Rojare, Paul, Emile

Biographie


Né le 19 juin 1804 à Paris. Il fut nommé, sitôt après la révolution, à l’unanimité caporal des grenadiers de sa compagnie au 3e bataillon de la XIe légion de la garde nationale. Il fut nommé, dans les premiers jours qui suivirent la révolution, directeur des postes à Mortagne (Orne). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il adressa la lettre suivante à la Commission, le 22 septembre 1830 : « Je reçois en cette ville [de Mortagne, N.D.A.], où je viens d’être nommé directeur des postes, votre lettre du 18 courant par laquelle vous me demandez quelques renseignements sur ce que vous voulez bien appeler la belle conduite que j’ai tenue dans nos mémorables journées. Ma conduite, monsieur, a été celle de toutes les personnes qui avaient du sang français dans les veines et qui croyaient ne remplir qu’un simple devoir en courant défendre nos droits et nos libertés menacés. Jai fait comme les autres : j’ai brûlé quelques amorces, j’ai été au Louvre où j’ai eu le bonheur d’aller chercher et de sauver l’un après l’autre deux pauvres blessés qui se trouvaient entre les deux feux. Là aussi, j’ai eu le bonheur d’attraper quelques égratignures à la main et au côté gauche, voilà tout ; cent autres en ont fait plus que moi. Je ne vous dissimulerai pas toutefois, monsieur, qu’appuyé par le capitaine de ma compagnie, j’ai adressé à notre brave général Lafayette la demande d’une croix, moins convaincu peut-être des droits que je puis y avoir que bien résolu à m’en rendre digne et à la faire respecter. » Il était porteur de la recommandation suivante de la part de Gillet, Paul (voir ce nom) pour le général Lafayette : « J’ai l’honneur d’attester la conduite du caporal Rojare, conduite qui le rend digne de la bienveillance de notre brave général Lafayette, à qui je prends la liberté de recommander particulièrement ce père de famille. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le 12 septembre 1831, il sollicita, infructueusement et à la suite de ce qu’il avait entendu dire par un de ses « frères d’armes de Juillet » un habillement complet de garde national (mais il fallait avoir été blessé) et les cinquante francs alloués à chaque décoré à l’occasion de l’anniversaire de Juillet (mais il ne s’agissait que de vingt-cinq francs et les délais étaient dépassés). Il était père de famille en 1830 et capitaine de la garde nationale à Mortagne. Inspecteur des postes, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 25 août 1863 ; il était alors en retraite à Lamballe (Côtes-du-Nord). . Il demeurait 16, rue de la Harpe en 1830 ; à Mortagne en septembre 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, correspondance générale, demandes de décorations et médailles (deux courriers) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH//2371/1.

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