Roizard, Edme, Léger
Biographie
Né le 12 février (ou 13 février plusieurs fois dont sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) 1810 à Troyes (Aube). Commis négociant ou commis d’ordre et caissier dans une maison de banque. Il fut blessé d’un coup de sabre, reçu à l’angle gauche de la bouche. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, de Gavaret, élève de l’Ecole polytechnique : « Je soussigné Gavaret, élève de l’Ecole polytechnique, certifie que M. Edme, Léger, Roizard, de Troyes, s’est battu sous mes ordres le 29 juillet 1830 au Louvre et aux Tuileries, où il a reçu un coup de sabre à la joue gauche. Malgré cette blessure, M. Roizard resta dans les rangs des volontaires et, après avoir contribué de toutes ses forces à la prise de ces deux postes importants, il se dirigea vers la rue de Richelieu, où se faisait entendre la fusillade de la garde royale. Le 30 juillet, lorsque je pris le commandement du poste de la Bourse, j’y retrouvai M. Roizard, qui depuis la veille en faisait le service. Ce jeune homme est resté à la Bourse sous mes ordres jusqu’au moment où, au 1er août, il a été rendu au commerce. » Le deuxième d’Edouard de Vernon : « Je soussigné Edouard de Vernon, commandant les volontaires d’honneur du roi, compagnie du 29 juillet 1830, déclare que M. Edme, Léger Roizard, de Troyes, s’est comporté pendant les deux jours d’une manière à acquérir l’estime de ses concitoyens, par sa bravoure et son patriotisme, et qu’il mérite, sous tous les rapports, de participer aux récompenses nationales. » Le troisième, signé par Mériel, concierge au Palais-Royal : « Je soussigné certifie que le 29 juillet dernier M. Roizard s’est présenté au Palais-Royal, cour de l’Horloge, où je suis portier, avec un fort détachement de volontaires nationaux, que plusieurs d’entre eux me demandaient des armes et que d’autres voulaient que j’eusse des militaires de la garde royale de cachés. Vainement je protestai qu’aucun n’était resté dans la partie du palais qui m’est confié. Au refus de satisfaire à leur demande, ils s’animèrent à tel point que leur indignation se tourna contre moi et, m’accusant de complicité, je craignais pour moi et mes enfants. Je ne pouvais cependant pas livrer à leurs fureurs des malheureux sans défense et qui s’étaient confiés à ma générosité. Malgré le danger où je me trouvais, il me fut impossible d’être un vil dénonciateur. Ici, M. Roizard, l’un des premiers, a eu beaucoup de peine à contenir le peuple, qui persistait à vouloir pénétrer dans les appartements. Ce ne fut qu’après les avoir harangués à plusieurs reprises qu’il parvint à les calmer. Enfin, ce brave jeune homme ne quitta son poste qu’après avoir vu rétablir le bon ordre, qui fut maintenu par des sentinelles qui vinrent le relever. C’est pour moi un sensible plaisir et, en même temps, un devoir d’attester l’honorable conduite de M. Roizard à mon égard dans cette mémorable circonstance. Aussi le fais-je sous l’inspiration des sentiments qui nous anime tous. » Le dossier d’examen des droits de Roizard fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Boizard, Edme, Léger sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel, in Archives de Paris Vbis7K4 2 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En avril 1831, sans travail depuis huit mois, il sollicita un emploi de commis d’ordre dans les bureaux du ministère de l’Intérieur : « L’exposant aime à croire, expliquait-il, que vous le distinguerez de cette poignée d’hommes, se disant héros de Juillet, s’attribuant tout le mérite de notre belle révolution et qui n’est autre chose qu’une classe de malfaiteurs qui cherchent à tirer avantage de ces troubles et désordres qu’ils essayent en vain de répandre. » En juillet 1831, le ministre répondit qu’il était compris dans une liste d’attente et que son nom serait choisi sitôt qu’une vacance se présenterait. En décembre 1831, il donna procuration à Fournel, demeurant 16, rue Feydeau, pour toucher en son nom le dernier quart de somme lui revenant de la part de la Commission de la souscription nationale. Sa médaille lui fut délivrée le 26 octobre 1831. Il demeurait hôtel des Libéraux passage du Saumon en 1830 ; 31, rue Neuve-Saint-Eustache puis au marché au blé à Troyes en avril 1831 ; 26, rue des Moulins en novembre 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 84 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/9/1156.