Richard, Pierre, Nicolas

Biographie


Né le 14 octobre 1784 à Notre-Dame-de-Joinville (Haute-Marne), fils de Richard, Joseph, manouvrier, et de Perin, Colombe, son épouse. Ancien maréchal des logis au 5e chasseurs, devenu marchand de vin au coin de la place Saint-Sulpice et de la rue des Canettes. Il était électeur en 1830. Il fut, le 29 juillet dans la rue Saint-Honoré, blessé d’un coup de feu qui lui traversa la poitrine de part en part. Les journaux relataient ainsi sa participation aux combats : « Le marchand de vin de la rue des Canettes, dont une balle a traversé la poitrine et s’est fait ensuite passage jusqu’à la clavicule, se nomme Richard. Il est certain qu’après l’extraction de cette balle, il la saisit, la porta à sa bouche, et dit : “Portez cela à ma femme, et dites-lui que je meurs pour ma chère patrie…” M. Richard n’est pas mort une heure après, comme on l’a dit par erreur ; au contraire, le docteur Bocquet, par ses soins multipliés, est parvenu à le rappeler à la vie. Il est aujourd’hui hors de danger. » (Dans le National du 3 août 1830, dans l’Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, par Fayot, et dans Le réveil du peuple français, il meurt, en effet, une heure après l’extraction de la balle). Il adressa la lettre suivante au président de la Commission des récompenses nationales, pour faire valoir les droits du médecin qui l’avait soigné, le docteur Bocquet, Xavier, Joseph : « Faire connaître au général Fabvier l’objet d’une juste et éternelle reconnaissance me semble un devoir agréable à remplir. Presque sorti du tombeau par les soins actifs et désintéressés du docteur Bocquet, je dois mettre au jour sa belle conduite en ce qui me concerne car je sais qu’outre ses travaux à l’ambulance de la rue de Grenelle il s’occupait encore à soulager tous ceux des blessés qui s’adressaient à lui, soit chez eux soit chez lui rue des Deux-Ecus, n° 35, et que la nuit et le jour il était sans cesse occupé. Il m’a prodigué les soins de son art avec un zèle sans exemple pendant six semaines. La blessure causée par une balle qui traversa ma poitrine de part en part, a été reconnue pour une des plus graves de celles qui ont atteint mes compatriotes dans les mémorables journées, aussi plusieurs journaux annoncèrent-ils ma mort. Cet estimable et savant docteur, seul, me servant de chirurgien, de médecin observateur et de garde-malade pendant les huit premières nuits, ne me quittait dans les journées que pour aller visiter ses autres malades. Il ne désespérait pas de me conserver la vie et rassurait avec un sang-froid admirable mon épouse désolée, mes parents et mes amis. [Je suis] aujourd’hui, grâce à lui parfaitement rétabli […]. » Il signa le certificat suivant en faveur de Vaillant, Pierre, François, Henri : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Paris et Chaillot, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Vaillant, Pierre, François, Henri, maître blanchisseur de linge, demeurant à Chaville […], est arrivé à Paris, le 29 juillet dernier à 4 heures du matin, qu’il s’y est battu jusqu’à 4 heures de relevée, qu’il a coopéré de toutes ses forces à la désertion des troupes de l’ex-roi, enfin nous attestons qu’il est un de ceux qui se sont le plus distingués dans cette mémorable journée. Ledit Vaillant a même commencé le 27 juillet dans la première affaire », ajoutant l’avoir eu à ses côtés « le 29 juillet, rue de Richelieu, qui se battait en vrai Français ». Dans l’exposé qu’il fit de sa propre conduite pendant les combats de Juillet, Olivier, devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, écrivait : « […] Le 29, il prit part à l’attaque du Louvre et des Tuileries et où, à ses côtés, le citoyen Richard, place Saint-Sulpice n° 8, fut grièvement blessé d’un coup de feu […]. » Richard fit partie avec Lamoure Auguste, Fillias Pierre François, Degournay Pierre, Claude Alexandre, Gombert François, Gostalla Adolphe, Haussmann Georges Eugène, Roques Pierre, Drouineau Pierre Gustave, Burat, Lacombe, Durocher Jean Claude, (voir ces noms) des douze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour les (anciens) Ier et XIe arrondissements. Il reçut un secours de cinq cents francs, le 24 décembre 1830, un secours de trois cents francs, le 18 mars 1831, un secours de cent cinquante francs, le 18 mai 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 18 août 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 19 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 16 décembre 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la partie moyenne et gauche de la poitrine, qu’une balle a traversée derrière et avant, actuellement cicatrisée mais qui doit laisser après elle de la difficulté dans le mouvement et de la gêne dans la respiration. En conséquence, nous estimons que le susnommé est dans le cas des blessures qui ont entraîné une incapacité durable mais incomplète d’un membre et doit être rangé dans la 3e classe des blessés. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une rente perpétuelle de soixante-quinze francs et à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de six cents francs. Il signa, le 17 août 1831, le certificat suivant en faveur de Girardon, Jean-François : « Nous, soussignés, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que le nommé Girardon, Jean-François combattait à la Grève le 28 juillet 1830 et se trouvait à la prise de l’Hôtel de ville, le 29 à la prise du Louvre, où il s’est montré de la manière la plus brillante, qu’il est à notre connaissance que le 30 juillet il a pris le service de garde national et est resté au poste pendant trois jours sans désemparer. » Il signa, le 8 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Huppe, Denis, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, propriétaires, patentés et habitants de la place Saint-Sulpice et autres lieux du quartier du Luxembourg, certifions et attestons à tous ceux qu’il appartiendra que le sieur Huppe, Denis, peintre en bâtiments, demeurant à Paris, place Saint-Sulpice n° 6, que nous certifions bien et personnellement connaître pour un bon et honnête citoyen, de bonne vie et de bonnes mœurs, époux et père d’une famille nombreuse, a coopéré de tous ses efforts aux succès des trois mémorables et glorieuses journées de juillet 1830, en ne cessant de combattre en faveur des libertés publiques ; notamment rue Saint-Honoré, où il eut un homme tué près de lui et, revêtu de son uniforme (mais cette dernière précision est peut-être rayée dans le manuscrit), il ne quitta pas les attroupements. Le 28, étant l’un des chefs de la masse armée, il s’est emparé du poste des gendarmes près Saint-Sulpice et, après sa reddition, il en est resté chef suprême et l’a garanti de l’incendie. Sorti de ce lieu, à la tête d’un peloton, avoir pourvu à sa sûreté et conservation, il est allé combattre au pont des Arts et faire construire des barricades par le dépavage de plusieurs rues. Le 29, c’est lui qui, à 3 heures du matin, fit sonner le tocsin à Saint-Sulpice et montra partie du manuscrit brûlée sonner. A 5 heures du même jour, habillé en garde national, il s’est placé chef de poste à la caserne des sapeurs-pompiers, rue du Vieux-Colombier n° 15, et réunit vingt-cinq hommes de ses camarades et avec eux maintint sa tranquillité et conserva la caserne et la libre circulation des rues adjacentes. Il y resta pendant trois jours, après lesquels il remit ce poste entre les mains de la garde nationale, et c’est M. le capitaine Ledoux, du corps des sapeurs-pompiers, qui lui abandonna la caserne, où il était resté jusqu’alors, afin que ledit sieur Huppe empêchât l’enlèvement des pompes qui étaient dans la cour et prêtes à servir au besoin. Ce brave citoyen, époux et père d’une nombreuse famille, âgé de quarante ans, ancien chasseur à cheval de la garde impériale et grenadier du 1er bataillon de la XIe légion de la garde nationale, n’a pas craint d’abandonner sa famille pour la cause nationale et n’a demandé ni gratification pécuniaire ni autre récompense, qu’il a si bien méritées. Nous, soussignés, jaloux de rendre hommage à la vérité partie du manuscrit brûlée sieur Huppe un témoignage de notre estime particulière lui avons délivré le présent pour lui valoir et servir au besoin. » En septembre 1831, il reçut soixante francs de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, somme représentant le coût d’un habillement. Il prêta, le 22 juin 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il fit partie des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, choisis pour composer la délégation de décorés présente à la cérémonie d’inauguration des tables du Panthéon sur lesquelles étaient inscrits les noms de ceux qui avaient trouvé la mort pendant les combats de Juillet. Il reçut, en juillet 1833 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de vingt-cinq francs, à titre de décoré de Juillet. Il était père de deux filles : Adélaïde née vers 1827 à Paris, et Adrienne née vers 1830 aussi à Paris. En 1830, il était grenadier à la XIe de la garde nationale. Il demeurait 8, place Saint-Sulpice en 1830-1833 (par erreur une fois 6, place Saint-Sulpice en mars 1831 in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; par erreur toujours 10, place Saint-Sulpice en juin 1831 sur la lettre de convocation pour retirer sa médaille in Archives de Paris VD6 633 n° 1). Le Constitutionnel, 18 août 1830. (Dans le National du 3 août 1830, dans l’Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, par Fayot, et dans Le réveil du peuple français, il meurt une heure après l’extraction de la balle) ; L’Indépendant (ci-devant la Semaine), 12 août 1830 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 125-126 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 191-192 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 346 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 129 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 135 ; Le réveil du peuple français, ou le triomphe de la liberté. Relation historique des principaux événements qui ont eu lieu à Paris dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, rédigé sur les pièces officielles du gouvernement, Paris, au Cabinet littéraire, Vieille rue du Temple, n° 6, 1830, p. 18-19 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement, liste nominative des cas exceptionnels du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 87 (sous le seul nom de Richard), p. 110 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement habillements fournis en argent ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 et idem mairie du (ancien) XIe arrondissement, un gros cahier vert de récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, convocations des décorés à la mairie, idem liste de MM. les décorés de Juillet qui avaient déposé leurs brevets à la mairie du (ancien) XIe arrondissement et auxquels ils ont été rendus, idem liste des décorés de la Croix de Juillet dans le (ancien) XIe arrondissement qui ont prêté le serment prescrit par l’ordonnance, députation du Panthéon, idem liste des décorés blessés très nécessiteux et dignes d’intérêt, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, blessés pensionnaires, compte établi du 8 octobre 1830 au 1er août 1831, idem Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, rentes perpétuelles, idem bulletin des croix, pièces (son dossier est indiqué comme manquant), idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 6, tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; Archives de Paris VI1, liste des décorés de Juillet, qui ont reçu un secours de vingt-cinq francs les 27 et 28 juillet 1833 ; Archives de Paris VK3 19, lettre en date du 1er février 1832 de la préfecture de la Seine au maire du (ancien) XIe arrondissement, idem liste définitive des cas exceptionnels, idem séance du 13 février 1832, idem Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de 3e classe dont les bulletins individuels ont été remis au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Récompenses nationales, registre d’émargement de remise de certificats de vie aux blessés de Juillet ; Archives de Paris VK3 30, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement de Paris, qui ont été classés par le jury médical et dont les lettres ont été déposées à la mairie, idem état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 54 in dossier Vaillant, Pierre, François, Henri ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, cas exceptionnels et blessés de 3e classe ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 389 in dossier Girardon, Jean-François ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Huppe, Denis ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Olivier ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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