Rouvel, Jean-Baptiste, Emile

Biographie


Né le 14 octobre 1809 à Paris. Boulanger puis rentier en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « Mon opinion est qu’il n’y rien de mieux possible que la république d’après tous les événements que vous avons passés. Le 27, 28 et 29 juillet 1830, j’étais continuellement sous les armes en garde national XIe légion et IXe où demeuraient mes parents et pris une part très active au triomphe de la révolution de Juillet. Je n’ai pas de preuve écrite, je pourrai en avoir au besoin. A toutes les émeutes sous Louis-Philippe, étant garçon et ayant mon logement et mon uniforme, j’ai continuellement pris les armes dans la IXe. Enfant de Paris, quartier de la Cité, (ancien) IXe, je m’engageais volontairement au 21e léger en Morée (Grèce) dans le même régiment. De retour de Morée, j’étais aux affaires de Lyon en 1834,, où nous avons bien souffert. J’ai passé sous-officier à Nîmes et j’étais porté pour officier à Perpignan, où j’ai pris mon congé pour me marier. J’ai un certificat de bonne conduite et plusieurs lettres du préfet général colonel et gros major. J’ai été cinq ans grenadier XIIe légion, rue Saint-Jacques, et quatre ans Ve légion grenadier rue de la Grande-Truanderie. J’ai deux certificats. Aux affaires de février 1848, j’étais sous les armes le 23 en garde national grenadier 3e bataillon IXe légion. Le 24 rue de la Barillerie j’ai sauvé six gardes municipaux dont un grenadier qui m’a fait le certificat. Ils s’étaient rendus ainsi que leurs armes après qu’il y en eut quelques tués par des coups de feu tirés sur eux du poste du palais. Par mon intervention en uniforme j’ai fait cessé le feu et en ai sauvé sic chez nous, qui sont partis à la nuit chez eux déguisés. Le même jour, à la prise du palais de justice, j’empêchais avec quelques gardes nationaux de brûler l’échafaudage de la tour de l’Horloge. Par notre intervention nous avons réussi en restant constamment là, ayant assez le temps puisque j’avais vendu mon fonds de boulanger rue de la Grand-Truanderie. J’ai été trois mois instructeur dans ma compagnie pour l’école de soldats et de peloton. Nommé par le maire du (ancien) IXe président de section pour les élections de la garde, nommé par le maire du (ancien) IXe scrutateur pour nommer les trente-quatre membres de l’Assemblée nationale, nommé par le maire du (ancien) IXe contrôleur honoraire pour le recensement des ateliers nationaux. Le 15 mai 1848, sergent 3e bataillon, 2e compagnie, IXe légion, nous étions sur le quai Pelletier au moment où Barbès arrivait à l’Hôtel de ville et après des efforts inouïs nous n’avons cédé qu’à la force au passage de la colonne. Aux affaires de juin, j’étais descendu à 11 heures, aussitôt le rappel en uniforme, sergent 3e bataillon, 2e compagnie, IXe légion au parvis Notre-Dame où nous avons chargé de suite à la prise des barricades du pont d’Arcole, Belle-Jardinière, rue Constantine, Saint-Christophe, Calandre et petit pont de l’Hôtel-Dieu, où nous avons été repoussés avec la garde républicaine et un bataillon de la ligne, accourus à notre secours. J’ai accompagné deux gardes républicains blessés jusqu’à l’Hôtel-Dieu et suis rentré rue de la Barillerie, où j’ai commandé un petit poste quatre jours et quatre nuits, dont j’ai certificat. Je n’ai rien demandé ni cherché à avoir de récompense ou mention pour rien car ce sont de bien grands malheurs quoique bien du monde du quartier me l’ait conseillé. Enfin depuis 1830 jusqu’en 1848 soit civil ou militaire, j’ai toujours assisté à toutes prise d’armes en général quoique ce soit mon goût pour l’ordre, le bien public, le bonheur et la prospérité de mon pays et prendrai toujours les armes tant que je le pourrais. Je n’ai jamais demandé ni faveur de personne quoique nous connaissions très bien MM. Bethmont, représentant, Darblay ex-député, Manceaux maire du (ancien) IXe. Si j’obtiens quelque récompense que ce soit naturellement et sans obligation, cela n’a jamais été dans moi de quémander. J’ai été électeur dans le (ancien) (ancien) XIIe, (ancien) Ve et le suis maintenant dans le (ancien) IXe. Si après avoir examiné les divers certificats et lettres que je vous soumets vous me jugiez digne de quelque récompense nationale, j’accepterais avec honneur car je suis fort de moi-même et de ma conscience et me sens capable de faire respecter ce que l’on peut me donner de distinctif mais toujours honorifique à porter. » Son dossier est indiqué comme rejeté avec la mention suivante : « Cet homme n’a pas d’opinion et ne mérite rien. » Il retira, le 31 janvier 1850, les pièces qu’il avait confiées à la Commission. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 25, rue de la Barillerie en 1848. Archives de la préfecture de police AA 412.

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