Richard, Jean-François
Biographie
Ancien officier. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa, en effet, le 15 septembre 1831, la lettre suivante à la Commission : « J’ai l’honneur de vous adresser les deux certificats ci-joints constatant la part active que j’ai prise aux événements glorieux de Juillet. Je vous ferai observer que tous les signataires sont combattants, et la plus grande partie décorés. J’ai été un des premiers à contribuer de tous mes efforts à l’insurrection ; mes discours et mes avis n’ont pas été inutiles dans les environs du Palais-Royal et dès que je me fus procuré une arme je ne cessai pas de combattre tant qu’il y eut du danger. Je crus en cela n’avoir fait que le devoir d’un bon Français et je ne sollicitai aucune récompense, croyant d’ailleurs que la décoration nationale ne serait distribuée qu’en très petit nombre et à ceux qui se seraient plus particulièrement distingués et que dans tous les cas une enquête faite par la Commission des récompenses établirait mes droits sans que je fusse obligé de faire le métier de solliciteur qui m’est totalement étranger. Près de six mille nominations sans enquête préalable m’ont détrompé. Ayant appris seulement il y a trois jours l’existence de votre commission, je m’adresse à vous, messieurs, dans l’espérance que vous voudrez bien appuyer ma réclamation de la décoration nationale. J’ai l’honneur, etc. » Il joignait effectivement deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre parfaite connaissance que M. Richard, Jean-François, ancien officier, demeurant à Paris, salle neuve du Palais-de-Justice n° 40, a été un des premiers à se soulever contre les ordonnances liberticides du 25 juillet ; que dès le mardi 27, après avoir coopéré de tous ses efforts à exciter l’insurrection, il s’est mis à la tête d’une troupe d’ouvriers et s’est porté partout où il y avait du danger ; qu’il s’est battu en brave toute la journée du 28 et que le 29, dès la pointe du jour, il s’est emparé du poste de la préfecture de police, où il a contribué efficacement à empêcher le pillage des archives et l’invasion des malfaiteurs ; qu’il a par conséquent contribué par tous ses moyens au triomphe de cette belle devise Liberté, ordre public de la garde nationale, dont il faisait partie depuis le 29 juillet et où il n’a cessé depuis cette époque de donner des preuves de zèle et de dévouement. » Signé, le 25 mai 1831 : Gallemant du Marennes (voir Gallemant de Marennes, Antoine, Jean, Charles), commis principal au ministère de la Guerre, décoré de Juillet ; Voisin (voir Voisin, Jean, Charles, Nicolas), décoré de Juillet, demeurant 2, rue de Bourgogne ; Eck (voir Eck, Charles, Louis, Gustave), Architecte, officier du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 20, rue de Bourgogne ; Leignadier ; illisible, chef du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que dans la journée du 29 juillet 1830 M. Richard, demeurant salle neuve du Palais-de-Justice n° 40, a été un des premiers à se ranger sous mes ordres, dès 6 heures du matin, pour parvenir à organiser un poste de garde nationale à la préfecture de police, empêcher l’invasion des malfaiteurs et la destruction des archives du palais de justice ; que dans les deux journées précédentes il s’est montré en bon citoyen et que, depuis dix ans que je le connais, je l’ai toujours considéré comme aussi recommandable par ses principes libéraux que par ses qualités personnelles. » Signé, le 4 août 1830 : Nève, capitaine de la garde nationale, demeurant salle neuve du Palais-de-Justice n° 9. Galisset, secrétaire à la préfecture de police, apostillait ce certificat en en garantissant l’exactitude. Richard demeurait 40, salle neuve du Palais-de-Justice en 1831. Archives de la préfecture de police AA 411.