Repusseau, Pascal, Etienne
Biographie
Né le 3 mars 1808 à Toucy (Yonne). Menuisier. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Son père certifia que Lengellé, Louis, François avait combattu « avec son fils » pendant les journées de Juillet, quand ce dernier fit valoir ses droits à une récompense. Il entra comme sapeur à la 1re compagnie du 2e bataillon du 1er régiment du génie, le 7 décembre 1830, comme conscrit de la classe 1828 et fut caserné à Arras (Pas-de-Calais). Sa médaille lui fut délivrée le 24 juin 1831 et son brevet fut envoyé, le 20 août 1831, au colonel de son régiment. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il passa au 19e régiment d’infanterie de ligne en qualité de sergent, fit les campagnes de 1831 et 1832 en Belgique, fut congédié le 31 décembre 1836. En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. En 1843, il demeurait à Meaux et fut choisi par la Société d’agriculture, sciences et arts de Meaux pour recevoir une des médailles d’honneur qu’elle décernait tous les ans aux ouvriers qui s’étaient distingués par leur mérite et leurs connaissances industrielles. Il fut l’objet du compte-rendu suivant de cette Société, paru dans le Journal de Seine-et-Marne : « […] Etienne, Pascal Repusseau est un excellent ouvrier menuisier, sa conduite irréprochable est attestée par les maîtres chez lesquels il a travaillé tant à Paris qu’à Meaux depuis vingt-deux ans environ. Les soins qu’il a prodigués aux blessés en 1830 lui ont valu une médaille d’honneur. Puis, appelé au service militaire, il a fait la campagne de Belgique ; sa conduite a été telle au siège d’Anvers que simple soldat du génie il a été nommé sergent. Son avancement militaire était certain ; mais il a préféré avoir une famille. Depuis qu’il a quitté le service, il ne cesse de donner de bons exemples à ses camarades. Ainsi, après les heures de travail, il réunit chez lui d’autres ouvriers et leur apprend le dessin linéaire et la stéréotomie. Des épures et des projets nous ont été présentés tant du maître que des élèves. Nous avons été frappés de la pureté du dessin et de l’élégance de la composition. Un autre avantage nous a paru saillant dans ces réunions d’ouvriers étudiant en commun ; cet emploi si utile de leurs loisirs jusqu’à une heure avancée de la nuit les préserve de la dangereuse oisiveté des cabarets. Ces améliorations matérielles et morales obtenues par les efforts de Repusseau nous ont paru devoir mériter à cet estimable ouvrier une médaille d’honneur. » Repusseau devait nuancer par la suite la réussite de la bonne volonté qu’il avait montrée : « J’ai donné des leçons aux ouvriers durant trois hivers mais les jeunes gens de Meaux sont peu industrieux et gagnent si peu qu’ils ne peuvent pas faire le sacrifice d’une étude sérieuse pour faire un bon praticien. Depuis quatre ans je ne donne plus de leçons le soir. Si j’avais un emploi dans une ville plus considérable et que la classe laborieuse soit en plus grand nombre je me livrerais encore avec plaisir, dans mes moments de loisirs à l’instruction des jeunes ouvriers. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir un emploi. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « La gêne qui s’est fait trop longtemps sentir, tout en me courbant sous les poids d’un travail obstiné et qui n’a cessé de me poursuivre en m’imposant la peine et les privations, m’engage à présenter à votre bienveillante protection un demande, au moment où vous allez à la classe laborieuse donner la part de chacun. Je viens donc déposer au sein de votre noble mission le soin de mon avenir, espérant obtenir un emploi qui pourra donner le pain du jour et subvenir aux besoins d’élever ma famille. Je suis né en Bourgogne. Fier d’être le compatriote du citoyen Lamartine, j’ai été élevé à Paris au (ancien) Xe arrondissement, rue du Dragon, 2, où j’ai demeuré vingt-deux années consécutives, jusqu’au moment où, après avoir pris une part active à la glorieuse révolution de 1830, j’ai été payer ma dette à l’Etat à la prise d’Anvers. De retour dans mes foyers, j’ai repris mes travaux de menuiserie ; il y a sept ans que des circonstances m’ont fait quitter Paris pour aller à Meaux. Là, ma famille a augmenté considérablement et le gain d’une faible journée de province me mettait dans l’impossibilité de vivre sans de rudes privations. Il y a un an que j’ai entré dans l’administration des Ponts et Chaussées, en qualité de surveillant pour les travaux d’art du chemin de fer de Paris à Strasbourg (appointement de quatre-vingt-sept francs par mois). Cela suffit-il pour nourrir sept personnes ? Malheureusement, c’est une place amovible et dans quelques mois les travaux d’art finiront et l’on réformera le personnel, cet emploi n’appartenant pas à l’Etat. Citoyens, veuillez excuser mon importunité. Si vous prenez en considération ma demande, j’oserai donc solliciter un emploi inamovible, soit dans un embarcadère soit chef d’atelier, enfin ce que la Commission voudra bien décider en ma faveur. En faisant droit à ma demande, vous obligerez un des plus dévoués à la cause nationale et à la république française. » Un adjoint au maire de la ville de Meaux lui délivra un certificat comme quoi depuis sept ans qu’il vivait dans cette ville il s’était concilié « l’estime de ses concitoyens ». Sa demande fut refusée par la Commission. Il s’était marié le 9 janvier 1839 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement et avait quatre enfants : Jules, Léon, Etienne, né vers 1840 à Paris (ancien) IVe arrondissement ; Anna, Marie, née vers 1841 à Paris (ancien) IVe arrondissement ; Eugène, Pierre, né vers 1845 à Meaux ; Clémence, Gabrielle, née en 1847 ou 1848 aussi à Meaux. Il avait en 1848 son père à charge, né vers 1775, et qui demeurait avec lui. Il est très souvent indiqué sous l’identité de Repusseau, Etienne, Pascal. Il demeurait chez son père, 2, rue du Dragon en 1808-1837 ; à Meaux depuis 1841 ; rue Tivoli à Meaux en 1843 ; 16, rue du Sabot à Meaux en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1837 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 in dossier Lengellé, Louis, François ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 410.