner des secours ; qu’il était présent lorsque l’estafette qui portait les dépêches de Dijon, venant de la duchesse d’Angoulême, a été arrêtée et conduite au gouvernement provisoire par le nommé Batiste, marchand de vin ; qu’étant aussi auprès de la Monnaie et des Quatre-Nations, il a tiré plusieurs coups de fusil contre les troupes qui tiraient par les croisées du Louvre. De là, il a rassemblé plusieurs de ses camarades pour faire des barricades. Après que les ennemis de la patrie ont été vaincus, il s’est présenté à la mairie du (ancien) XIe arrondissement pour se faire inscrire sur les contrôles de la garde nationale et en fait partie comme caporal à la 4e compagnie du 2e bataillon (chasseur). Qu’au moment où il descendait une garde, il est tombé malade par suite de fatigue et grand échauffement et est resté quinze jours sans pouvoir travailler. » Il reçut, en juillet 1834 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de six francs, à titre de décoré de Juillet. En 1844, à l’occasion d’une demande de secours, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Ouvrier bottier, gagne deux francs cinquante par jour. Sa femme est infirme et entièrement à sa charge. Ce ménage est dans une position nécessiteuse et jouit d’une bonne réputation. Il a été établi rue de la Harpe et n’a pas prospéré, par suite des pertes qu’il a éprouvées dans son commerce. » Il reçut un secours de quarante francs en 1844, de la même somme en 1846 et en 1847. En décembre 1848, il était sans travail depuis longtemps et sollicita des secours. Il reçut un secours de quarante francs en 1849. En 1850, il était veuf depuis six mois, représenté sous de bons rapports et « comme un homme paisible, dévoué au gouvernement » mais dans une position malheureuse selon la police. Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, deux secours de soixante francs en 1851, à titre de médaillé de Juillet, de soixante francs au début de l’année 1851, de la même somme à la fin de cette même année, un secours de soixante francs en 1853. En 1854, il s’était retiré à Bourg, son pays natal, et vivait dans une propriété de son frère, maître bottier à Bordeaux et qui était, disait-on, fort riche. Il reçut un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs en 1856 Cette même année 1856, le commissaire de police de Bourg avait donné sur son compte les renseignements suivants : « […] Ancien cordonnier, qui a habité Paris fort longtemps. Il est revenu à Bourg, son pays natal, depuis deux ans environ. Il est dans une propriété appartenant à son frère, maître bottier à Bordeaux, qui, dit-on, est fort riche. La réputation de cet individu est bonne. Quant à sa position de fortune, elle est inconnue. Cependant, généralement, on est loin de croire qu’il est dans la nécessité de réclamer des secours du gouvernement. » Il demeurait 44, rue de la Harpe en 1830-1831 ; 9, rue Percée en 1834 ; 15, rue du Petit-Pont en 1844 ; 1, rue de Fourcy-Saint-Antoine, un loyer de cent quarante francs par an, en 1846-1853 ; à Bourg en 1854-1856. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement (sous le nom de Arnaud, Remond) ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie, idem Médailles retirées ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, liste des décorés de la médaille de Juillet, présumés à habiller ; Archives de Paris VI1, Etat de répartition de la somme de quatre cent dix francs et cinquante-cinq centimes mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être attribuée à MM. les décorés de Juillet ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 377 in dossier Charbo, Thomas.

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