Roussel, Bernard

Biographie


Né le 14 décembre 1803 à Montreuil-les-Pêches (Seine). Anatomiste. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin de solliciter une place de surveillant dans un chemin de fer, de garçon de caisse ou de préposé à l’ouverture des bornes fontaines. La lettre qu’il écrivit à cette Commission nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet ; elle était ainsi rédigée : « […] Combattant de juillet 1830, ruiné par l’interdiction de son laboratoire d’anatomie sous la tyrannie, combattant aux 5 et 6 juin 1832 au poste du grenier d’abondance et reconnu pour républicain par des gardes municipaux, je faillis être fusillé à la halle aux blé. Dans les trois journées de Février, le 24 c’est moi qui me suis présenté un des premiers sur le Pont-Neuf au commandant de cuirassiers et ai obtenu la remise de son sabre. J’ose donc espérer, citoyens, tout de votre sollicitude. Je crois qu’il ne sera pas sans intérêt pour moi, citoyens, de vous dire que j’ai fait le service volontaire à la préfecture pendant plusieurs jours sous les ordres du citoyen Caussidière et que dans la nuit du 26 au 27 février j’étais un de ceux qui accompagnaient le citoyen Gros lorsque le citoyen préfet le chargea de la recherche d’une voiture suspecte de munitions parcourant le faubourg Saint-Germain. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, atteste que le 5 juin 1832, lors du convoi du général Lamarque, le citoyen Roussel était du nombre de ceux qui ont désarmé le poste de la ligne du grenier d’abondance et qu’il s’y est comporté en brave et digne citoyen. » Signé, le 12 mars 1848 : Defronda illisible. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le 5 juin 1832 vers 7 heures du soir, le citoyen Roussel, arrêté par les gardes municipaux du poste de la halle au blé, signalé comme républicain et reconnu pour tel parce qu’il portait à son chapeau une touffe d’immortelles et d’acacia. J’ai fait tous mes efforts pour les dissuader et avec le concours de plusieurs personnes j’ai obtenu sa délivrance. » Signé, le 18 mars 1848 : Cheron, A., illisible, bombeur de verre, demeurant 34, rue Bourg-Labbé. Il fut recommandé par la Commission pour un emploi de gagiste au mont-de-piété. Il était marié et père de deux enfants, un garçon de treize ans et demi et une fille de neuf ans et demi, en 1848. Il demeurait 5, rue des Grands-Augustins en 1848. Archives de la préfecture de police AA 412.

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