Sauce, Jean, Joseph
Biographie
Né le 7 pluviôse an X (27 janvier 1802) à Abreschviller (alors département de la Meurthe et désormais de la Moselle) ou à Veuhel (Meurthe) sur les tables du Panthéon, fils de Sauce, Joseph, équarisseur de bois, et de Barthélemy, Marie, Barbe (sic), son épouse. Incorporé le 30 mars 1823, comme soldat de la classe 1822, arrivé au 22e régiment d’infanterie de ligne le 28 juillet 1824, voltigeur le 1er août 1824, caporal, le 25 décembre 1825, caporal de voltigeurs le 13 novembre 1826, sergent le 31 décembre 1827, libéré le 31 décembre 1828, il avait fait la campagne d’Espagne de 1823. Il devint ouvrier miroitier à Saint-Quirin (Meurthe) puis, à partir du 1er juin 1829, garçon étameur chez Portez, Cyprien, marchand miroitier, 9, rue de Paradis au Marais. Il combattit les 27, 28 et 29 juillet. Le 29, il reçut au bras une première blessure en combattant au Louvre ; vers la fin de la même journée, alors qu’il était en tirailleur près des piliers du Théâtre-Français et faisait feu sur les troupes royales qui occupaient les maisons de la rue de Rohan, il fut atteint d’une balle au genou. Transporté à l’hôpital de la Charité, il mourut des suites de ses blessures, le 4 ou 6 août suivant. Le dossier des droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement. Son employeur délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, Cypryen Portez (sic), miroitier rue de Paradis au Marais n° 9, certifie que le sieur Sauce, Jean, Joseph, ex-sous-officier au 22e régiment d’infanterie de ligne, est entré le 1er juin 1829 chez moi, en qualité de garçon étameur de glaces, qu’il m’a servi en cette qualité jusqu’au 27 juillet dernier, époque à laquelle il est sorti pour aller joindre les défenseurs de notre glorieuse liberté et que par suite des blessures qu’il a reçues il est mort le 6 août à l’hospice de la Charité. » Signé, le 23 novembre 1830 : Porté, Cyprien ou Portez, Cyprien. Le certificat suivant établissait les circonstances dans lesquelles il avait été blessé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Sauce, Jean, Joseph, ouvrier miroitier, a été atteint d’une balle au genou gauche, étant en tirailleur dans les piliers du Théâtre-Français, faisant feu sur les troupes royales qui occupaient les maisons de la rue de Rohan ; lequel nous avons transporté après le combat à l’hôpital de la Charité, où il est mort de sa blessure. » Signé, le 4 novembre 1830 : Huard, demeurant 46, rue des Blancs-Manteaux ; And... demeurant 34, rue du Faubourg-Saint-Denis. Le 8 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Combe, Elie, Amable, né vers 1790, directeur de l’établissement des glaces de Saint-Gobain et de Saint-Quirin, demeurant 313, rue Saint-Denis ; Porté, Cyprien, né vers 1797, miroitier, demeurant 9, rue de Paradis dans le Marais ; Guerre, Jacques, né vers 1787, employé à l’établissement des glaces de Saint-Gobain et de Saint-Quirin, demeurant 2, rue du Caire. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Sauce, Jean, Joseph et savoir qu’il avait « pris une part très active aux glorieuses journées de juillet 1830 et a combattu pour la défense de la liberté les 27, 28 et 29 dudit mois ; que le mercredi 29 il a reçu au bras une première blessure en combattant au Louvre et que vers la fin de la même journée, dans la rue Saint-Honoré, près du Palais-Royal, il a été atteint d’une balle au genou et mortellement blessé ; qu’en effet, ayant été transféré à l’hospice de la Charité il y est mort le 4 août suivant, des suites de ladite blessure ». Il laissait des parents, les époux Sauce, Joseph, né le 1er février 1764 à Rougeau (Meurthe), dégrossisseur de glaces aux verreries de Saint-Quirin, et Barthélemy, Marie, Barbe, née le 1er avril 1778 à Védrines-Saint-Loup (Cantal), fille de Barthélemi Pierre (sic dans l’acte de naissance), ouvrier à la manufacture royale de la Margeride, et de Souter, Marie, Barbe, son épouse. En date du 19 août 1830, le maire des Métairies-de-Saint-Quirin attestait que Sauce, Jean, Joseph appartenait « à une des pauvres mais honnêtes et laborieuses familles de cette commune, et qui n’existait qu’au moyen des secours que lui faisait ce fils qu’elle vient de perdre ». De nouveau, ce maire, le 4 novembre 1830, certifiait que Sauce, Joseph était « courbé sous le poids du travail et qu’il se trouve dans un état très humiliant faute de fortune, depuis qu’il a perdu son seul et unique soutien, Joseph Sauce, son fils ». Le père présenta un certificat médical pour attester qu’il souffrait « de plusieurs infirmités, entre autres d’une ankylose de l’articulation fémoro-tibiale gauche, qui le prive presque entièrement de l’usage de sa jambe ». Les parents reçurent un secours de cent francs, le 5 décembre 1830, par l’intermédiaire de Combe, Elie, Amable (voir plus haut). Les parents furent pensionnés et il leur fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 30 nivôse an VIII à Walscheid (Meurthe). Il était célibataire. Il demeurait rue des Blancs-Manteaux ; ses parents, aux Métairies-de-Saint-Quirin (Meurthe mais désormais Moselle) en 1831. Le nom de Sauce (J.-J. Sauce) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 6-7 état des ascendants aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.