Renaud, Charles, François
Biographie
Né vers 1790 ou 1793 à Paris. Ouvrier tourneur en cuivre. Il fut blessé à la jambe gauche, le 29 juillet au Louvre, et fut un de ceux qui protégèrent l’abbé Paravet de Saint-Germain-l’Auxerrois. Il reçut (sous le nom de Renaud, Charles, François) un secours de dix francs, le 23 août 1830, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Renaud, Charles, François), du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il était porté sur les fiches de Juillet pour le VIe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Renault, Charles, François) un secours de vingt-cinq francs, le 20 octobre 1830, et (sous le nom de Renaud) un secours de vingt-cinq francs, le 15 novembre 1830, un secours de vingt-cinq francs, le 15 décembre 1830, un secours, définitif, de vingt-cinq francs, le 15 janvier 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il déposa (sous le nom de Renaud, Charles, François) un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, commissaire nommé pour recueillir les faits mémorables des 27, 28 et 29 juillet 1830, certifie que le sieur Renaud, Charles, demeurant rue des Vertus n° 23, âgé de trente-huit ans, marié, ayant une fille de dix ans, tourneur, m’a déclaré être allé au Louvre, où il s’est battu, et ensuite a aidé à transporter et enterrer les morts. Il m’a présenté alors deux certificats qui attestaient son dévouement. Il a reçu une légère blessure à la jambe mais cette blessure ne l’a point empêché de marcher. Cette déclaration a été faite dans les premiers jours d’août. » Signé, le 21 juillet 1831 : Hoyau. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que Jean-François Renaud (sic) a travaillé avec beaucoup de zèle pour l’enterrement des mort, qui a eu lieu dans le jardin du Louvre, en face la colonnade, le 30 juillet depuis 4 heures du matin jusqu’à 5 heures du soir. Il m’a accompagné pour le départ de M. l’abbé Paravet jusqu’à son retour. » Signé, le 21 juillet 1831 : Dauvin, demeurant dans le quartier des Tuileries. En 1833, il était marié et père d’un enfant. En 1837, « sans ouvrage depuis longtemps », il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Il est séparé d’avec sa femme par suite de sa mauvaise conduite, il doit 128 francs à son propriétaire pour termes de loyer. » En 1842, il était ouvrier bijoutier en faux, sans travail depuis longtemps, et la police recueillait sur son compte les renseignements suivants : « On lui accorde une assez bonne réputation, cependant on lui reproche un peu de penchant à l’ivrognerie. L’ouvrage lui manquant en ce moment, il est très malheureux. On assure qu’en plusieurs circonstances il a fait preuve de dévouement au gouvernement. » Il reçut un secours de quarante francs pour cette année-là. En 1843, les mêmes sources ajoutaient : « Son état de tourneur sur métaux lui rapporte trois francs cinquante par jour, qui ne peuvent suffire aux dépenses nécessitées par une affection de poitrine pour laquelle il suit dans ce moment un traitement coûteux. Il passe pour un très honnête homme. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1843, et de quarante francs en 1844. En 1845, les mêmes sources administratives précisaient qu’il avait sa fille blanchisseuse, que sa femme faisait des ménages, qu’ils étaient « dans une position qui les met au-dessus du besoin » et ajoutaient : « Regnaud a déclaré ne pas être décoré, il a seulement reçu des secours comme combattant de Juillet. » Il reçut vingt-cinq francs de secours en 1845, et la même somme en 1847. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « A l’honneur, citoyen président, de vous exposer que combattant dans les journées de Février, il a constamment servi la patrie en vrai démocrate et qu’il a fait tout ce qu’un homme dans sa position pouvait faire pour la république. Combattant de Juillet, blessé à la prise du Louvre et n’étant pas pensionné, étant trop âgé, cinquante-sept ans, pour servir la république comme soldat, il espère que cette fois vous voudrez bien prendre en considération sa triste position. Pauvre et sans soutien, il a confiance dans la république, elle ne fera pas comme la royauté qui se servait des hommes honnêtes pour la faire triompher et qui ensuite les laissait périr de misère. Dans cette attente, etc. » Sa demande était apostillée de plusieurs signatures : Barnabé ; Stoich illisible, sous-lieutenant à la 2e compagnie du 3e bataillon de la VIe légion. Petitpas, pharmacien, demeurant 3, rue Grenetat, qui ajoutait : « Je soussigné que le citoyen Regnaud s’est très bien comporté pendant les journées des 23 et 24 février et qu’il a pris une part active pour proclamer la république. » Trichard, principal locataire du 11, rue Grenetat, qui précisait : « Je soussigné que le citoyen Régnaud a pris les armes pour proclamer la république et qu’il a fait son devoir de bon citoyen. » Sa demande fut rejetée par la Commission. En juin 1848, le commissaire de police de son quartier certifia qu’il avait « fait son service de garde national, ami de l’ordre pendant les journées des 23 et 24 juin 1848 ». En 1850, la préfecture de police renseignait sur son compte : « […] Se trouve sans ouvrage et dans une position malheureuse. […] On s’accorde à dire du bien de cet individu. » Il reçut quarante francs de secours en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de combattant de Juillet. Il demeurait 23, rue des Vertus près du Temple en 1830-1837 ; (3, rue des Vertus sur son dossier in Archives de la préfecture de police AA 410 en 1831 ; 24, rue des Vertus en janvier 1831 in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5). 23, rue Phélippeaux de 1842 à 1845 ; 11, rue Grenetat ou 351, rue Saint-Denis en 1848-1849 ; 16, rue Sainte-Foy, une chambre d’un loyer de cent francs par an en 1850-1851 ; à l’hospice Bon Secours à Charonne en 1851 ; 3, rue de Lauzun à Belleville en 1852 ; 11, impasse du Puits près la rue Saint-Laurent à Belleville en 1853-1854. Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 (sous le nom de Regnaud, Charles, François) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier (sous le nom de Renaud, Charles, François), idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées (sous le nom de Renaud, Charles, François), V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831) (sous le nom de Renaud, Charles, François) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Renaud, Charles, François) ; Archives nationales F/1dIII/73 (sous le nom de Regnaud, Charles, François) ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Renaud, Martin (sous le nom de Renaud, Charles, François) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84 (sous le nom de Regnaud, Charles, François), idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99 (sous le nom de Regnaud, Charles, François), idem Ministère de l’Intérieur, Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de 1851 (secours à divers titres), en date du 23 février 1851, minutes 167-169 (sous le nom de Regnaud, Charles, François), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Regnaud, Charles, François) ; Archives de la préfecture de police AA 410 (sous le nom de Renaud, Charles, François et sous celui de Regnaud, Charles, François).