Rigot, Julien, Sébastien
Biographie
Né vers 1796 à Avranches. Ancien militaire au 43e régiment d’infanterie. Il s’illustra au Louvre. Il fut légèrement blessé de deux coups de baïonnette. Il fut incorporé à la 3e compagnie du 2e bataillon de la garde municipale et caserné aux Minimes. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. En mai 1831, il adressa la lettre suivante au roi : « Je prends la liberté de recourir à Votre Majesté, à qui j’ai l’honneur d’exposer que, faisant partie des braves qui ont concouru dans les trois mémorables journées du mois de juillet à reconquérir notre liberté, ainsi qu’il consiste du certificat que je vous soumets ci-joint et dans lequel j’ai négligé de mentionner deux blessures, légères à la vérité mais réelles ainsi que je m’offre d’en justifier au besoin, sur lesquelles j’ai gardé le silence parce que je me suis traité moi-même. J’ajoute, Sire, qu’ayant le malheur d’être sans fortune et marié, je me suis adressé dans le temps à M. le directeur général des Eaux et Forêts pour qu’il daignât prendre ma pénible situation en considération et m’accorder la préférence pour une des places de garde dans son administration. Que ce fonctionnaire me répondit qu’il ne pouvait faire droit à ma réclamation qu’autant que la Commission des récompenses nationales déclarerait préalablement qu’elle m’en jugeait digne. Qu’en conséquence de cette réponse satisfaisante je m’adressais à ladite Commission. Ce fut le 26 novembre, époque où elle était en pleine activité. Mais comme je ne suis pas importun et que je m’en rapportais à la bonté de ma cause, voyant que je n’ai été compris pour rien dans son travail, je me suis présenté pour en connaître la cause et tout ce que j’ai pu savoir en reprenant mes pièces c’est que j’ai été oublié, ma demande ne s’étant retrouvée qu’après la clôture du rapport définitif, enfin que dans l’état actuel des choses Votre Majesté seule était compétente pour mon rappel supplémentaire soit pour la Croix de Juillet soit pour une indemnité, dont j’ai le plus grand besoin, vu qu’avec une faible solde de garde municipal il m’est impossible de subvenir à mes besoins. D’après la véracité de cet exposé, de l’exactitude duquel il sera facile à Votre Majesté de s’assurer, j’ose espérer qu’elle daignera ordonner à qui de droit que l’oubli de la Commission soit réparé le plus promptement possible. Quel que soit le résultat de mon placet, je n’en resterai pas moins avec le plus profond respect et dans toute la force de l’expression, Sire, de Votre Majesté, le très humble, très soumis et tout dévoué serviteur. » Il lui fut répondu, le 4 juin 1831, par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix et un secours. Il joignait à sa demande la copie de la lettre qu’il avait adressée à Louis-Philippe. Il joignait le certificat suivant à sa demande : « Je, soussigné, certifie que le sieur Julien, Sébastien Rigot, demeure dans ma maison depuis le 1er juillet dernier, que je n’ai jamais rien entendu de défavorable sur son compte et que, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, il a participé avec nous au maintien de l’ordre dans le poste établi chez moi rue de la Heaumerie n° 20. » Signé, le 27 août 1830 : Laperche, demeurant 4, rue de la Heaumerie ; Lamy, ferblantier, demeurant 16, rue de la Heaumerie ; Develoy ou Deverloy, marchand corroyeur, demeurant 18, rue de la Heaumerie. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme sans fortune. Il demeurait 8, rue Amelot en 1831. Archives de la préfecture de police AA 411.