Roussel, Charles, Eugène
Biographie
Professeur d’anglais. Ancien membre de la Société des amis du peuple et de la Société des Droits de l’Homme, il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, le 31 mars 1848 et depuis Saint-Quentin, la lettre suivante à cette dernière Commission : « J’ai pris part aux glorieuses journées de Juillet, en combattant au Louvre et en élevant des barricades. Un certificat me fut délivré par des habitants du quartier : Desmolliens (voir Desmolliens, Libre, Garance), Mennessier (lequel ?) et un autre dont le nom m’échappe. Je le remis pour le faire parvenir à qui de droit, au député des 221, Degouve Denuncques, qui m’avait rencontré et serré la main dans les rangs des premiers cortèges qui s’étaient rendus à l’Hôtel de ville. Ce député l’adressa avec recommandation au ministre de la Guerre. Il ignorait sans doute qu’une Commission avait été ou devait être instituée. Le Moniteur parut. Je lus Charles, Eugène (voir Chasles, Eugène, inscrit effectivement sur les listes du Moniteur sous le nom de Charles, Eugène, N.D.A.) ; ce sont mes prénoms. Je crus que mon nom de famille Roussel avait été omis. Je dus d’autant plus le penser c’est que je croyais me rappeler que mes titres me désignaient ainsi : Roussel, Charles, Eugène. J’écrivis au ministre de la Guerre pour obtenir des renseignements et pour réclamer lesdits titres au besoin. Il me répondit qu’il les avait adressés au ministre de l’Intérieur. C’est alors que je vis le citoyen Trélat (voir Trélat, Ulysse), qui me renvoya au citoyen Guinard (voir Guinard, Joseph, Auguste). Ce dernier me dit qu’il prendrait des renseignements. Les exigences imposées aux décorés par l’infâme gouvernement, leurs protestations, leurs réclamations méconnues, cette croix qu’on ne vit bientôt plus que sur l’uniforme des agents de police, tout cela, citoyens, me fait renoncer à l’obtention ou plutôt à poursuivre l’obtention de ce signe patriotique. Aujourd’hui tout est changé. Le despote a disparu à tout jamais, la république est irrévocablement proclamée. Je brigue de nouveau la croix ou la médaille de Juillet et plus que jamais je la désire, non à titre onéreux pour l’Etat mais à titre gratuit. Pension pour les patriotes malheureux c’est de tout droit mais point de pension attachée à la croix. Faites aussi une épuration des indignes et adoptez dans vos rangs ceux qui n’ont rien voulu devoir à l’intrigue. Mais pardon, citoyens, je m’éloigne de mon sujet. Je viens solliciter de votre obligeance de me faire savoir si c’était moi qu’on désignait dans le Moniteur de 1831. Si ce n’est pas moi, de faire faire les recherches de mes titres qui, une fois entre vos mains, vous permettraient d’apprécier si ma réclamation est bien fondée. Si dans votre sagesse de vrais patriotes vous décidiez que je n’ai pas assez mérité, vous me retourneriez ces titres. Vive la république ! » Il était membre en 1848 du club républicain démocratique de Saint-Quentin. » Il ne se présenta pas aux convocations (qui ne lui arrivèrent jamais, voir plus loin) de la Commission, la dernière en date du 4 novembre 1848, et, en conséquence, sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 56, rue Saint-Jean à Saint-Quentin (les lettres qui lui furent envoyées par la Commission le furent à la rue Saint-Jean à Paris, et revinrent avec la mention inconnu, la rue ne possédant pas de numéro 56, selon l’indication inscrite sur l’enveloppe) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 412.